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Yasujirô Rilke
272 abonnés
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4,0
Publiée le 9 juin 2007
Premier film de Martin Scorsese, «The Big Shave» (USA, 1967) est une virulente métaphore du conflit américain au Viêt-nâm. Ouverture parfaite sur une salle de bain blanchis, nette et propre. C’est là l’éclat parfait de l’image des Etats-Unis dans le monde. Vient un homme mannequin, au visage carré. Il s’introduit au sein de cette perfection et s’harmonise avec elle, produisant une image avenante digne d’une publicité. Accompagné par la réalisation volontaire de Scorsese, l’apparence aguicheuse de l’image et de son montage signale la métaphore d’une Amérique immaculée. Pub pour un rasage ? Scorsese n’en reste pas là bien longtemps. Très vite il attise un nouvel élan à son court-métrage. Suite au rasage premier suffisant, l’homme se couvre une deuxième fois de mousse. Et le rasoir frôle encore le visage de cette Amérique. Fiérot de sa stature dominante, l’homme-Amérique en veut plus. Et plus il en veut et plus le rasoir scarifie ses traits du visage. Simple percée dans le corps américain, très vite il est noyé par sa propre destruction. L’envoi des troupes américaines au Viêt-nâm est un suicide volontaire, c’est la métaphore menée par Scorcese dans cette première vision de son cinéma. Violence stylisée déjà, choc politique, le cinéaste italo-américain use des principes cinématographiques les plus simples pour fournir une œuvre intéressante et un point d’origine ouvert du cinéma scorsesien. Le sang qui coule le long du corps de l’homme, lors du dernier plan forme les bandes du drapeau américain. Le drapeau alors constitué de sang figure l’embourbement de l’armée américaine dans la mort guerrière. Mais l’Amérique s’en fiche, Scorsese le sait/sent puisque l’homme dépose délicatement son rasoir au côté du lavabo et de la marre de sang déversée. Premier court-métrage emprunt d’un style virulent, «The Big Shave» de Scorsese saigne l’Amérique.
Vachement marquant, ce film. Comment mieux analyser "The Big Shave" que l'expliquer par le fait que ce film est une virulente critique de la guerre du Vietnam ? Un homme se rase, proprement, sur fond de musique jazzy, puis se coupe, continue de se raser, se taillade le visage, laissant le sang couler à flot. Imperturbable scéne d'autodestruction, de même que la politique extéieure américaine de l'époque. Une des plus grandes et fortes oeuvres de Scorcese. Marquant.
Excellent court métrage de Scorsese! The big shave est le troisième court métrage de son auteur, et son meilleur. Forcément, Hitchcock a influencé Marty, la scène de la douche de Psychose est tout aussi terrifiante que ce court métrage. Une idée de génie, de l'hémoglobine plein le planché, The big shave est assez choquant du fait de sa violence graphique. Pour l'anecdote, Spielberg rencontra Scorsese à la fin des années 60, à une soirée ou était projeté The big shave, et après la projection, la première chose que Spielberg dit à Scorsese c'est " Qu'est ce que tu as utilisé pour faire le sang? " Qand les grands esprits se rencontrent...
Réalisé par Martin Scorsese en 1967, "The Big Shave" est un court-métrage d'un peu moins de six minutes se posant telle une réponse directe à cette guerre du Vietnam qui a tant traumatisé le peuple américain. Bâti sans dialogues et avec un scénario minime (un homme entre dans sa salle de bains et se rase en se coupant à maintes reprises jusqu'à s'égorger), il s'agit surtout d'une expérience sensorielle rare doublée d'une riche métaphore des combats dans lesquels s'embourbèrent les Etats-Unis au fin fond de l'Asie. Sa durée très courte n'empêche pas les réactions : comment ne pas voir les éléments douloureux d'une nation meurtrie ? L'homme ne ressentant rien à toutes ces blessures représente parfaitement le manque d'esprit d'un gouvernement dépassé par les événements. Les plaies risquent de ne jamais se refermer pour toute une génération sous-entend le cinéaste, traduisant cet élément par un tranchage de gorge explicite. Le sang coulant est celui de l'innocence et les litres déversés gratuitement ne peuvent qu'être rapprochés à ceux recouvrant le Vietnam, qui assassiné, ne put que constater les ravages. Les illusions perdues viennent également à l'esprit lorsque l'on observe la quasi-absence de réaction de l'homme. L'hémoglobine, nouvel élément de son torse agit en conclusion, se rapportant au bilan de la guerre : de la violence et rien d'autre. Le robinet tentant d'évacuer les marques des blessures est le reflet direct d'un monde incapable de voir la vérité en face, telle qu'elle se présente et négligeant les problèmes importants. L'admiration est également grande devant la maîtrise technique, notamment dans le montage. L'alliance cadrage-découpage signale déjà la grande capacité de Scorsese à s'exprimer par ce moyen et l'utilisation de la musique, décalée, adoucissante et à la fois en rythme est complètement caractéristique de son cinéma.
Surement le plus connu des court-métrages de Scorsese. Certains y ont vu une allégorie contre le Viêt-Nam. Bien que cela lui fasse surement plaisir, pas sûre que cela soit intentionnel, ce serait bien le seule film où le cinéaste aurait affirmé une position politique. En tout cas le contre-pied de la musique crooner jazzy face aux images en font un chef d'oeuvre d'humour noir. Simple et efficace.
Court métrage intéressant qui nous montre une personne effectuant un geste quotidien. Martin Scorsese réussit habilement à rendre cette activité surprenante.
C'est en 1967 que Martin Scorsese commence sa carrière cinématographique, via ce court-métrage avec Peter Bernuth. Oui, il avait déjà une vie d'artiste avant sa rencontre avec Robert DeNiro! Même si ce petit film de 5 minutes n'est pas réellement le reflet de ce qu'adviendra son immense carrière, il cristallise en tout cas une ambiance d'horreur, mêlée à une nostalgie incongrue. Et que dire de ce personnage qui ne voit rien à redire à se raser jusqu'à se faire de profondes entailles? Bref, voici une exposition glauque d'une sublime Oeuvre à venir.
Excellent court-métrage ou dès les premières secondes en reconnait la pate du futur grand Scorsese. Film original et sanglant très bien filmée. Avec de belle images et une belle musique. Un très bon court métrage !