Déjà à ses début, Martin Scorsese se démarquait des autres, il nous suffit pour cela de voir son quatrième film, ou plutôt court-métrage sobrement intitulé Le Grand Rasage (1967).
Ce qui est sur c’est que l’on ne s’attend pas à voir un tel « massacre ». En effet, on se retrouve dans une salle de bain lambda, où seul le blanc (couleur principal de la pièce) ressort de façon à marquer les esprits sur ce qui va suivre juste après. Un homme, face à sa glace, se rase consciencieusement, rien ne peut le perturber. Une musique jazzy en fond ne nous permet pas d’imaginer l’atroce séquence qui va suivre et pourtant, après s’être complètement rasé, l’homme va recommencer une seconde fois, mais cette fois-ci, il va s’entailler intentionnellement le visage, faisant par la même occasion, jaillir un flot imperturbable d’hémoglobine. Le lavabo aussi blanc que toute la pièce, se peint petit à petit de rouge, l’homme aussi devient immaculé, comme si il revenait de la guerre. La guerre, tient parlons en de celle là, puisqu’à cette époque il y en avait une qui a marqué les esprits, celle du Vietnam (1959 - 1975), on fait facilement le rapprochement quant on lit au générique de fin « Viet 67 », ainsi on comprend qu’il s’agit là d’une réponse directe du cinéaste envers cette terrible guerre, à voir cet homme innocent se couvrir de sang sans même réagir à la douleur, en à peine 6 minutes, Scorsese aura réussit à transformer un geste quotidien en une séance de torture, tel un suicide (quant il s’égorge avec le rasoir), le tout orchestré par un homme à l’abandon, impuissant et qui , aussi bizarre que cela puisse paraître, ne laisse paraître aucune émotion.
Un court métrage stupéfiant à ne pas laisser entre toutes les mains !