Le Plaisir
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ProjecteurTemporel
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5,0
Publiée le 17 avril 2026
Triptyque d’une élégance étourdissante, Le Plaisir explore les illusions du bonheur avec une légèreté trompeuse. Avec sa virtuosité coutumière, Max Ophüls déploie des mouvements de caméra d’une fluidité envoûtante, transformant chaque récit en danse mélancolique. Derrière la frivolité apparente se cache une méditation profonde sur le temps, le désir et la fuite des plaisirs. Chaque segment, du bal masqué à la maison close, révèle une variation subtile sur la vanité des passions humaines. De cette alliance entre grâce formelle et lucidité douce-amère naît une œuvre d’une finesse rare, à la fois légère et profondément nostalgique.
Iloonoyeil
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88 abonnés 367 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 22 janvier 2025
Bonjour tout le monde, Tout est virtuose dans ce chef d'œuvre de Max Ophuls qui adapte trois contes de Guy de Maupassant ! La science des travellings traduit la vie capturée avec plaisir et vie ! Cordialement. Gérard Michel
soniadidierkmurgia
soniadidierkmurgia

1 436 abonnés 4 339 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 23 avril 2024
Rares sont les réalisateurs ayant fourni leur meilleur travail en toute fin de carrière. C’est exactement le cas de Max Ophüls qui après un court passage à Hollywood où il sera à l’honneur avec quatre longs métrages à son actif dont trois d’excellente facture (« Lettre d’une inconnue » en 1948, « Pris au piège » et « Les désemparés » en 1949) est de retour en France en 1950 pour y enchaîner quatre autres films dont trois sont de nos jours considérés comme des chefs d’œuvre. Ce constat initial doit-être pondéré par le fait que le réalisateur né en Allemagne en 1902 est décédé prématurément en 1957 à seulement 54 ans. On ne peut qu’imaginer avec regret ce qu’aurait été sa carrière s’il avait pu continuer à exercer.
« Le Plaisir » film à sketches sorti sur les écrans en 1952 fait partie aux côtés de « La ronde » et de « Madame de… » des trois films français évoqués plus haut. À leurs génériques, la grande Danielle Darrieux qui se révélera vite comme l’idéal féminin de Max Ophüls, illuminant de sa grâce et de sa beauté mais aussi de son immense talent chacune de ses apparitions à l’écran. Après le succès de « La ronde », Ophüls décide de recourir une nouvelle fois au film à sketches pour « Le Plaisir ». Sketches qui reposeront sur l’adaptation de trois nouvelles de Guy de Maupassant, le plus célèbre écrivain normand avec Gustave Flaubert. Le pessimisme notoire et la lucidité qui inondent l’œuvre de Maupassant conviendront très bien à Max Ophüls qui tout en esthète qu’il était ne fut guère plus caressant avec la nature humaine. Le plaisir est le meilleur exutoire pour oublier la triste issue de chaque vie humaine. Obsession d’Ophüls qui comme Guy de Maupassant savait sans doute que la sienne serait courte.
Le premier sketch montre la quête désespérée d’un pauvre bougre qui pour oublier la décrépitude de son corps liée au vieillissement s’enivre chaque soir dans les bals mondains grimé d’un masque pour, le temps de quelques heures, retrouver une jeunesse depuis longtemps envolée. Mais l’illusion fait long feu car le temps rattrape toujours par la manche ceux qui veulent le fuir. Quête éternelle qui si elle n’a pas changé sur le fond s’est sophistiquée sur la forme avec le progrès qui désormais vous imprime le masque directement sur le visage à grands coups de bistouri ou de piqûres, vous transforment en caricature de vous-même. Le sketch sans doute le plus noir du métrage qu’Ophüls a délibérément voulu le plus court.
S’ensuit l’adaptation de « La maison Tellier » une des nouvelles les plus prisées de Maupassant. Constituant le corps du film , « La maison Tellier » est le segment où la qualité narrative, la poésie et la sensibilité artistique du réalisateur se déploient avec le plus d’ampleur et de magnificence. La voix-off tabagique de Jean Servais tout-à-la fois rocailleuse et chaleureuse illustre formidablement le propos grâce au texte emprunté à l’auteur normand qui savait si bien évoquer avec ses phrases courtes au vocabulaire si finement chantourné et précisément choisi, les mœurs des gens de toutes conditions de son époque. Le trouble que sème dans le petit bourg la fermeture inexpliquée de sa seule « maison d’agrément », laissant les notables locaux errant autour du local comme des canards sans tête est présenté avec force de moquerie par un Ophüls à son meilleur qui pianote comme un maestro sur les touches de son clavier que sont les Henri Crémieux, Antoine Balpêtré, Louis Seigner, René Blancard et Marcel Pérès. Des notables rassurés quand ils verront le panneau malencontreusement tombé de son clou les informant d’une fermeture temporaire, Madame Tellier (Madeleine Renaud) étant partie pour une seule journée à la campagne avec ses filles (Ginette Leclerc, Mila Parély, Danielle Darrieux, Paulette Dubost, Mathilde Casadesus) chez son frère (Jean Gabin) pour la communion de sa fille.
