Spéciale première
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soniadidierkmurgia

1 436 abonnés 4 339 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 3 mai 2026
Fuyant le nazisme, Billy Wilder ancien scénariste reconnu en Allemagne est arrivé en 1934 à Hollywood pour y exercer ses talents d’écriture où il forma un duo de choc avec Charles Bracket notamment au service d’Ernst Lubitsch et d’Howard Hawks. En 1942, il accède à la réalisation avec « Uniformes et jupons courts ». Remarqué par la Paramount, s’ensuit une prestigieuse carrière pas sans doute moins prolifique qu’attendue (25 films en 39 ans) comparativement aux boulimiques Michael Curtiz (95 films parlants en 34 ans), Raoul Walsh (67 films parlants en 34 ans), John Ford ( 59 films parlants en 36 ans), Robert Siodmak (57 films parlants en 39 ans) ou même Alfred Hitchock (49 films parlants en 51 ans) pour ne citer que les réalisateurs les plus célèbres pouvant être comparés au talentueux et pugnace Billy Wilder.
Une filmographie certes plutôt ramassée si l’on se souvient des exigences des Studios tout puissants durant cette période mais qui rescelle en son sein une bonne dizaine de chefs d’œuvre unanimement reconnus et célébrés. Quand il se lance dans le projet d’une nouvelle adaptation de « Front Page », la pièce de Ben Hecht déjà portée à l’écran par Howard Hawks en 1940 sous le titre « La dame du vendredi » aujourd’hui classé comme un des chefs d’œuvre de la « screwball comedy », Billy Wilder sort de deux films qui n’ont pas recueilli le succès public avec le sans doute trop avant-gardiste « La vie privée de Sherlock Holmes » suivi de l’incompris « Avanti ! ». La conséquence immédiate est que Billy Wilder qui était le producteur de quasiment tous ses films depuis « Le gouffre aux chimères » est cette fois-ci sous l’autorité de Paul Monash qui vient de produire « Butch Cassidy et Billy the Kid ». Il se concentre donc sur la réalisation et le scénario en compagnie de Diamond, le fidèle collaborateur de sa deuxième partie de carrière succédant à Charles Bracket. Une série de films que certains exégètes jugent moins prestigieuse.
Quand Jenning Lang lui propose cette nouvelle adaptation, Billy Wilder qui a été journaliste de faits-divers dans ses jeunes années à passées Vienne puis à Berlin, se réjouit de se plonger une nouvelle fois dans l’univers de la presse quotidienne qu’il avait abordé de manière très corrosive et dramatique en 1951 dans « Le gouffre aux chimères ». Ravi aussi de travailler pour la sixième fois avec Jack Lemmon qu’il associe une nouvelle fois à Walter Matthau (les deux acteurs tourneront dix films ensemble) après « La grande combine » qui résonne dans l’esprit de Wilder comme son dernier succès public. Un Billy Wilder sentant bien qu’Hollywood est en pleine mutation avec l’arrivée des jeunes réalisateurs que sont alors Steven Spielberg, Martin Scorsese, Francis Ford Coppola, Brian de Palma et autres et qui a au fond de lui-même conscience qu’à bientôt 70 ans le nombre de ses réalisations est désormais compté.
L’action se déroule à Chicago en 1929 à la veille de l’exécution très attendue du meurtrier d’un policier. spoiler: Mais par un concours de circonstances improbable le prisonnier s’évade mettant tous les journalistes des grands quotidiens de Chicago réunis dans la salle de presse du commissariat en effervescence. La une du lendemain va être chamboulée ! Hildy (Jack Lemmon) journaliste reconnu qui a décidé d’abandonner son poste pour entamer dès le lendemain une nouvelle vie avec sa jeune fiancée (Susan Sarandon) a été missionné par son rédacteur en chef retors (Walter Matthau) pour couvrir l’évènement. Comment Hildy va-t-il gérer ce brusque retournement de situation qui visiblement l’émoustille, lui montrant que le virus du fait-divers ne l’a pas encore complètement quitté ? Son chef va dès lors user de tous les stratagèmes pour tenter de le retenir.

