Ces messieurs dames
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Pascal
Pascal

255 abonnés 2 427 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 2 mars 2025
Palme d'or (Cannes 1966) ex aequo avec " un homme et une femme" de Claude Lelouch, " ces messieurs dames " est sans aucun doute une des pièces maîtresses de la filmographie de Pietro Germi (1914/1974).

Après " divorce à l'italienne " (1961) considéré comme le titre fondateur de la comédie à l'italienne et " séduite et abandonnée " (1963) tous deux situés dans le sud de l'Italie, Germi pose son scénario dans le nord, en Vénétie à Trévise, région considérée comme symbole des bonnes manières, mais aussi ( peut-être) celle de la sophistication des apparences.

Avec ces trois opus remarquables, Germi est au cœur de ce qui restera comme sa décennie reine, expression de son remarquable talent qui en fera ( selon moi) un des metteurs en scène majeurs de l'âge d'or du cinéma italien.

Germi décrypte avec un humour acide les moeurs et l'hypocrisie de ses compatriotes ( qu'ils soient hommes ou femmes d'ailleurs) à l'égard de la sexualité et des choses de l'amour.

Si pour des raisons de coûts de production, la distribution ne comporte pas de stars ( il y a certes dans un second rôle Virna Lisi, mais elle n' est encore qu'à ses débuts), " ces messieurs dames" figure encore aujourd'hui parmi la liste ( il est vrai assez longue) des opus principaux de l'âge d'or du cinéma italien.

Le scénario est découpé en trois épisodes qui s'apparente à une sorte de film à sketches ou les personnages sont tour à tour figures principales et secondaires.

Lors de la cérémonie de remise des prix, le film fut hué par une bonne partie des professionnels présents.

Le partage de la palme à deux titres fut sans doute mal accepté, certains y voyant une façon de minorer la récompense suprême attribuée pour la première fois à un film français.

Sans entrer rétrospectivement dans des comparaisons inutiles de la qualité entre les deux films, on peut sans risque de beaucoup se tromper, affirmer que la bronca cannoise était bien imméritée.

On peut conseiller de voir ou revoir les trois opus de Germi ( " divorce..", " séduite..." et donc " ces messieurs dames") qui non seulement se répondent l'un à l'autre et forment une sorte de trilogie indispensable à connaître pour l'amateur du cinéma du patrimoine.
Charlotte28
Charlotte28

203 abonnés 2 850 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 7 janvier 2025
Critique au vitriol de la petite bourgeoisie avide de divertissements, de commérages, de mesquineries dans le but d'oblitérer la réalité décevante, la famille encombrante, le travail ennuyeux, cette comédie de moeurs et de caractère en trois chapitres mêle vaudeville, farce et satire dans un rythme sémillant, semblable à celui de la réalisation et des conversations de héros qui présentent un panel cynique des défauts ou faiblesses humains. Parfois cacophonique, la première intrigue suit le fil des infidélités mutuelles au sein d'un groupe de (faux) amis avant que la seconde ne s'arrête sur une liaison particulière où le ridicule emphatique le mêle au drame burlesque puis que la dernière dénonce les manipulations d'hommes libidineux. Joués avec entrain, malice, énergie, ces récits que scande une mélodie survoltée dessinent en creux une société ancrée dans sa temporalité et sa géographie mais à la caricature psychologique pertinente. Caustique, drolatique, cruel!
Max Rss
Max Rss

252 abonnés 2 316 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 1 novembre 2024
Branle-bas de combat chez les bourgeois ! Où chacun à des cornes sur la tête. Qui dit comédie à sketches, dit inégale. C'est systématique. Sauf que celle-ci est bien plus pénible qu'inégale. Bavarde, cacophonique (à l'image du premier segment), bien trop longue et demandant bien du courage pour l'endurer jusqu'au bout. Alors oui, Germi tire au mortier sur la petite bourgeoisie de province italienne, les insultent pleuvent, les torgnoles partent facilement, ces messieurs ont la bave aux lèvres, ces dames sont affriolantes au maximum, mais ça ne suffit pas pour donner de l'intérêt. Je dois faire partie des rares personnes à n'avoir jamais aimé "Ces messieurs dames" et je l'assume. A chaque fois, je n'en retiens que Virna Lisi, belle à vous en rendre fou.
Eowyn Cwper
Eowyn Cwper