Le piano laisse alors la place à l’ensemble des violons avec les deux premiers d’entre eux (Darrieux et Gabin) pour interpréter avec entrain et vigueur cette symphonie campagnarde qui nous emmène tout droit dans les paysages impressionnistes des Monet, Renoir et tous les autres. Max Ophüls joue à fond sur le contraste entre les gens des villes et les gens des champs avec toujours la formidable voix de Jean Servais donnant le la. Sachant depuis le début quel accent il voulait donner à ce sketch central, Ophüls avait confié à son assistant Jean Valère la mission de trouver précisément chacun des paysages qu’il lui avait décrits et dessinés dans le moindre détail. La Suisse Normande (Calvados) a fourni l’écrin à cette sublime succession de tableaux champêtres.
La venue de ces dames dont tout le village devine très vite la profession échauffe les esprits et plus particulièrement celui de Joseph (Jean Gabin), le frère de Madame Tellier qui en pince pour la très gracieuse Madame Rosa (Danielle Darrieux). Joseph, campé par un Jean Gabin qui livre une prestation si marquante que l’on aura grand-peine au sortir du film à se convaincre qu’il n’est pas lui-même fils de paysan cauchois. Celui qui rédige cette critique vous en parle en connaissance ayant eu longtemps directement affaire à des agriculteurs cauchois. L’acteur qui ne va pas tarder à remonter sur son trône placé tout en haut du cinéma français est tout simplement époustouflant. Oubliés Pépé le Moko, Gueule d’amour, Bébé Donge et tous les autres, place à Joseph Rivet paysan bourru, en ménage avec une paysanne au physique peu amène (Héléna Manson), qui tel le loup des champs de Tex Avery (« Little Rural Riding Hood » en 1949) prenant des coups de marteau sur la tête devant la jolie danseuse du cabaret où son cousin des villes l’a emmené, va avoir besoin de quelques rappels à l’ordre pour retrouver ses sens complètement tourneboulés par une Madame Rosa qui n’en demandait pas tant. Le dos courbé juste ce qu’il faut pour rappeler la marque indélébile du dur labeur des champs sur les corps, les mots inappropriés claironnés sous l’emprise du jus pomme macéré signes d’une pudeur instinctive et d’une éducation scolaire sacrifiée aux travaux agricoles, Jean Gabin est comme sur un nuage lui qui au même moment se porte acquéreur d’un domaine agricole dans l’Orne, département limitrophe du lieu de tournage.
À ses côtés tout le monde est au diapason notamment Madeleine Renaud parfaite d’une autorité teintée de malice, Danielle Darrieux qui n’a pas grand-chose d’autre à faire que d’être tout simplement elle-même, à l’aise en toute circonstance et Paulette Dubost devenue vedette sur le tard dont on avait peut-être oublié qu’elle était si jolie. Un délice de tous les instants se concluant par une plongée immersive dans « Un chemin montant dans les prés » (1876/77) tableau d’Auguste Renoir où le rustre paysan dégrisé va maladroitement mais sincèrement présenter ses excuses à la fille de joie qui sera ravie d’être enfin reconnue comme une dame.
Après l’enchantement de « La Maison Tellier », le dernier épisode du « Modèle » arrive un peu comme un cheveu sur la soupe même si tout-à-fait honorable avec Simone Simon, Daniel Gélin et Jean Servais prenant enfin corps. Maupassant qu’Ophüls reprend à son compte y rappelle que l’amour est très rapidement mortel, les hommes et les femmes n’y cherchant pas et n’y trouvant pas la même chose ou rarement au même moment. Initialement Ophüls avait choisi d’adapter « La femme de l’autre » mais le dépassement de budget déjà conséquent a obligé le réalisateur à revoir ses ambitions à la baisse. Quoiqu’il en soit « Le plaisir » déclinaison en trois actes de la prose épicée et poétique de Maupassant demeure un chef d’œuvre qu’il convient de faire connaître encore et encore.
ClashDoherty
ClashDoherty

