Derniers Avis sur Les Belles années de Miss Brodie
Les Belles années de Miss Brodie
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Max Rss
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5,0
Publiée le 18 février 2025
Il est à mon sens absolument nécessaire de préciser deux choses avant d'aller plus loin. Primo : si le film se passe en Écosse et que tous les personnages s'astreignent à reproduire l'accent écossais, il est, dans l'esprit, profondément anglais. Deuxio : si son histoire se déroule en 1932 et qu'il est basé sur une pièce encore antérieure à cette date, c'est un film qui était très actuel en 1969. Parce que c'est à partir de cette année que l'idéologie progressiste a commencé à gangréner le système éducatif Britannique et que rien n'a été réellement fait pour la combattre depuis. Bien, à présent, qu'en est-il de ces "Belles années de Miss Brodie" ? Tout est articulé autour d'une professeure pas conventionnelle pour un sou. Qui imagine l'instruction d'une façon complètement contraire à celle qui est communément admise. En premier lieu, on est tenté de voir en Miss Brodie comme une grande soeur (anglaise bien sûr) du Professeur Kitting. Un "Cercle des poètes disparus" avant l'heure. Sauf que l'illusion ne sera que de courte durée. Parce que rapidement, mais progressivement, Neame dépeint qui est réellement Miss Brodie : une femme égocentrée, finalement capable de bien peu d'émotions et qui, en réalité, trouve en l'instruction une manière de satisfaire sa vanité sans bornes. Pire que ça : l'instruction lui sert de prétexte pour juger de sa faculté à créer une emprise sur ses élèves. Et le tableau est encore davantage noirci lorsque son exposés les idéaux politiques de la dame. En effet, nous avons affaire à une fervente admiratrice de Benito Mussolini et qui tente de faire admettre à ses élèves que ce dernier était le grand homme que l'Italie attendait depuis longtemps. Quant à sa fascination pour Franco, cela dénote de sa futilité intellectuelle et de son inculture politique. En effet, le Duce représentait tout ce que le Général Franco abhorrait et contre quoi il opérait une répression d'une brutalité sans nom. Deux heures de film, pour deux heures d'un véritable portrait au vitriol et qui se termine par une démolition en règle. Si Neame fait affirmation d'un goût peu prononcé pour le conservatisme, il témoigne surtout d'une véritable hostilité envers le progressisme. Et il peut compter sur le concours de formidables acteurs, Maggie Smith en tête, formidablement détestable. Ce sont des films comme celui-ci qui prouvent clairement pourquoi, et ce depuis une bonne soixantaine d'années, les Anglais sont considérés comme étant les maîtres du cinéma social. Parce que oui, c'est bien de ça dont il s'agissait.
6 196 abonnés
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2,0
Publiée le 14 juin 2021
Miss Brodie est un personnage antipathique elle est pompeuse arrogante et parfois elle délire sur la grande histoire. Aussi lorsqu'elle va trop loin et se fait démolir par l'une de ses élèves les moins impressionnables qui est également antipathique je ne m'en suis pas vraiment soucié. Rien de très important ne semble dépendre de l'issue de cette bataille de volontés dans un sens ou dans l'autre. Je n'ai jamais compris l'attrait de ce livre c'est censé être un grand morceau de littérature mais il me semble immensément inconséquent et le film n'a rien éclairé pour moi. Oui Maggie Smith est plutôt bonne actrice. J'ai également apprécié de voir Celia Johnson. D'ailleurs le son de ce film est horriblement brouillé et indistinct non pas que je me sois vraiment beaucoup soucié des dialogues ou de ce que les gens avaient à dire...
