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La confirmation que les femmes préfèrent les salauds. La confirmation aussi que le paradigme du réalisme poétique torpille vraiment l'intérêt de la production cinématographique française des années 30. Perso, j'en ai plein les bottes de cet espèce de fatalité amoureuse qui assassine tout suspense. Dès que l'on découvre l'affiche, on devine que Toni va, passez-moi l'expression, déguster sévère, ramant inutilement à contre-courant de sa triste destinée. Le chemin de croix de Jésus, à côté, c'était presque Disneyland Paris. Il faut croire que le public de l'époque en a eu aussi ras la casquette, lui qui a boudé le film à sa sortie. J'aimerais pouvoir endosser la robe d'avocat de la défense, et mettre en avant la touche pagnolesque, ou encore reconnaître l'intérêt historique d'une telle œuvre, réalisée 30 ans après les émeutes anti-italiennes d'Aigues-Mortes. Mais non. Le background provençal se limite à l'accent chantant de Toni, aussi italien que moi je suis norvégien, et à la pinède omniprésente. La question de l'immigration italienne est traitée de la plus superficielle des façons qui soit, le fond xénophobe de la France rurale est complètement escamoté. Pas ma tasse de thé donc, malgré le prestigieux sceau de Renoir.
Ajoutée le 20 mars 2012 à 20h46 Signaler un abus
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