163 abonnés 2 040 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 25 mai 2020
…Bonsoir. La fin du titre n’arrivera qu’à la toute fin, comme s’il nous le fallait mériter, ce qui n’est pas incobérent vu à quel point le film est bavard en mots & en actions. Revenu de deux films en Sicile, Germi fait de Trévise le nouveau bouc émissaire de sa haine contre l’hypocrisie – trait commun à de nombreux cinéastes italiens mais que Germi a toujours traité à sa manière. Sauf ici où l’on pourrait dire aujourd’hui qu’il s’est fait un kif.

Le film se donne pour credo de doter tous ses personnages de cornes : une stratégie triviale mais efficace quand il s’agit de s’attaquer aux… démons de la nation. Étude (endiablée donc) de la frivolité du groupe, l’œuvre n’a pour limite que la taille de la foule dont elle est en mesure d’explorer les vices. À cette fin, le casting était déjà large, mais le réalisateur s’est permis de constituer trois sketchs histoire de varier les points de vue – une technique qui se voulait révélatrice des intrications du cercle d’amis mais qui révèle finalement surtout que l’histoire est en circuit fermé.

Conséquemment, si Mesdames et messieurs est un amusement doux-amer constant, il est aussi très long. Germi a perdu de vue dans la dérision & l’autodérision que sa création n’était pas immunisée à être imbue d’elle-même : trop pris par son idée & ravi par la possibilité de laisser ses acteurs en roue libre, il me semble avoir été aveuglé par la fluidité de son tournage : flux tendu de moqueries où, il faut bien l’avouer, sont saisies les institutions avec une facilité grisante (je n’ai jamais vu une police aussi réactive), le film assomme même si l’on connaît la propension italienne à mettre – beaucoup – de mots sur tout.

On sera rassuré par le fait que Germi n’était pas insensible à l’effet que pouvait produire son opus : très vulgaire comme s’il se faisait l’exutoire de lui-même, il met en scène un “emm***eur” (confer les sous-titres) dont le seul défaut est… qu’il parle trop, justement, & le personnage le plus attachant survit à sa propre histoire grâce aux boules Quies. La franchise germienne n’est donc pas totalement absente.

→ https://septiemeartetdemi.com/
weihnachtsmann

1 618 abonnés 5 732 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 12 août 2018
Les trois sketchs sont vraiment savoureux avec une préférence pour le deuxième. Comédie italienne avec rythme, débit de parole assez impressionnant, grands discours et des hommes toujours galants à outrance !!!! On rigole pas mal.
ronny1
ronny1

