L'un des meilleurs films de l'an dernier sort en DVD et l'on ne peut que s'en réjouir. En plein conflit israëlo-palestinien, un couple s'aime, mais chacun habite d'un côté, l'un à Jérusalem, l'autre à Ramallah. Ils ne peuvent donc se rencontrer qu'au check-point. Etant palestinien, le film de Souleiman est obligatoirement engagé, mais il faut voir avec quel recul, avec quelle ironie il fait passer un discours d'un humanisme certain, préférant mettre en évidence l'absurdité des événements. Pour cela, il utilise la plus belle des armes, l'humour. Souleiman pourrait se situer en plein centre d'un triangle équilatéral dont les trois pointes seraient Jacques Tati, Nanni Moretti et Buster Keaton, tant dans la mise en scène, le propos, l'utilisation de la première personne pour traiter des questions universelles et la manière de mettre en scène sa propre personne.
Un film prétentieux et démago qui m'a exaspéré. Je suis choqué de voir un tel consensus autour de ce film complaisant et narcissique sous prétexte qu'il ose aborder le grave problème palestinien. Complaisant au possible, Elia Suleiman aime se regarder en train de regarder l'absurdité du conflit. La vérité n'existe que dans son regard, et manifestement, elle est empreinte d'un simplisme assez dangereux. Détestable.