https://leschroniquesdecliffhanger.com/2022/10/18/beetljuice-critique/
Beetljuice est l’opus qui va installer l’univers Tim Burton, entre une poésie très fantasque, une fantasmagorie parfois morbide, et un humour cynique cinglant. C’est la féérie à l’état brut, la glorification du désuet, pour les débuts du génie.
Très vite, dans Beetljuice, l’ambiance baroque, parfois un peu foutraque prédomine. Le désespoir des apprentis spectres gentils est une joyeuse rigolade. Les morts s’en prennent aux vivants, non pas car de fait, le fantôme serait un être malfaisant, qui a décidé de hanter les lieux et les âmes. Le paradigme est ici que les fantômes sont toujours aussi cools et chouettes que de leur vivant, et qu’ils vont entreprendre de pourrir la vie à des mortels, qui eux sont pénibles.
La magie est ultra présente, notamment à l’arrivée de Beetljuice, à mi-parcours du film. Sa folie est contagieuse, et à lui seul c’est un gros délire, ce qu’il raconte, sa gestuelle, sa magie clownesque, qui est dantesque. A l’image de la chorégraphie calypso maboule et étourdissante autour du repas, qui est ultra jouissive et assez inoubliable. Avec lui, c’est toute la mise en scène qui va suivre, dans une orgie de bizarreries et des véritables tableaux qui prennent et surprennent dans un rythme ultra soutenu et toujours étonnant. La musique du compagnon de route de Burton, Danny Elfman est une parfaite accompagnatrice dans cette alternance comique et horrifique.
Au final, Beetljuice est une énorme farce, un délire absolu, qui en recontextualisant a rencontré son public, qui ne s’attendait pas à ça, tant l’émergence de l’univers de Burton est surprenant de folie et bluffant de créativité. C’est du brut et se regarde comme une œuvre pionnière, premier marqueur d’une géniale folie joyeuse et qui nous fait tant rêver, encore aujourd’hui.