Blissfully yours
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    Arthur de Bussy
    Arthur de Bussy

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      2.5 - Moyen

    J'aurais dû lire les propos qu'A. Weerasethakul avait tenus à Cannes lors de la projection de son film avant de le visionner... Si «Blissfully Yours» est un bon long métrage à défaut d'être un chef-d'oeuvre, mon malheur est que j'en attendais manifestement trop. Il s'agit avant tout d'un film simple et limpide qui évoque 2 heures durant le sentiment de félicité que peuvent avoir des gens comme vous et moi un jour ensoleillé au coeur de la nature, au gré de leurs ébats sexuels. Et ça s'arrête plus ou moins là. Je ne peux que louer le talent de réalisateur du cinéaste thaïlandais : ses cadrages sont très maîtrisés et surtout son sens du rythme est prodigieux! C'est même paradoxalement la 1ère partie qui m'a le plus fasciné : sa façon de filmer est telle qu'il a réussi à me captiver avec des scènes pourtant pas transcendantes en soi! Le résultat est vraiment impressionnant et plein de vie (tout comme pour «Tropical Malady» d'ailleurs)! Idem, la rupture au centre de son long métrage est une fois de plus excellemment bien amenée, harmonieuse et subtile. Par contre la 2e partie, supposée contemplative, m'a nettement moins enchanté... Tout comme chez Naomi Kawase, les images de «Blissfully Yours» sont très belles mais elles paraissent parfois artificielles... A. Weerasethakul ne s'arrête jamais véritablement sur la nature, il préfère filmer ses personnages (comme un certain Tsai Ming-Liang), et ce sont ces séquences qui sont véritablement contemplatives. Quand il filme une rivière de près, il filme l'action de son personnage en train de la regarder, pas la beauté du cours d'eau en lui-même. Dans «Le Déjeuner Sur l'Herbe» de Renoir la beauté de la nature constituait l'écho du désir et de l'acte sexuel, démultipliant d'autant plus son intensité et la sensualité extraordinaire de son long métrage. Ici le thaïlandais montre l'acte sexuel frontalement, enlève tout mystère à la chose et en un sens à la jungle, qui se résume alors presque à un décor. Dommage, car le reste est très bon. [2/4] http://artetpoiesis.blogspot.fr/

    Ajoutée le 20 mai 2012 à 12h20
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    Clingo
    Clingo

    28 abonnés | Lire ses 109 critiques |

      4.5 - Excellent

    L'ivre de la jungle. La fascination émerveillée qu'éprouve le spectateur devant Blissfully Yours est la même que celle qu'il ressent devant Tropical Malady. La différence réside sûrement dans le fait que le Prix du Jury cannois en 2004 est un film beaucoup plus intrigant et mystique, alors que Blissfully Yours joue plus sur une approche physique, et moins sur un aspect cérébral ou mental. Les autres points communs, c'est la segmentation des deux films en parties distinctes, et le fait que dans les deux cas, la dernière partie se situe dans la jungle. Deux chapitres, mais toujours la même approche formelle, rien qui dans la plastique du film et le traitement esthétique ne différencie réellement les parties en question. Blissfully Yours, dès son ouverture, présente un corps malade. Mais il est inactif, passif plutôt qu'agissant sur le reste. La puissance du film se trouve dans cette manière qu'il a de maintenir un rythme extrêmement lent, d'installer une certaine langueur, pour peu à peu marquer totalement le spectateur, et lui faire ressentir des sensations proches de celles des personnages. Quand les corps s'agitent ( enfin ), que la sensualité s'exprime à l'écran, le spectateur expérimente une sensation rare au cinéma, l'impression d'être en osmose avec les personnages et d'être avec eux dans leur environnement. Pour cela, il aura fallu toute une première partie que certains qualifieront d'ennuyeuse ( on peut les comprendre ) et que d'autres verront les yeux écarquillés et la bouche bée ( on les comprend, et on les applaudit ). C'est qu'il y a une chose d'incroyable qui se joue dans les premières quarante minutes de Blissfully, une audace cinématographique qui donne tout simplement du plaisir au spectateur. Weerasethakul filme ce que très peu de réalisateurs pourraient filmer, soit la quotidienneté, le geste qu'on ne montre pas au cinéma parce qu'il n'est pas " cinégénique ". Le thaïlandais multiplie les plans-séquences pour imprimer ce rythme si particulier au film, fait le choix de montrer des faits et événements qui n'ont rien de particulier puisque dans la vie il y a aussi des faits et des événements qui n'ont rien de particulier. Le cinéma de Weerasethakul, entre autres, c'est un peu comme si le montage en était exclu. En gros, on ne coupe pas les potentielles séquences moins " intéressantes ", on laisse tourner, inlassablement. Plus qu'une direction vers un type de cinéma, ce que fait Weerasethakul ressemble à une redéfinition même du septième art. Le réalisateur thaïlandais réinvente tout, y compris le cinéma du sexe. Les séquences de forêt où les différents couples couchent ensemble seraient pornographiques ailleurs. Ici, il y a une beauté qui émane des scènes de sexe, en même temps qu'une sensualité et une délicatesse éloignées du cinéma X. Et si cette approche inédite est possible, c'est bien sûr parce que toute la première partie a pris son temps, celui d'installer une ambiance posée et d'instaurer un rythme proprement naturaliste. En une heure de film ( la seconde partie donc ), Blissfully Yours nous plonge dans un état de plénitude absolue. Une heure, aussi peu que ça. Mais on le sait bien, dans la jungle ou ailleurs, il en faut peu pour être heureux...