271 abonnés 838 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 6 janvier 2024
Vu récemment (rediffusé à la TV) et j'ai tellement adoré que je me suis procuré le DVD (pas cher, ceci dit), car je savais bien que ce film, je le reverrai régulièrement, et je me doutais bien qu'il ne serait pas souvent rediffusé.
Adaptation par Max Ophuls de trois nouvelles de Maupassant, "Le Plaisir" vaut surtout pour son "sketch" central, le plus long (sur les 90 minutes du film, il en représente bien 50 ou 55, à vue de nez), qui adapte "La Maison Tellier" et permet à Jean Gabin de nous offrir une prestation toute en sobriété (non pas qu'il soit, généralement, du genre à cabotiner, pas du tout). Les deux autres séquences, très courtes et notamment la première ("Le Masque", qui dure environ 10-15 minutes), sont excellentes aussi, notons la réalisation, dans la première séquence au cabaret, virevoltante. Kubrick tenait Ophuls pour un des plus grands réalisateurs, et il vouait une vraie passion pour certains de ses films, tels que "La Ronde" et ce "Plaisir", inutile de se demander pourquoi. Bien que vieux (début des années 50), ce film reste d'une grande fraîcheur, tout juste peut-on reprocher, parfois, que la piste sonore, les dialogues donc, ne soi(en)t pas super audible, comme, justement, dans cette séquence de cabaret qui ouvre le film. Sinon, rien à dire, c'est sublime. Un vrai plaisir de visionnage.
Fêtons le cinéma
Fêtons le cinéma

852 abonnés 3 664 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 5 mai 2021
En adaptant trois nouvelles de Guy de Maupassant, Max Ophüls signe certainement son œuvre la plus aboutie et virtuose, forte d’un enchaînement a priori simple, les histoires se succédant les unes aux autres, mais qui procède par répétition et déplacement de motifs : la quête de jouvence du premier personnage se retrouve, en effet, dans l’attirance de Joseph Rivet pour une prostituée auprès de qui il s’évade de son train de vie morose ; l’évolution et la dégradation des sentiments amoureux au sein de la cellule conjugale est amorcée par la première nouvelle et reprise par la dernière. La mise en scène du cinéaste s’avère en état de grâce, le summum étant atteint dans « La Maison Tellier » où la caméra semble glisser sur la façade de la maison afin d’en capter le mouvement de son personnel. La fluidité esthétique rappelle celle, narrative, de Maupassant dans ses contes et dans ses nouvelles : soit la volonté de retranscrire une tranche de vie, une scène d’un quotidien capté à un moment précis, qui existait déjà en aval et qui continuera d’exister en amont. La puissance du Plaisir tient à sa force de concentration : quelques minutes suffisent à poser un cadre et une atmosphère, qui renvoient explicitement à des milieux socioprofessionnels particuliers. Aussi, le récit médian passionne-t-il en ce qu’il mêle la peinture d’une maison, close pour un soir, dans laquelle s’exerce le plus vieux métier du monde, à une dénonciation de l’hypocrisie bourgeoise, les dirigeants, hauts fonctionnaires et personnalités importantes s’y croisant. Ce faisant, le cinéaste comme le romancier représentent la maison de prostitution tel un organe essentiel de la vie en société, garant de l’harmonie parce qu’il permet à ses membres de « se décharger » de leurs frustrations, au sens propre comme au sens figuré. La courtisane constitue donc à la fois une incarnation du vice, susceptible de semer la zizanie dans un couple, et la gardienne d’un équilibre des forces en présence dans le village ou dans la ville. Ophüls n’aura jamais été aussi drôle et incisif qu’en adaptant Maupassant : l’heure et demie file à toute allure, sans que nous ne puissions détourner le regard de l’écran, fascinés devant un spectacle techniquement superbe et dramatiquement abouti. Un chef-d’œuvre.
Ykarpathakis157
Ykarpathakis157