Le scénario écrit par un duo rodé au genre comique s’avère parfaitement huilé même si un peu miné par trop de circonstances improbables. Jack Lemmon toujours professionnel semble malgré tout un peu en sous-régime, ayant demandé à Billy Wilder le recours à « l’over lapping » (procédé propre à la screwball comédie qui veut que les dialogues des acteurs se chevauchent pour rendre compte d’une cacophonie explosive) pour donner un peu de nerf à une intrigue certes très articulée mais sans doute un peu trop mécanique. Le grand réalisateur qui n’avait sans doute plus l’instinct aussi aiguisé qu’à son apogée à refuser souhaitant que l’ensemble des dialogues patiemment écrit par lui-même et Diamond soit totalement compréhensif.
Heureusement l’entrée en scène du redoutable Walter Matthau va dynamiser cette « Spéciale première » un peu atone qui va s’emballer dans son dernier tiers. Billy Wilder comme souvent profite de l’occasion pour asséner quelques vérités qui font mouche montrant à plusieurs reprises que dans ces milieux très exposés à fort enjeux la parole donnée ne vaut souvent pas grand-chose. La critique ne sera pas spécialement tendre avec le grand réalisateur qui finira sa carrière et sa vie un peu aigri de ce qu’il estimait être un abandon immérité de la part d’une industrie dont il avait été pendant vingt ans l’un des principaux rouages. Heureusement, il pourra quitter la scène en ayant réalisé quatre ans plus tard le très émouvant « Fedora » qui exhale via William Holden et Marthe Keller des senteurs de « Sunset Boulevard », le chef absolu et indépassable de son auteur.
Charlotte28
Charlotte28

203 abonnés 2 850 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 21 octobre 2025
Extrêmement sémillante, la narration s'appuie sur des dialogues acérés, caustiques, humoristiques, une réalisation vive qui épouse le frétillement des protagonistes (jusque dans les accélérations des voitures de police), un casting au diapason (mené par un roublard duo complice) ainsi qu'un rythme de vaudeville pour portraire avec acidité le monde du journalisme autant que celui de la politique, chacun mentant, enjolivant, manipulant sans vergogne afin de satisfaire ses desseins. Domaine dont les objectifs initiaux ont été distordus voire renversés, la presse pressurise ses serviteurs qui doivent s'en extraire pour espérer une vie honnête et heureuse spoiler: (seuls le couple prostituée/délirant condamné et les homosexuels s'épanouissent).
Grinçant!
CH1218
CH1218

280 abonnés 3 247 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 5 mai 2024
Billy Wilder tire à boulets rouges sur la presse (mais pas que) dans ce vaudeville extrêmement grinçant, cynique et cruel, troisième adaptation d’une pièce de théâtre signée Ben Hecht. C’est hyper drôle, ça fuse de toutes parts, parfois avec une énergie excessive à la limite de l’hystérie. La distribution est relevée mais c’est Walter Matthau qui vire en tête en décrochant haut la main et jusqu’au dernier plan, la palme du personnage le plus (délicieusement) abject du film.
Fabien S.

686 abonnés 4 150 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 13 décembre 2022
Une très bonne comédie satirique de Billy Wilder avec Jack Lemmon , Walter Matthau, David Wayne et Susan Sarandon .
Hotinhere

791 abonnés 5 474 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 13 juin 2022
Une satire caustique, sympathique mais assez poussive sur les médias et la justice américaine, portée par le duo efficace Lemmon/Matthau.
Max Rss
Max Rss

252 abonnés 2 316 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 27 février 2021
Quand Billy Wilder décide à son tour de se payer le scalp de la presse, ça fait mal, très mal. "Spéciale première", c'est du Wilder 100% pur jus. Tout ce qui fait le style de cet immense cinéaste est là : un rythme complètement débridé, une science du détail qui tue, une direction d'acteurs au top et des dialogues de folie. D'ailleurs, à titre personnel, la réplique "Duffy ? Duffy ? Duffy ? C'que ça peut être chiant les gens qui ont la vessie comme un dé à coudre" est l'une de mes préférées, tous films confondus. C'est le gros éclat de rire à tous les coups. Comme dans "La grande combine", si tous les acteurs sont remarquables, on ne pourra pas faire autrement que de placer le duo Jack Lemmon/Walter Matthau au-dessus du lot. Le premier est parfait et le second est carrément génial et fait de Walter Burns un homme aussi détestable que sympathique, c'est très fort. Et maintenant, pour en finir, la question à 100 balles : pourquoi avoir retranché une demie étoile ? Tout simplement parce que parfois, le film est un peu hystérique et un peu trop bavard, mais une fois que les musiciens sont payés à la fin du bal, ça ne l'empêche pas d'être un grand film, ainsi qu'un grand film de plus pour Wilder.
mister
mister

