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Un visiteur
4,0
Publiée le 8 mars 2013
Un des meilleurs Costa-Gavras qui traite avec talent de l'absurdité du journalisme de masse et par la même de toute l'existence humaine. Ce chef d'oeuvre dénonce la justice moderne dans laquelle les médias ont tout le pouvoir, notamment celui de changer l'image d'un homme aux yeux des gens. Le personnage de Travolta, faible, devient le jouet des journalistes qui tantôt le montrent comme un héros, tantôt comme un monstre. Regardez ce film à la fois horrible et criant de vérité et votre approche du monde va changer.
Costa-Gavras dénonce assez habilement le pouvoir des médias dans ce thriller sociologique,assez peu original,mais intéressant juste ce qu'il faut."Mad City" permet de retrouver l'ironique Dustin Hoffman dans la peau d'un journaliste de terrain,prêt à tout pour retrouver son lustre d'antan.Par chance,il se retrouve au coeur d'une prise d'otages dans un Museum d'histoire naturelle.L'homme qui provoque cette situation n'est qu'un modeste gardien de musée,incarné par un John Travolta très cabotin,qui a été licencié et qui veut récupérer sa place.La situation lui échappe totalement.On voit jusqu'où peuvent aller les personnes les plus désespérées.La frontière entre victime et coupable est mince.C'est la télévision qui se charge d'ériger cet homme en héros ou zéro,selon ses intérêts,son audience,ses scoops...Costa-Gavras n'y va pas avec le dos de la cuillère et il a raison.Pratique de la désinformation,concurrence déloyale entre chaînes locales et nationales,témoignages falsifiés,quête éperdue du sensationalisme.Si l'on note une baisse de régime flagrante dans la seconde partie,le fait que Costa-Gavras ne concède rien sur l'influence omnipotente des médias est un très bon point.La référence incontestable sur la critique de la télévision reste cependant de loin "Network".
Une critique bien grinçante des médias comme seul Costa Gavras en a le secret quand il s'agit de pointer du doigt les ignominies d'une société individualiste et égoïste. Le duo d'acteurs fonctionne à merveille et l'intrigue passe comme une lettre à la poste. Pas tout à fait un chef-d'oeuvre mais presque.
Avec "Mad City", Costa-Gavras avait pour principal objectif de faire une critique non dissimulée des dérives du journalisme et des médias en général. Pour y parvenir, il se base sur une intrigue honnête et sans fioriture qui a malheureusement tendance à s'essouffler au fur et à mesure que le long-métrage avance. Les rebondissements sont stéréotypés et manquent un peu de panache. Toutefois, ils s'implantent dans le ton du film. Quant à l'issue finale, elle est, en fin de compte, assez prévisible. Et, le plus décevant dans tout cela, c'est qu'on ne voit qu'une facette trop péjorative de ce milieu. En effet, il faut admettre que c'est un raccourci très simpliste qui a ses propres limites. La recherche du scoop, la manipulation avantageuse, l'émotion induite ou encore les petites combines : toutes les affreuses "tares" du métier y passent... Bon, quoi qu'il en soit, et en toute objectivité, on se doit de souligner le fait que les personnages sont convaincants avec des caractéristiques intéressantes. Dans ce sens, il faut impérativement louer l'aisance de John Travolta et Dustin Hoffman qui rehaussent considérablement le niveau d'ensemble de "Mad City". Malgré une impression mitigée qui reste clairement en travers de la gorge, on assiste à une production respectable.
Avec ce film, Costa-Gavras s'attaque au journalisme télévisuel et ses dérives contemporaines. Et c'est sous la personne de Dustin Hoffman, à la recherche du scoop qui lui permettra de refaire surface, que le réalisateur va dénoncer les techniques malhonnêtes de manipulation de l'information et la puissance de l'opinion publique. C'est en effectuant un simple reportage sur un musée d'Histoire Naturelle, que le journaliste va être témoin d'une prise d'otages et alors tenir son scoop. Costa-Gavras montre comment il va tirer parti de cette situation en obtenant l'exclusivité auprès du preneur d'otage, gardien licencié ( John Travolta ) du musée. Manipulation, intox, tous les moyens sont bons pour tenter de faire pencher l'opinion publique d'un côté. Dustin Hoffman, jouant magnifiquement le journaliste cabot prêt à tout pour sa carrière, va finalement se prendre d'affection pour ce gardien. En opérant cette critique virulente de la télévision américaine, le réalisateur, bien qu'avisé, se perd dans un récit dont la mise en scène manque de subtilité. John Travolta lui aussi manque de subtilité en interprétant ce gardien pris dans cette avalanche qu'il ne contrôle pas. Heureusement, Hoffman réussit à contrebalancer la balance. Le point fort de Mad City est le regard que porte Costa-Gavras sur le public américain, assoiffé de violence, versatile vis-à-vis de ce gardien, à la fois victime d'un système pourri, figure d'une Amérique paumé et héros pour une catégorie de la population. Mais aux Etats-Unis, le héros devient vite, par un découpage vidéo ( faux témoignages, faits interprétés ), détesté, voir gênant. Costa-Gavras dénonce aussi le manque d'humanité et de scrupules des journalistes. Si le réalisateur tombe parfois dans la facilité, il est loin d'aller aussi bas et de tomber dans les pièges que d'autres films se permettent. C'est donc un film intéressant sur un thème passionnant -la caméra et le micro, les armes d'aujourd'hui- mais qui mériterai plus de finesse.
Sur le même schéma que "Le Gouffre aux chimères" de Billy Wilder, Costa-Gavras dénonce les dérives des médias. Mais "Mad City" est loin d'atteindre le niveau de perfection du chef d'oeuvre de Billy Wilder, à cause principalement d'une intrigue qui donne l'impression d'être trop formatée et qui se révèle en plus assez prévisible dans son ensemble. La mise en scène quand à elle est soignée et la confrontation entre Dustin Hoffmann et John Travolta fonctionne très bien. Ce sont ces deux éléments qui font de "Mad City" un film intéressant.
Mad City n'est pas le meilleur film de Costa-Gavras mais il présente une charge bien croustillante sur les médias et le duo Hoffman/Travolta fonctionne bien.