    Ajoutée le 21 déc. 2011 à 23h43
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    SO.so
    SO.so

    1 abonné | Lire ses 17 critiques |

      5 - Chef d'oeuvre

    Belle mise en scène, Apichatpong est très doué pour filmer les mystères de la nature et les sentiments des personnages. Il célèbre les joies de la nature et part à la rencontre de nouvelles sensations cinématographiques. La poésie accompagne les personnages lors de scènes qui touchent le sublime, notamment au bord de l'eau où le jeune couple (re)découvre les plaisirs de la nature. Le thème de la métamorphose est récurrent dans l'oeuvre de ce cinéaste thaïlandais imprégné de la culture bouddhiste (voir Tropical Malady et Oncle Boonmee). La réincarnation apparaît dans ce fiilm chez le jeune héros qui perd sa peau comme un véritable serpent tout droit sorti de cette forêt mystérieuse. Weerasethakul est un alchimiste qui réussit à mêler les ingrédients du mystère et ceux de la beauté. On entend même les échos de Michelangelo Antonioni dont l'approche ressemble étonnamment à celle de ce jeune réalisateur qui nous invite à contempler cet étrange film.

    Ajoutée le 03 juil. 2010 à 15h07
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    Ancien utilisateur
    Ancien utilisateur

      2.5 - Moyen

    J'aurais du lire les propos qu'A. Weerasethakul avait tenus à Cannes lors de la projection de son film avant de le visionner... Si «Blissfully Yours» est un bon long métrage à défaut d'être un chef-d'oeuvre, mon malheur est que j'en attendais manifestement trop. Il s'agit avant tout d'un film simple et limpide qui évoque 2 heures durant le sentiment de félicité que peuvent avoir des gens comme vous et moi un jour ensoleillé au coeur de la nature, au gré de leurs ébats sexuels. Et ça s'arrête plus ou moins là. Je ne peux que louer le talent de réalisateur du cinéaste thaïlandais : ses cadrages sont très maîtrisés et surtout son sens du rythme est prodigieux! C'est même paradoxalement la 1ère partie qui m'a le plus fasciné : sa façon de filmer est telle qu'il a réussi à me captiver avec des scènes pourtant pas transcendantes en soi! Le résultat est vraiment impressionnant et plein de vie (tout comme pour «Tropical Malady» d'ailleurs)! Idem, la rupture au centre de son long métrage est une fois de plus excellemment bien amenée, harmonieuse et subtile. Par contre la 2e partie, supposée contemplative, m'a nettement moins enchanté... Tout comme chez Naomi Kawase, les images de «Blissfully Yours» sont très belles mais elles paraissent parfois artificielles... A. Weerasethakul ne s'arrête jamais véritablement sur la nature, il préfère filmer ses personnages (comme un certain Tsai Ming-Liang), et ce sont ces séquences qui sont véritablement contemplatives. Quand il filme une rivière de près, il filme l'action de son personnage en train de la regarder, pas la beauté du cours d'eau en lui-même. Dans «Le Déjeuner Sur l'Herbe» de Renoir la beauté de la nature constituait l'écho du désir et de l'acte sexuel, démultipliant d'autant plus son intensité et la sensualité extraordinaire de son long métrage. Ici le thaïlandais montre l'acte sexuel frontalement, enlève tout mystère à la chose et en un sens à la jungle, qui se résume alors presque à un décor. Dommage, car le reste est très bon. [2/4]