25 abonnés 202 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 20 novembre 2019
Film sorti en 1974, mais complètement dans l'esprit des films du début des années 60, Front Page conte les péripéties de Jack Lemmon, un reporter star d'un quotidien de Chicago, qui s'apprête à quitter son job pour se marier avec une chanteuse de cabaret. Sur l'insistance de son boss, il accepte de faire une dernière pige sur la prochaine exécution d'un condamé à mort, l'action se déroulant à la fin des années 20. Le film est un vaudeville sarcastique sur le monde de la presse, avec des personnages et des situations improbables, seulement prétextes pour Billy Wilder à enchainer punch lines drôlissimes et situations rocambolesques. Jack Lemmon et Walter Matthau s'en donnent à coeur joie et nous font revivre les comédies américaines qui enchantaient le public des années 60, à l'instar de "Certains l'aiment chaud". Les numéros de comédiens sont sympathiques même si ils sont un peu datés, et les trouvailles d'un scénario très inventif permettent une avalanche de retournements plus invraisemblables les uns que les autres. On regarde ce film avec une nostalgie certaine, en admirant jeux d'acteurs et dialogues incisifs. Mais le film, à être trop caricaturale et outrancié, s'avère un simple divertisssement, de très bonne qualité, mais sans réelle profondeur.
anonyme
Un visiteur
3,0
Publiée le 19 août 2019
Que gagne Wilder à faire ce Spéciale Première 35 ans après La Dame du vendredi de Hawks, adapté de la même pièce de théâtre ? Les qualités (rythme, abattage des acteurs, qualité des dialogues) et les défauts (une excitation permanente et une certaine lassitude) sont les mêmes, à tel point qu’on a l’impression de voir une version en couleurs du film de Hawks, et plus généralement une resucée très tardive du cinéma hollywoodien des années 40. Un hommage un peu figé et stérile, qui s’étend à tous les aspects du film, du scénario à la réalisation, en passant par le jeu des acteurs et la photographie. Même la relation crypto-gay qui se noue à l’arrière-plan est traitée avec la lourdeur caricaturale qu’on attendrait d’un film beaucoup plus ancien. Ce n’est pas vraiment mauvais, disons que c’est une sorte de Musée Grévin de l’âge d’or hollywoodien.
this is my movies

823 abonnés 3 087 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 29 juin 2019
On peut légitimement parler ici de nouvelle adaptation plutôt que de remake, puisque le film de Hawks changeait le sexe du personnage de Hildy, ce dernier devenant donc une femme. Wilder, avec son fidèle complice I.A.L Diamond, reprend le duo imaginé pour la pièce de Ben Hecht et Charles MacArthur, avec un autre duo mythique : Jacl Lemmon et Walter Matthau. La dynamique reste la même, la romane en moins, Hildy étant cette fois sur le point de quitter la ville, le journal et Burns pour une jolie artiste de cabaret, incarnée par la jeune Susan Sarandon. Wilder est aussi très inspiré dans sa mise en scène, avec un bon rythme et une maîtrise des effets comiques toujours aussi renversante. Le duo de stars est aussi impeccable, chacun dans son style, avec une alchimie toujours aussi plaisante (10 films ensemble au total). Bref, de la bonne comédie, bien écrite et bien filmée. D'autres critiques sur thisismymovies.over-blog.com
coperhead
coperhead

36 abonnés 477 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 21 juillet 2018
Situé en 1929 ce film est une critique virulente de la presse à sensation et de ses journalistes ainsi que des gens au pouvoir comme le maire et le shérif . Mr Wilder réalise une comédie extraordinaire à un rythme effréné avec des dialogues juteux et une direction d'acteur sans pareil. Du vrai cinéma en quelque sorte comme on n'en fait plus...
roxburystyle
roxburystyle