55 abonnés 913 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 8 juin 2018
L’histoire originale de Pietro Germi et Luciano Vincenzoni, « Signore e Signori » se déroule dans la ville de Trévise et non en Sicile comme dans les deux opus précédents (« Divorzio all’italiana » et « Sedotta e abbandonata»). Elle se compose de trois sketchs où évoluent les représentants de l’ordre moral italien, à savoir : la bourgeoisie, l’église et la police. Les liens profonds qui unissent ces représentants de la cité sont la tartufferie et l’intérêt. Lubrique et financier pour les bourgeois, uniquement financier pour l’église et carriériste pour la police, tous à l’abri d’une presse corrompue et donc inoffensive. Pietro Germi, à la franchise et aux colères célèbres, cloue au pilori pendant près de deux heures le catalyseur de ces trois turpitudes, l’hypocrisie, qui même amenée au sommet est clairement le quotidien des protagonistes égoïste, lubriques, envieux et menteurs. Le premier sketch est une farandole hystérico vulgaire de cette bande de dépravés dont il serait fastidieux d’énumérer qui baise avec qui, tellement la liste serait longue. En la résumant à « tous avec toutes » le compte devrait être bon, à une ou deux exceptions près. Si le scénario est suffisamment drôle grâce à l’apport du fameux tandem Age et Scarpelli, l’ensemble rappelle le cinéma de Federico Fellini, la perspective en moins, le cynisme mais aussi la balourdise en plus. Heureusement les deux suivants atteignent les sommets. L’histoire touchante d’un amour véritable entre le malheureux Gastone Moschin et la sublime Virna Lisi, que les trois tenants de l’ordre moral s’efforceront de réduire à néant, pour être certain de ne pas sortir de la fange, du stupre, du mensonge et de la corruption au profit de la beauté et du véritable. Non mais ! C’est clairement le moins drôle des trois, mais c’est certainement le plus douloureux. Enfin dans le dernier, chacun des membres du groupe de salauds va profiter à son tour d’une candide paysanne de 15 ans !!!! Pas de chance, le juge, malgré la « compréhension » de l’église, et à l’opposé du pronostique des avocats, est bien décidé à les envoyer devant le tribunal pour détournement de mineure. Mais grâce à l’argent, dont quelques millions finiront dans les caisses de l’orphelinat catholique, tout est bien qui finit bien. Le plus drôle, mais aussi le plus abject des trois.
En exceptant Gastone Moschin, Virna Lisi et Aldo Puglisi, le casting se composait d’acteurs peu connus. Néanmoins la direction précise du cinéaste amène l’ensemble au niveau souhaité. Malgré ce premier sketch un peu raté, les deux suivants méritent largement d’être visionnés. Palme d’or du festival de Cannes, ex-aequo avec « Un homme et une femme » de Claude Lelouch, sous les huées de critiques peu lucides. « Excusez-moi de vous avoir fait rire... » leur répliqua Pietro Germi.
traversay1

4 485 abonnés 5 363 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 3 août 2016
Enfin Pietro Germi semble sortir du semi-oubli dans lequel il était tombé, lui l'égal de Risi, Scola, Monicelli et tutti quanti dans la comédie italienne. Jamais la satire de la moyenne bourgeoisie provinciale (Trévise, en l'occurrence) n'a été aussi féroce que dans Ces messieurs dames (Palme d'or à Cannes en 66, partagée avec Un homme et une femme) qui annoncent Les monstres de Risi. Un vrai régal que ce massacre en règle du machisme ambiant et de la veulerie de cette micro-société dont les seuls moteurs sont l'argent et le sexe. Et bien réalisé, qui plus est, sur un scénario divinement écrit, à travers trois histoires distinctes où l'on retrouve peu ou prou les mêmes protagonistes. Une comédie italienne "al dente" qui n'a rien perdu de sa saine méchanceté.
Prad12
Prad12

122 abonnés 1 086 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 22 mars 2016
Signore et signori est l'occasion pour Pietro Germi de peindre avec un humour féroce et satirique une certaine bourgeoisie de province (Trévise n'est jamais citée). Mais pas seulement, tous les protagonistes de tous les milieux sont impitoyablement décrits dans toutes leurs faiblesses et bassesses.... Ce film frappe et juste là où ça fait mal, la morale, l'église, la police et surtout l'hypocrisie mais avec une drôlerie et un humour inimitable, à l'inverse d'un cinéma français qui n'a jamais réussi à faire pareil (Chabrol est d'une suffisance et d'un manque d'humour intolérable)..... les acteurs et actrices sont grandioses et Virna Lisi magnifique.....
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 23 juillet 2015
Pietro Germi déplace son observation de la méridionale Sicile (Séduite et abandonnée, Divorce à l'Italienne) à la septentrionale et riche Vénétie (la ville de Vérone ou de Trévise, ce n'est pas clair) catholique et industrieuse, qui ne dédaigne pas pour autant les moments de détente. Mais attention, rien à voir à voir à la dolce vita romaine, bien plus décadente et mistérieuse. On s'amuse, oui, mais d'abord on travaille (le pharmacien, le médecin, le commerçant de chaussures, etc,.) et surtout on essaye de faire de l'argent, désormais la valeur suprême.
Danse ce contexte Germi nous donne un portrait au vitriol mais pas dépourvu de tendresse d'une certaine bourgeoise, pas forcement représentative mais réelle, et surtout encore d'actualité.
Aidé par cast d'excellents comédiens très complices et en pleine forme, méconnus en France mais pas en Italie, sauf la très belle Virna Lisi, le film est magnifiquement filmé, en noir et blanc, dans un rythme endiablé soutenu par la très belle musique de Piero Piccioni.
Il s'agit là d'un des meilleurs exemples de la comédie italienne, on rit, amèrement, A voir, bien entendu.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 28 mai 2014
Hilarant. J'ai eu un plaisir fou à regarder ce film. À VOIR!!!
QuelquesFilms.fr