    Ajoutée le 16 juin 2010 à 15h55
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    La_Mort_Dans_L_Oeil
    La_Mort_Dans_L_Oeil

    10 abonnés | Lire ses 317 critiques |

      4 - Très bien

    entre vidéo expérimentale et documentaire - Min, un jeune homme Birman, clandestin, chemise ouverte, centre de toutes les attentions, des désirs - application de crèmes, soins - Roong, jeune ouvrière qui attend impatiemment, argent, mensonges, absentéisme - Orn, propriétaire d'une pension, qui voit sa séduction et son envie d'enfant s'éloigner avec l'âge, pilules pour dormir - clairière rime avec adultère - première partie - un après-midi, on part en excursion - caméra embarquée sur la plage arrière de la voiture, trajet pour se rendre dans la jungle - générique - on arrête la voiture, on continue à pied, à travers la forêt, jusqu’au promontoire - panorama extraordinaire - élargissement inouï, ravissement lumineux - pique nique au bord du monde - fourmis rouges sur la couverture, dans les sacs plastiques pour transporter la nourriture - des fruits, du porc grillé - cueillette de baies sauvages - baisers, attouchements, pieds dans l’eau, baignade en sous-vêtements, fellation observée en cachette - masturbation - on verse une larme, soleil dans les yeux, passage des nuages, trouées des rayons entre les feuilles des arbres - plus rien, seulement les bruits de la jungle - les reflets - l’onde mouvante - l'aura - langueur de la durée - sensations - dans ses pensées - extase

    Ajoutée le 13 juin 2010 à 16h47
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    BenLCDC
    BenLCDC

    24 abonnés | Lire ses 302 critiques |

      5 - Chef d'oeuvre

    Œuvre contemplative, ce film est avant tout autre chose une ode à la nature, elle capable de ramener l'Homme à sa genèse. Blissfully yours est une force naturelle expressive qui dépeint les sentiments humains avec raffinement et beauté, tout en étant paradoxalement explicite. Un OVNI cinématographique bienvenue qui laisse bouche bée.

    Ajoutée le 22 mai 2010 à 18h27
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    Parkko
    Parkko

    32 abonnés | Lire ses 1416 critiques |

      0.5 - Nul

    Ce film est une sorte de caricature. "Un certain regard" à Cannes voit parfois passer des jolis films, et on se retrouve au contraire avec d'autres films de ce genre. Pour moi, il n y a quasiment rien à sauver dans ce film. La première partie est complètement inintéressante. J'ai eu l'impression que les personnages n'arrêtaient pas de parler pour ne rien dire. Ils sont là, et discutent entre eux, comme si le réalisateur avait oublié que des gens allaient regarder son film. La seconde partie, est presque pire, dans le sens où pour le coup les personnes n'ont plus rien à dire, tellement il n y a pas d'histoire. La réalisation se veut contemplative... Mais de quoi ? La photographie n'est même pas belle, et regarder pendant cinq minutes le même plan, sans qu'il ne se passe absolument rien, autant prendre mon livre d'image. Ce que je reproche le plus à ce film c'est que c'est un film qui ne repose sur rien. Il n y a aucun scénario, aucun réel intérêt pour ma part, et la réalisation ne parvient pas à faire quelque chose avec cet absence de tout. En gros c'est un film pseudo intellectuel, sur lesquels des gens crieront au génie car il ne se passe rien mais que c'est tellement beau tout ça (ou tellement chiant, restons honnête). On dit que quand on a rien à dire on se tait. Ça devrait être pareil avec le cinéma.

