ZOGAROK
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4 - Très bien
4sur5 A l'origine du phénomène Blood the last vampire, on retrouve ce moyen-métrage de 48 minutes, pur film de sensations et brillante OAV. Le principe est celui d'une chasse aux monstres dirigée par une équipe d'agents secrets et menée sur le terrain par Saya, une sorte de Mila Jovovich extrême (rude, psychorigide, violente et susceptible). L'intrigue se déroule essentiellement sur une base militaire américaine investie par les démons-vampires, dans le Japon des 60's. Techniquement, c'est du travail d'orfèvres. Mélange 2D et 3D, Blood frappe par son esthétique singulière, entre l'action-movie de base, le film de campus à la fois sensible et glauque et le romantisme trash. L'ambiance est particulièrement envoûtante et la fluidité de l'ensemble (peu de bavardages, beaucoup d'actes de bravoures) donne au film l'allure d'un cauchemar. En effet, les enjeux sont précis mais leurs motivations abstraites, la trame est fondée sur des principes clairs et manifestes demeurant somme toute invalidés rationnellement ; ce flou -dont on ne se rend pas compte sur le moment- permet toutes les confusions possibles (les créatures à l'infirmerie, souffrant à la façon de jeunes filles ordinaires) et l'instauration de véritables climax oniriques (la scène du bal, digne de Satoshi Kon). L'heroine fascine et demeure mystérieuse. Vampire loin des gimmicks généralement attribués à cette espèce (pas de soucis face à la lumière, un dynamisme à toute épreuve), sinon par ses attitudes vaguement anticléricales, elle se montre, bien que déterminée, ambiguë devant les créatures qu'elle décime (elle est la dernière d'une race de vampires, qu'on peut soupçonner d'être étroitement liée à celle qu'elle combat). Il y a chez elle un refus de plaire, une négation de tout atout de séduction et un refoulement de la féminité, ce qui crée un trouble indistinct et un parallèle étrange avec les créatures démoniaques. Tout au moins, celles présentées prennent toutes une forme féminine ; comme si leurs atours lascifs, leurs allures maternelles ou tentatrices, suscitait la haine de Saya, derrière le prétexte de la mission. On est emporté sur le moment, mais on en sort frustré de ne pas voir cet univers développé, les motivations et la genèse de chacun davantage éclairés. C'est définitivement la durée qui conduira invariablement au même double sentiment : frustration et satisfaction intense, au point d'en réclamer encore. Et justement ; passé culte au Japon, le film a donné lieux à de nombreuses sequel, des mangas et un roman, des suites officieuses et même une série (très divergente vis-à-vis du modèle selon les fans) et une adaptation live pour le cinéma (très médiocre selon l'ensemble des spectateurs). Blood the Last Vampire est une esquisse haletante et flamboyante aux composantes de chef-
d'oeuvre. Un riche condensé de chef-d'oeuvre, sans doute.
http://videodrome.over-blog.net/
Ajoutée le 03 mai 2011 à 00h50
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