Une réalisation classique et impersonnelle mais comme le meilleur du cinéma anglais une écriture superbe et des acteurs d'excellence, voilà ce que l'on peut dire globalement des "Belles années de Miss Brodie". Une écriture superbe car elle ne fait jamais dans le manichéisme et dans la facilité. Aspect remarquable que l'on voit notamment dans la composition des personnages. Miss Brodie est une anticonformiste affichée, mais d'un anticonformisme qui devient de plus en plus inquiétant au fur et à mesure qu'on s'aperçoit qu'elle vit dans un monde romanesque et loin des réalités, n'hésitant pas à ériger Mussolini ou Franco en figures romantiques, et que surtout elle essaye d'y entraîner ses élèves. La plupart des autres personnages adultes se comportent en êtres moins dangereux mais tout aussi immatures ce qui va amener une vision ironique quand on va comprendre que la protagoniste la plus mature et lucide de l'histoire est une jeune femme de 17 ans. Des acteurs d'excellence, cinéma anglais oblige... Maggie Smith prouvait ici qu'elle n'avait pas attendu d'avoir des rides pour montrer qu'elle était une comédienne d'exception en jouant avec beaucoup de nuances le rôle-titre où elle parvient à la perfection à faire ressentir des sentiments divers et contrastés au spectateur. L'Oscar qu'elle a remporté pour ce rôle est mérité. Mais la reste de la distribution n'a rien à lui envier en se montrant tout autant à la hauteur en particulier la jeune et très belle Pamela Franklin, que j'avais eu beaucoup de plaisir à voir dans "Les Innocents" et "Our Mother's House", dans le rôle du personnage le plus pragmatique du film, qui s'avère aussi brillante et mémorable que Smith. On notera aussi une vision intelligente de l'époque dans laquelle se déroule le film (l'action se passe en 1932 !!!) notamment on nous montrant le fascisme tel qu'il était vu à ce moment-là et non pas tel qu'on le voit aujourd'hui avec le recul. Une oeuvre injustement assez méconnue ou du moins un peu oubliée mais qui par ses qualités riches et fortes mérite grandement d'être vue.
Malgré des lourdeurs scénaristiques le film a l'audace d'évoquer certains thèmes de façons intéressantes. J'ai eu peur au début de voir une sorte du cercle des poètes disparus, mais la personnalité de Jean Brodie est bien plus trouble de celle de John Keating. Ici, il est plutôt question d'une femme, fascinée par les leadeurs autoritaires tel que Mussolini ou Franco, et qui reproduit à petite échelle cette autorité sur son petit groupe d'élève. Pour être vu et apprécié de Brodie (très bien interprétée par Maggie Smith), il faut être "la crème de la crème", avoir des qualités physiques ou intellectuelles, les autres ne pourront avoir qu'une seconde place. Sans que le spectateur n'y fasse attention, le réalisateur fait basculer ainsi ce film au premier abord anodin en un pamphlet contre le fascisme, et met en garde contre les dangers de l'influence que peuvent avoir certaines personnes charismatiques. Heureusement, la résistance s'opère, incarnée par une élève qui se rend compte de ce qu'il se passe. La petite grandit et agit. L'élève a dépassé le maître.
Si le film commence d'une manière fort sympathique il accumule ensuite les personnages secondaires sans grand intérêt et on ne peut même pas voir où veut en venir le film, d'autant plus qu'il fait des références douteuses aux leaders fascistes des années 30 : Franco et Mussolini. Bref c'est un film qui manque cruellement de punch que ça soit dans les dialogues, dans l'action et dans la mise en scène, ça semble vraiment plat pour au final ne plus susciter un intérêt quelconque au destin de cette femme dévouée à ses élèves.
Un joyau,sans doute le meilleur de Neame.Anglais jusqu'au bout des ongles et intelligent en diable,ce film est admirable.J'adore Maggie Smith,l'héroïne de mon film préféré et la découvrir dans ce rôle difficile fut un régal.Merci au passage à TCM pour cette diffusion rarissime.J'ai déjà hâte de le revoir.Tout y est parfait, avec des jeunes acteurs aussi bons les uns que les autres.L'atmosphère du collège écossais étant elle, particulièrement bien rendue.On s'y croirait et les années 30 nous semblent réelles alors que ce film a été tourné bien après.En ce moment sort "la vague" qui ne nous enthousiasme guère.Miss Brodie qui vit un rôle similaire,, sans en être consciente,est beaucoup plus convaincante sur ce sujet brulant(rapports élèves/professeurs).C'est le propre des gens qui se prennent au sérieux,les dégâts sont souvent considérables sur les faibles et sans pouvoir faire marche arrière..Ce film à l'immense mérite de nous démontrer tout cela, tout en pratiquant un cinéma exemplaire.La mise en scène étant constamment belle,on passe ainsi du plaisir de voir à la douleur de comprendre et les frustrations ne manquent pas...Bref ,on vit devant son écran.La scène finale ou l'élève, reine solitaire de la classe attend dans l'obscurité l'arrivée de Miss Brodie est exemplaire...L'élève a dépassée le maitre,la leçon finalement a été profitable,la crème des crèmes s'est bien épanouie.