Sympathy for Mr. Vengeance
Note moyenne
3,6
4084 notes En savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné

204 critiques spectateurs

5
52 critiques
4
70 critiques
3
43 critiques
2
24 critiques
1
12 critiques
0
3 critiques
Trier par :
Les plus utiles Les plus récentes Membres avec le plus de critiques Membres avec le plus d'abonnés
anonyme
Un visiteur
1,5
Publiée le 5 janvier 2017
J'ai failli m'endormir tellement ce film était d'un ennui mortel, je m'attendais à un peu mieux mais après une heure ça devient statique puis on espère surtout que ça finira vite.
Shelby77
Shelby77

193 abonnés 1 538 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 19 septembre 2016
Critique de "Sympathy for mr vengeance".
Premier opus de la trilogie du réalisateur Park Chan Wook ayant pour thématique la vengeance, Sympathy for mr vengeance impose déjà son style sur le thème de la vengeance et la violence. L'histoire est simple et bien réalisée malgré un scénario inégal et un manque de rythme par moment. Les scènes de violence sont assez maîtrisées de manière à créer le malaise. Ça un film intéressant à voir, avec une ambiance spéciale, même si on est encore loin de ce que sera Old Boy plus tard. 3/5
Barry.L
Barry.L

37 abonnés 136 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 21 septembre 2016
Réalisé en 2003, "Sympathy for Mister Vengeance" représente parfaitement toute la vitalité de cette nouvelle vague coréenne. Depuis le début des années 2000, un groupe de jeunes réalisateurs émerge, parallèlement au développement économique de la Corée du Sud. Parmi ces réalisateurs, on retient surtout Bong Joon-ho et Park Chan-wook. Ce dernier avait connu un énorme succès en Corée du Sud avec son "Joint Security Area", en 2000. "Sympathy for Mister Vengeance" est aussi le premier opus de ce qu'on appelle la trilogie de la vengeance. Il sera suivi du mythique "Old Boy" en 2004 (complexe et passionnant) et de "Lady Vengeance" en 2005 (brouillon et douteux).

Aujourd'hui, on sait que Park Chan-wook est, globalement, un bon réalisateur. Son style, hystérique et violent est reconnaissable entre mille. Mais ici, c'est plutôt le remarquable scénario, signé par quatre scénaristes (pas moins) dont Park Chan-wook qui mérite d'être salué. Donc, de quoi s'agit-il? Ryu, un jeune sourd muet aux cheveux verts a une soeur gravement malade et n'a pas assez d'argent pour payer la coûteuse greffe de rein, susceptible de sauver sa soeur. Aidé de sa fiancée, il décide de kidnapper la fille d'un riche industriel, Park Dong-jin , pour exiger une rançon. Malheureusement, la fille meurt accidentellement noyée, en ayant échappée à la vigilance de Ryu. Park, après la découverte du corps de son enfant, poursuivra le jeune sourd et muet pour le tuer...