354 abonnés 1 760 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 18 septembre 2013
Palme d'or un peu oubliée d'un cinéaste un peu oublié aussi. Ce film a effectivement été couronné à Cannes en 1966 (ex-aequo avec Un Homme et une Femme). Pietro Germi, sous les sifflets, avait alors déclaré : "Excusez-moi de vous avoir fait rire..." Le réalisateur avait déjà fait rire les spectateurs, dans le passé, avec notamment Divorce à l'italienne, fleuron de la comédie... italienne. Mais la postérité a moins retenu son nom que ceux de Monicelli, Risi ou Scola.
Dans Ces messieurs dames, Germi passe à la moulinette satirique les moeurs de son temps, avec une verve mordante et sur un rythme enlevé. Tout y passe. Dans le tableau d'une bourgeoisie jouisseuse, sans-gêne et omnipotente, on trouve des hommes menteurs, trompeurs, hypocrites, lâches, vils, fourbes, et des femmes nunuches ou farouches, des mégères hargneuses... Tout ce petit monde soutenu par l'Église et les banquiers, pour sauver les apparences d'une bonne morale. C'est vachard et cynique à souhait, et souvent drôle.
landofshit0

314 abonnés 1 745 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 28 janvier 2013
Cette comédie italienne remporta la palme d'or à cannes (ex æquo avec un homme et une femme de Lelouch) n’épargne pas un instant la petite bourgeoisie italienne.Elle égratigne tout les travers des ces hommes et ces femmes.Dans cette farce brillamment écrite et réalisée.
jacquesecret
jacquesecret

10 abonnés 52 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 2 novembre 2012
Une comédie "à l'Italienne" servie par d'excellents comédiens et une débutante, Verna Lisi, belle à tomber !

Je classe ce film dans la même catégorie que "Le fanfaron" , quant aux portraits de ces messieurs-dames et à la finesse de l'analyse psychologique !

Vraiment très drôle !!!

PS: qui sait que ce film a eu la Palme d'Or ex aequo avec "Un homme et une femme" de Claude Lelouch ?
benoitparis
benoitparis

142 abonnés 1 277 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 15 juin 2012
Un sommet de la comédie italienne primé à Cannes au milieu des années 60. Les ingrédients de base appartiennent à la comédie de toujours avec cocuages, hommes menés par leurs pulsions, femmes légères ou harpies… mais les grands cinéastes italiens dépassaient la grosse farce en y ajoutant une satire sociale féroce. Chez ces « messieurs-dames » les petits notables s’en tirent toujours, les classes moins privilégiés, moins près des pouvoirs, sont-elles toujours perdantes. Pour elles les conventions, l’honorabilité, les institutions, peuvent même s’avérer terriblement écrasantes, ainsi pour un simple employé trouvant l’amour et cherchant à fuir une épouse abusive. Le cocktail d’allégresse ostensible et de cruauté foncière est d’une efficacité imparable.
titusdu59
titusdu59

85 abonnés 696 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 24 avril 2012
Grand classique de la comédie italienne, "Ces messieurs dames", de Pietro Germi, porte un regard cynique et féroce sur des petits bourgeois d'une ville italienne qui vit au rythme de ses joies et de ses problèmes. La critique est parfois amusante, car elle n'épargne aucun personnage et les rend ridicule devant leurs aspirations, leurs désirs et leur insouciance, mais au final, le film est trop bavard, manque cruellement de peps et de rythme. Les deux premiers sketches sont d'ailleurs plutôt ennuyeux, et pas vraiment drôles. Le troisième en revanche est bien plus réussi, et dans sa fraîcheur distille une euphorie communicative. L'oeuvre est loin d'être ratée en somme, mais est plutôt inégale, et a même pas mal vieilli. Reste le charme dû à la (fausse) légèreté du récit, ainsi qu'à la musique, également très sympathique.
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