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Vingt ans après l'avoir vu au cinéma, ce film ne me quitte toujours pas. Régis Wargnier a signé là son chef-d'oeuvre qu'il n'a jamais égalé depuis. Dominique Blanc n'a jamais plus été aussi bien filmée ; Régis Wargnier aime les femmes, Régis Wargnier n'est pas insensible à la beauté intemporelle de Dominique Blanc, et ça se voit. Ce film, étroitement resserré sur ses quatre personnages principaux, dégage une atmosphère étouffante entre ces deux enfants orphelins, l'un de mère, l'autre de père et ces deux adultes qui se trouvent par hasard et qui resteront aveugles au duel à mort des enfants. Les enfants ; parfaitement coachés, très bien dirigés (trop parfois ?), d'une justesse incroyable ; et dire qu'ils ne sont jamais revenus devant ou autour de la caméra... la relation des personnages est étrange, entre répulsion et attirance ; incapables de s'aimer, dans l'impossibilité de se haïr. Un film sur le fil du rasoir, qui sait ne pas tomber dans le mélo ni dans la surenchère. Jusqu'au dernier moment, il est impossible de savoir si l'on va vers une cicatrisation des blessures des uns et des autres ou vers un drame. Le final est poingnant comme un opéra. Opéra. On y vient. Il n'y a pas quatre personnages, il y en a cinq : la musique de Prokofiev vient s'enchâsser dans l'histoire d'une façon si intime qu'il serait impossible au film d'exister sans cette bande son. Dominique Blanc est sublime, merveilleuse, magnifique ; elle est une actrice immense, bien sûr ; mais dans ce film, elle est plus que cela. Jean Rochefort démontre encore sa maîtrise parfaite de son art ; la scène où il tente de retenir le personnage de Dominique Blanc est anthologique. Bref, voilà un "petit film" peu connu, mais qui marquera non seulement la carrière de Régis Wargnier, mais plus largement le cinéma français du... siècle dernier.
Ajoutée le 05 août 2011 à 00h26 Signaler un abus
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