Pour tout ce que représente ce film pour la France, pour la comédie, pour De Funès, je mets avec grand plaisir la note maximale. D'abord pour contrecarrer les personnes qui, comme il y a 61 ans, voient ce film avec une certaine hauteur, minimisant son importance et sa qualité, s'en moquant, et les termes pour désigner leur attitude ne peuvent pas être écrits ici.
j'aime ce film qui est un vrai tournant dans la carrière de Louis de Funès. Au printemps et à l'été 1964, il tourne au moins quatre films, il est connu, joue souvent des petits rôles, plus rarement en vedette, souvent des séries B, des films à petits budgets sans prétention. Et il y a Fantômas où il vole la vedette au grand Jean Marais, il y a le Corniaud, premier opus d'une série avec Gérard Oury, avec Bourvil, et ce film, petit film avec des comiques pas de premier plan, peu payés. Et le succès est venu. Des trois cités, ce film-là a une dimension particulière et assoit définitivement De Funès en premier comique. On est toujours pris par ce film dès les premières images en Noir et Blanc dans son village des Alpes (remarque de sémantique : le synopsis fait une erreur, encore, un village provincial ?, Saint-Tropez gros village de province !, donc le terme est inapproprié, village alpin voire provençal !!!).
Des imperfections, certes, mais un vrai bonheur à toutes les répliques cultes, à l'histoire qui s'enchaîne avec bonheur dans une France si différente, où le gendarme fait le plus souvent modifier les attitudes par sa seule présence, en uniforme bien sûr (remarque pour ceux qui exceptionnellement n'auraient jamais vu le film, il doit y en avoir !). L'équipe n'engendre pas la mélancolie, pas sûr qu'avec une telle brigade, on puisse être efficace. Mais c'est juste du cinéma. Et même quand on a vu dix fois ou plus le film, on rit. A chacune de ses diffusions, pourtant nombreuses, c'est un succès, à juste titre. Et surtout quand une bonne sœur conduit la mythique 2 CV de manière "sportive" ! Personne n'imaginait que ce serait le premier film d'une longue série, filon qui s'épuisa, mais c'est une autre histoire.