6 abonnés 30 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 8 avril 2017
Une comédie légère et théâtrale à l'intrigue intelligente, amusante et haletante. Un excellent divertissement !
JR Les Iffs
JR Les Iffs

101 abonnés 1 151 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 24 janvier 2016
Très bon film sur le journalisme à l'américaine. Le film ne souffre pas du fait que le scénario soit tiré d'une pièce de théâtre à succès. Le film, sur une intrigue un peu secondaire mais sérieuse (la pendaison d'un meutrier) Wilder se plait à décrire un monde politico-journalistique avec les travers de ces deux types de profession. Réalisé à la perfection, sans temps mort, avec ce qu'il faut d'humour, de dérision, de dénonciation aussi d'un mode de fonctionnement, avec des acteurs tous excellents, Wilder crée là un film presque parfait.
tuco-ramirez
tuco-ramirez

166 abonnés 1 781 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 13 mai 2015
Exécution imminente d’un communiste dans les EU des 30’s ; une salle de presse donnant sur la cour de pendaison est aménager. Tous les journalistes des différents journaux locaux sont là pour couvrir l’événement. Un des journalistes phare décide à ce moment même de mettre un terme à son contrat pour suivre sa compagne. Son rédacteur en chef va essayer de tout mettre en œuvre pour qu’il couvre au moins cet événement avant son départ.
Billy Wilder associé avec le scénariste I.A.L. Diamond ; c’est du grand classique depuis les années 40. Billy Wilder est ici sur la fin de sa carrière et réalise une comédie nerveuse… légèrement datée mais maline, bien écrite et rythmé. Le réalisateur de plusieurs chefs d’œuvre prouve qu’il en a encore sous le pied malgré l’âge. Le style de la très bavarde screwball comedy des 30’ offre un film alerte même si la mise en place, un quart d’heure, est un peu confuse (trop d’informations) et à la limite de l’indigeste. Dans un second temps, lorsque tout est mis en place on prend du plaisir à voir jouer tous ces vieux loups de la comédie dont le duo connu et reconnu Matthau – Lemmond. Gentiment caustique, il allume les journalistes « pisseurs de copie », la peine de mort, l’anti communisme,… Une tribu aussi de personnage haut en couleur parcourt le film dont une mention spéciale à la séquence, pour moi mythique, mettant aux prises le condamné à mort à un psychiatre autrichien très freudien…
A la même époque sortait « le parrain », « chinatown »… ce film fait daté au regard de la production contemporaine, mais Wilder offre un film plaisant avec un rythme haletant et une maitrise parfaite du timing de la comédie.
A voir pour les amateurs de comédie de l’âge d’or
weihnachtsmann

1 618 abonnés 5 732 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 12 mai 2015
Excellent film comique avec des dialogues hilarants: "je refuserais de couvrir le dernier repas du Christ même s'il se passait chez Maxims"!!!!! L'histoire est drôle et l'on retrouve un Jack Lemmon toujours excellent. Même si c'est abusé de comparer les deux, je préfère largement ce traitement du métier de journaliste aux "hommes du président" par exemple, trop sérieux, trop technique. Ici la verve comique est partout, également dans les acteurs eux-mêmes, plus que dans les personnages. Attention à la dernière scène!!!! On ne s'y attend vraiment pas.......
djeff17
djeff17

5 abonnés 173 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 7 mai 2015
S’agirait-il là d’humour au second degré, d’une caricature ironique des pires comédies de Hollywood ? Hélas, non ! C’est bien à prendre au pied de la lettre. Billy WILDER a signé avec ce film un monument d’imbécillité, auprès duquel Alfred JARRY et son Ubu Roi paraissent un sommet de finesse et d’élégance facétieuse. La présence d’un Walter MATTHAU finissant, qui fait consciencieusement son métier, et d’une Susan SARANDON débutante, qui ne fait que de la figuration, n’y peut rien.
Cette mauvaise farce, digne de potaches (redoublants), est nullissime. Au fait, qu’y-a-t-il ce soir à la télé ?
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