6 196 abonnés 18 103 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 1 mars 2021
Le bonheur dit le narrateur à la fin n'est pas une plaisanterie. Et le film le croit même si à mesure qu'il montre des aperçus d'enfants jouant avec des cerfs-volants et des chaises joliment placées sur la plage il continue d'évoquer la grâce et l'élégance tourbillonnantes de la composition qui marquent chaque instant du film. Bien plus imprévisible et radical que la plupart des films le point culminant est la deuxième histoire qui semble d'abord être celle d'un groupe d'hommes qui se réunissent un soir où la maison close est fermée. Puis il suit le voyage des prostituées à la campagne avec un délicieux interlude dans le train alors qu'elles partagent le compartiment avec un vieux couple de paysans et un grand vendeur puis elles retournent à la maison close. La caméra de Max Ophüls fait des panoramiques délirants autour des fenêtres depuis l'extérieur alors que l'endroit se remplit de danse, déversant fête et plaisir. Les nombreuses surprises de cette histoire évoquent parfaitement l'énorme étendue de l'expérience émotionnelle humaine. Elle touche à tant de rêves d'évasion alors que les deux autres épisodes beaucoup plus courts et sombres nous rappellent le prix occasionnel de tels rêves...
Newstrum
Newstrum

56 abonnés 261 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 19 avril 2017
Une merveille. Dans Le Plaisir, Max Ophuls retranscrit par sa mise en scène virtuose les joies et les peines de plusieurs personnages. La plus belle adaptation de Maupassant au cinéma avec Partie de Campagne de Renoir. Voir ma critique complète sur mon blog :
Misoramengasuki
Misoramengasuki

79 abonnés 399 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 21 janvier 2014
Quel plaisir, effectivement! Jamais Maupassant n'a été aussi bien servi au cinéma. C'est lumineux, c'est vivant, c'est gai, c'est ironique sans jamais être cynique, ça peint la comédie sociale et les drames de la vie avec une légèreté, mais aussi une lucidité, inouïes... Et c'est une telle débauche de talent ! La première scène donne le ton, avec un bal étourdissant, d'une énergie folle, où la caméra d'Ophüls emporte tout le monde dans un tourbillon vertigineux - pour mieux nous faire échouer dans l'appartement sordide d'un vieux danseur masqué, ramené chez lui après un malaise par un docteur noceur. Image pathétique d'un séducteur qui refuse d'admettre que la roue a tourné. Ca continue avec "La maison Tellier", géniale épopée d'une troupe de prostituées partant assister à la première communion de la nièce de leur patronne. Là encore, virtuosité hallucinante du réalisateur quand il s'agit de filmer l'intérieur de la maison close avec une caméra qui n'en franchit jamais les portes, ou quand il filme le train ou la charrette qui emportent ces dames - quel usage du travelling! Humour dévastateur quand Ophüls brosse le portrait des clients déçus que leur établissement favori soit fermé pour un soir. Génie de sa direction d'acteurs, quand il orchestre les échanges hauts en couleur de la troupe composée de Danielle Darrieux, Mila Prely, Paulette Dubost et Ginette Leclerc, cornaquées par la géniale Madeleine Renaud, avec les apparitions de Gabin et (surtout) Pierre Brasseur. La scène dans l'église est un sommet absolu, un concentré d'esprit Maupassant: on ne sait pas si on doit fondre en larmes avec l'ensemble des paroissiens bouleversés, ou hurler de rire devant le ridicule de la situation. Et si la dernière histoire, centrée sur le couple Daniel Gélin / Simone Simon, est un ton en dessous, on remarque quand même que son dernier plan sera imité presque à l'identique par Dino Risi en clôture de son film "Les monstres", dix ans plus tard. Transition entre le cinéma expressionniste allemand d'avant-guerre, le réalisme poétique français de l'immédiat après-guerre et la féroce comédie italienne des années 60, "Le Plaisir" est une oeuvre intemporelle, qui n'a pas fini de régaler des générations de cinéphiles.
mazou31
mazou31

130 abonnés 1 363 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 19 décembre 2013
Un chef-d’œuvre authentique et qui résiste à l’air du temps, différemment de certains un peu galvaudés ! Dans ce film à sketches (trois), genre qui n’est pourtant guère porteur, trois bijoux, avec une mention spéciale pour le second « La maison Tellier », inoubliable, superbe ! Le premier, « Le masque » est un modèle de virtuosité et de tonicité. Quant au troisième « Le modèle », il est magique, léger, fascinant par ses décors et sa photographie. Film de référence, tourné par un des plus grands cinéastes de tous les temps, à la mise en scène divine, au noir et blanc merveilleux, empli de lyrisme, de romantisme, d’expressionnisme… un musée ! Ajoutons la fine fleur des actrices de l’époque, une interprétation parfaite mais équilibrée (probablement très dur de diriger tous ces ego !) et la voix profonde, nuancée du commentateur, Jean Servais. Une heure trente au sommet de l’art cinématographique.
loulou451
loulou451