    Ajoutée le 12 mars 2010 à 18h52
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    gimliamideselfes
    gimliamideselfes

    181 abonnés | Lire ses 2244 critiques |

      3 - Pas mal

    Ce film m'ennui profondément, pas au sens où je me suis ennuyé, mais je suis ennuyé car je ne sais pas quoi en penser (phrase tordue je le conçois). Tout d'abord il faut dire que je suis déçu, je m'attendais à de longs plans contemplatifs et ceci dès le début, bon je ne vais pas dire que c'est surdécoupé, mais ça parle beaucoup, et pour pas dire grand chose durant les trois premiers quarts d'heures. De plus je n'ai rien compris à l'histoire, en regardant le synopsis à l'instant je me suis dit : "ah ouais ? ça racontait quelque chose ce film ?" Mais les plans de ce prégénérique ne sont pas beaux je dois dire, j'ai pas l'impression qu'il y a un réel travail dessus, c'est pas laid non plus, mais un goût d'inachevé vient me gâcher l'expérience. Puis vient la seconde partie plus contemplative où le désir sexuel est partout, mais même lorsque c'est sous entendu le réalisateur en fait trop. Et lorsque c'est montré c'est pire. Je veux dire le réalisateur n'arrive pas à choisir entre une réalisation onirique, belle et quelque chose d'austère, de limite coupable, il est entre les deux. Change sans raison, passe de l'un à l'autre… Et ne réussissant vraiment ni l'un ni l'autre, sauf peut-être lors des derniers plans. Mais je regarde des films contemplatifs pour espérer voir LE plan, le plan que je pourrai regarder ad vitam eternam, or je n'ai point trouvé ça ici. Certains plans sont tout ce qu'il y a de plus calme, l'eau qui coule, mais le réal encore une fois arrive et stresse tout ce monde, en mettant des personnages tendus, qui tirent une tronche pas possible, je trouve ça frustrant, l'eau qui coule c'est relaxant, ça détend, mais pas chez lui, dans ce film c'est limite un calvaire. Et puis les personnages s'agitent sans cesse, ils ne prennent pas le temps de prendre le temps, d'être lent et gracieux… Après c'est pas laid, c'est déconcertant, rarement hypnotique malheureusement, pas ennuyant si on sait ou poser ses yeux, mais ça manque de maîtrise tout ça.

    Ajoutée le 08 févr. 2010 à 02h01
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    Tanezir
    Tanezir

    14 abonnés | Lire ses 573 critiques |

      5 - Chef d'oeuvre

    Le contemplatif dans toute sa splendeur. Il n’y a pas vraiment d’histoire, de trame ni quoique ce soit. On suit la journée de trois personnes normales. Le début commence soft pour toute personne non habituée, le générique de début de présentation vient quarante-cinq minutes après le début, début qui commence assez brutalement par rapport au rythme du film j’ai trouvé. Franchement si certains trouvent ce film ennuyeux je peux comprendre mais moi je trouve que justement ce rythme est excellent, le film nous berce pendant toute sa durée. Le seul truc dommage c’est que la photographie du film ne soit pas terrible. Cela enlève quelque chose aux magnifiques panoramas.

    Ajoutée le 07 févr. 2010 à 22h41
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    Ancien utilisateur
    Ancien utilisateur

      4 - Très bien

    On suit donc le parcours de trois personnages, Min, immigré clandestin birman, Roong, sa copine, et Orn, une femme engagée par Roong pour prendre soin de Min. Le film nous les montre, le temps d'une journée, à la recherche d'un bonheur qu'ils ne connaissent pas, ou qu'ils ne connaissent plus. C'est une escapade, un retrait, un voyage dans la nature, loin de leur vie de tous les jours. C'est en ce sens très proche de Rozier, mais contrairement à ce dernier, il n'y a plus de retour possible, pas d'achèvement de ce bonheur, pas de renvoi à la réalité. Plus on avance à l'intérieur de la diégèse, plus on s'approche d'un point de non-retour - le générique ? la séquence dans la rivière ? les scènes de sexe ? ce plan extrordinaire où, séparés d'un bosquet au bord de l'eau, reposent les corps des trois protagonistes ? Je ne saurais pas vraiment dire. Weerasethakul, en même temps d'enfoncer ses personnages au plus profond de la jungle thaïlandaise, les élève, et nous élève par la même occasion, vers un état idéal, dont l'harmonie des corps entre eux et avec les éléments constitue le secret principal. Blissfully Yours est un film en quatre dimensions. C'est un nouveau référentiel, qui impose au spectateur ses notions propres d'espace et de temps. C'est un véritable objet métaphysique qui transcende le spectateur et le porte aussi loin dans la béatitude que le font le sexe ou la nature pour ses personnages.

    Ajoutée le 10 janv. 2009 à 21h53
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