On est à la fois départagé à la vue de cette réalisation, car d’un côté, le thème choisi par Costa-Gavras (Amen - 2002) est très intéressant, mais d’un autre côté, sa mise en scène (pour un réalisateur français) flirte beaucoup trop sur la fibre U.S, à savoir, un drame sociologique trop américanisé à l’invraisemblance et à l’exagération omniprésent. Le thème surexploité ici est la dérive des médias, l’omniprésence de l’information où faute d’élément, quant il est question d’audimat, les journalistes sont près à tout, voire même au pire. Dans la lignée de John Q (2002) où Denzel Washington prenait en otage les urgences d’un hôpital pour bénéficier d’une greffe pour son fils (le film de Nick Cassavetes était beaucoup trop formaté, ne collait pas à la réalité, à la fois « gnangnan » et son côté larmoyant, décrédibilisaient le film du début à la fin), c’est un peu la même chose que l’on retrouve ici, bien que l’histoire captive grâce aux prestations de Dustin Hoffman (trop monolithique ceci dit) et John Travolta, on a cependant du mal à adhérer à cette foire médiatique, un show en direct face à une prise d’otages durant tout de même trois jours ! Scénario légèrement simpliste, mais mise en scène captivante, bien que certains personnages n’évitent pas la caricature, Costa-Gavras séduit mais n’offre en aucun cas une réalisation qui sort de l’ordinaire.
Très bon film, où Costa-Gravas dénonce avec brio les pratiques journalistiques et le milieu médiatique en général. Si je suis loin de partager les idées politiques du réalisateur, je dois reconnaitre qu'il atteint ici parfaitement sa cible : les journalistes. On assiste à l'ascension d'un badaud au rang de célébrité à son suicide, le tout à cause d'un journaliste qui aussi humaniste se fait-il, reste en quête de scoops. En effet, ce qui déclenche l'engrenage de ce drame c'est la diffusion en direct de la prise d'otage, sans cela, le dialogue aurait était possible entre l'employé licencié et son ancienne patronne. Costa-Gravas nous montre comment les journalistes opèrent dans la construction de ce drame, avec un principe fondamental : filmer l'événement, en être témoin plutôt qu'acteur, ne surtout pas éviter qu'un drame se produise mais faire en sorte bien au contraire qu'il soit s'aggrave et qu'il s'éternise. Tout y est : dramatisation des faits, désinformation (faux témoignages, coupures au montage, paroles hors contexte), mensonge, loi des sondages et de l'audimat, jeu sur la compassion (scène du chien), soin de l'apparence (la stagiaire qui devient d'un coup canon pour paraitre face à la caméra)... Plus généralement, tous les problèmes liés à l'image et la télévision sont traités (si vous tirez sur un noir, vous êtes sans doute raciste) qui font que les médias est carrément devenu le principal pouvoir. Tout dépend de l'image que l'on revoit de soi, et nos paroles n'ont plus aucun pouvoir, il faut être menaçant pour être sûr d'être écouté et peut être compris. A voir absolument.
2 sujet fort abordé dans ce drame : les limites de la presse et la chute d'un homme qui a perdu son emploi. Le duo Travolta Hoffman est consternant de réalisme et l'on y va également de notre petite larme durant la difficile descente en enfer de cette homme
Heureusement que Travolta est là parce que le reste est vraiment moyen. Le scénario commence bien et petit à petit il devient confus et trop exagéré, cette histoire aurait été parfaite pour un court métrage mais là c'est vraiment trop long et on sent bien que le réalisateur est obligé de rajouter des événements (l'histoire de l'indien, le fbi, la rivalité avec le journaliste principal, etc) pour arriver jusqu'à 1h30 de film. Aucun effort pour les effets, pour le suspense, pour la réalisation, pour les dialogues, bref ce film est trop moyen pour être intéressant!!
Costa-Gravas, s'attaque ici à la téloche, sous la forme d'un thriller made in USA. Motifs du grief : la course absurde à l'info et le sensationnalisme des reportages. Vigile licencié depuis peu, Sam Baily revient sur son lieu de travail - un musée _ pour persuader la conservatrice de lui rendre son emploi. La confrontation se transforme en prise d'otage accidentelle, sous le regard très intéressé d'un ancien journaliste relégué sur une chaîne locale... Les rebondissements s'enchaînent sans réelle surprise, la dénonciation est convenue. Très bon duo Travolta/Hoffman.
c'est bourré de bonnes intentions mais tout ce dont dit le film on le sait deja et on est deja au courant du pouvoir des medias.jon travolta est excellent meme si son role n'est pas super.bref un film interessant a voir mais qui manque de peche
Dans « Mad City », Costa-Gavras ne parvient pas à s’affranchir des impératifs du film de commande, incapable de livrer en subtilité un point de vue comme sait le faire Spielberg par exemple. Au final, il n’en demeure qu’un divertissement en demi-teinte, formaté donc inoffensif, saccagé par le politiquement correct et l’ignoble Travolta en benêt plus vrai que nature.
2 étoiles tout juste pour le film le moins réussi de Costa-Gravas. Comme Oliver Stone sur ses derniers films ici Costa-Gravas n'est pas assez corrosif ; la dénonciation du milieu des médias est plutôt mollassonne (voir plutôt "prête à tout" ou "network"). Les acteurs s'en sortent bien avec une bonne surprise de Travolta en face d'un Dustin Hoffman fidèle à son talent sans en faire plus. C'est un film solide mais on reste un peu sur sa faim.
Un film qui dénonce les dérives de la télé spectacle qui transforme la prise d'otage organisée par un Travolta désespéré (et surprenant) en un show gigantesque! Malgré une mise en scène un peu statique, la force du scénario et l'interprétation de Dustin Hoffman (parfait comme toujours) font de ce "Mad City" un bon film qui aurait quand même gagné à être plus rythmé.
Un costa Gavras toujours autant engagé qui nous livre encore un scénario corrosif très intelligent sur l'effet malsain des médias qui prônent plus la course à l'audience que la diffusion d'une info de qualité. Les effets en sont dévastateurs et le duo Hoffman/ Travolta est étonnant de justesse. La mise en scène et la réalisation reste un peu trop académique, sans doute pour mieux parler aux américains.
J'avais été particulièrement surpris il y a quelques années. Aujourd'hui, je doute qu'il ait le même impacte émotionnel. Il reste malgré tout très bon et à connaître absolument selon moi.
Toujours très attaché à faire des films militants contre ce qui oppresse lesprit, Costa Gavras sattaque avec « Mad City » au milieu de la presse, où lobjectivité est souvent sacrifié sur lautel de laudimat. Si le réalisateur doit ici se plier aux exigences du cinéma américain en terme de style, il nen a pas pour autant altéré la force de son argument, qui doit beaucoup à linterprétation lumineuse de Dustin Hoffman et de John Travolta. « Mad City » choque, révolte, invite à la distance et au sens critique, le contrat de Costa Gavras est rempli avec brio et nous sert ainsi un film de grande valeur.