146 abonnés 1 503 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 16 janvier 2012
Un chef-d’œuvre signé Max Ophüls. Le réalisateur allemand adapte à l'écran trois nouvelles de Maupassant dont l'extraordinaire "Maison Tellier" et la fantastique histoire du "Masque" où la caméra d'Ophüls, débridée comme jamais, vole de scène en scène, pour rendre toute la gravité de l'histoire imaginée par le grand écrivain français. Certes, le "Modèle" semble la moins réussie de ces trois adaptations, mais il faut souligner la qualité d'une distribution dans laquelle figurait toutes les stars françaises de l'époque : de Gabin à Danielle Darrieux, en passant par Gaby Morlay, Claude Dauphin ou Pierre Brasseur. Le résultat de l'ensemble est saisissant de vérité et de profondeur psychologique, mélange d'expressionnisme français et de réalisme allemand. Magique !
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 21 mai 2009
Loin des œuvres monolithiques et dépourvues de toute subtilité, le Plaisir est un film que l’on peut voir et revoir sans jamais se lasser ; c’est un tableau plein de fraicheur, il en sort une image radieuse… Dès les premières secondes, dans l’obscurité, une voix off (Jean Servais) s’élève du néant et se présente a nous comme étant Maupassant, et nous emporte dans chacune des trois histoires. La première séquence du bal est vertigineuse, la caméra valse au milieu des personnages et nous communique leur frénésie avec une rare intensité. Tous au long du film cette camera poursuit sa trajectoire sans jamais s'éterniser, dans une totale fluidité qui est propre au cinéma d’Ophüls. Un casting formidable, des commentaires et dialogues qui déploient les richesses de la langue française. Ce film cultive la joie de vivre, même s’il est boudé par certain a cause de son coté pessimiste ; c’est que lorsque l’on traite du plaisir en tant que satisfaction des désirs il ne faut pas s’attendre a ce qu’on flatte vos illusions… Aussi quand Ophüls prend le partie de filmer la maison Tellier de l’extérieur, on pourrait penser que c’est une manière de dénoncer la prostitution. La conclusion est que le plaisir n’est pas à confondre avec le bonheur et « qu’il n’est pas de bonheur positif » comme disait Schopenhauer. Quoi qu’il en soit cette œuvre nous confie qu’il ne suffit pas de vivre pour jouir, mais vivre de vivre, vivre de célébrer l’existence.
gimliamideselfes
gimliamideselfes

3 435 abonnés 4 013 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 1 mars 2009
Tout simplement brillant, on a ici une oeuvre abouti en tout points… tellement belle, cette réflexion sur le plaisir, sans jamais nommé le plaisir dont il est question, avec cette pudeur, ces litotes et euphémismes… jusqu'à cette phrase de conclusion tellement vrai et belle. La force du film réside aussi dans sa narration en trois partie, qui s'accorde parfaitement sans aucune fausse note et cette voix off se disant Guy de Maupassant aère le récit et lui confère une certaine légèreté tout en sachant ce taire pour laisser parler les acteurs et leur plaisirs…
halou
halou

153 abonnés 1 532 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 2 janvier 2009
Plus rien à dire et redire sur ce bijou. Plus qu'à regarder.
TTNOUGAT
TTNOUGAT

702 abonnés 2 530 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 21 décembre 2008
4* ce n'est pas assez pour une telle perfection,du moins en ce qui concerne la maison Tellier.Je suis moins euphorique sur les 2 autres et je n'aime guerre les films à sketches.Mais la maison Tellier renferme à elle toute seule la quintessence du cinema parlant noir et blanc.Il ne faut pas oublier l'importance du texte de Maupassant (la qualité de la parole faisant partie intégrante du cinéma) ,la voix du conteur et l'extraordinaire poésie qui se dégage du parcours entre la gare et la ferme...Même ceux qui n'ont jamais connu le bonheur des vacances d'été a la campagne doivent en ressentir la plénitude.A voir et revoir sans cesse,à montrer à tous et en parler souvent c'est donner au septième art la place qu'il mérite:la première.
Plume231
Plume231

4 407 abonnés 4 639 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 21 novembre 2008
Le titre du film résume aussi bien ce que l'on resent à la vision de ce film qu'au propos du film lui-même. Les histoires sont introduites de façon très originale. La mise en scène élégante de Max Ophuls avec ses somptueux travellings est tout aussi géniale que dans ses autres meilleurs films. La distribution quand à elle réunit le meilleur du cinéma français de l'époque (voir même du cinéma français tout court !) avec notamment une interprétation savoureuse de Jean Gabin en paysan normand. Un des chefs d'oeuvre du cinéma français des années 50.
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