C'est vraiment un grand sujet qu'a trouvé le réalisateur. Ce qui frappe dans ce film, c'est la structure du récit, qui n'est pas banale. Deux parties: celle où l'on suit Ryu, en quête de rein (il ira jusqu'à se faire retirer un rein par des clandestins) puis, et c'est une véritable curiosité, celle où l'on suit plutôt Park, assoiffé de vengeance. Il y a manifestement une volonté de refuser à ses personnages le statut de "principal" ou de héros. Les hommes ici, sont prétexte à mettre en valeur le vrai héros du film: la vengeance. Tout est dans le très exemplaire titre du film: "Sympathy for Mister Vengance" ou comment les hommes sont absorbés par la vengeance. On a souvent vu ce thème traité au cinéma, mais alors que la revanche est superficielle, ici, cette dernière (qui ne s'apparente pas seulement à Park, mais aussi à Ryu, qui voudra se venger des voleurs d'organes et de Park, qui assassinera sa petite amie) se présente comme une sorte de mécanisme. Terrifiant. Comme si la représaille par le meurtre est la moindre des choses.Dans ce film, il faut se venger non pour se soulager mais bien pour se venger. Comme si la vengeance, en plus de faire partie de la vie quotidienne des personnages, est une force supérieure qui doit s'appliquer. Ainsi, Park Dong-jin après être tombé dans un désarroi profond, sera peu à peu transformé en vengeur impitoyable, davantage occupé à traquer Ryu qu'à honorer la mémoire de sa défunte fille. spoiler: Deux scènes d'autopsie: la première où Dong-jin contemple le corps de sa fille avec tristesse et dégoût. En ce sens Dong-jin est encore humain. Et la deuxième, où est disséqué le corps de la soeur de Ryu (qui s'est suicidée, horrifiée par ce qu'à fait son frère) devant un Dong-jin baillant et regardant sans aucune expression le corps de la morte
. La vengeance s'abat sur toutes les personnes et les pousse à commettre l'irreparable. C'est la grande différence entre réagir à la mort d'un proche par les larmes (et être humain) ou par la haine (le processus de déshumanisation commence et tuer est plus important qu'épier et se souvenir). Le film dresse un terrible constat : la haine se révèle plus forte que le pardon. spoiler: "Je sais que t'es un homme honnête. Donc tu comprends pourquoi je dois te tuer" dit Park à Ryu, au moment où ce dernier est à sa merci. A ce moment-là, les deux hommes sont au bord des larmes. Ryu a sans doute peur de la mort, et regrette (peut-être) de ne pas avoir vengé sa petite amie. Park est de nouveau humain car terrifié par ce qu'il va faire, il ne veut pas le faire. Mais pourquoi continuer ? Park, ici, n'est triste que parce qu'il va tuer Ryu, il semble même prendre en pitié le jeune homme aux cheveux verts. C'est parce que la vengeance doit s'appliquer que Park Dong-jin veut en finir avec le sourd-muet.
Tuer pour honorer Mr. Vengeance, non pour se soulager de la mort de sa fille. Discours quelque peu extrémiste ? Peut-être, mais Park Chan-wook déshumanise ses protagonistes . Et c'est la monumentale différence avec ''Lady Vengeance ''. Là où ''SfMV'' montrait des hommes détruits dont le destin (si majeur dans les tragédies grecques et latines) semblait avoir une plus grande importance que leur libre-arbitre, ''Lady Vengeance'' montrera, elle, une revanche insoutenable, mais où les bourreaux sont conscients de leurs actes, ont le choix et, pire que tout, prennent le temps de la réflexion. Entre violence aveugle du premier film et violence calculée et réfléchie du deuxième film, laquelle des deux est la pire ? Au spectateur de choisir, mais au moins, Mister V. s'intéresse à la fois aux victimes et aux bourreaux contrairement à Lady V. qui se focalise uniquement sur les vengeurs.

Enfin, il y a une question qu'on est en droit de ce poser : ce film n'est-il pas une apologie de la revanche ? Pour ma part, je suis contre cette idée. Tout comme le cycle des ''Atrides'', le film nous montre un aspect extrêmement pervers de la vengeance : l'effet domino ; Une vengeance en entraîne une autre (a et d tueront b, c voudra venger b en tuant d, mais a voudra tuer c pour venger d...) sans que cela trouve de fin. Sans que cela trouve de fin ? Faux. spoiler: Tout cela débouche sur la scène finale : tout le monde est vaincu. Il n'y a donc pas d'intérêt à se venger, puisque, tôt ou tard, on sera vaincu et déchu.


Superbe spirale infernale, acteurs excellents (ma préférence va quand même au très émouvant Song Kang-ho, dans le rôle de Pack, sans doute le meilleur acteur de la nouvelle vague coréenne, et qui le confirmera un an plus tard dans le génial ''Memories of murder'' de Bong Joon-ho), très bon scénario, mis-en scène tantôt brillante (certaines scènes sont étrangement belles comme celle où Park Dong-jin est installé dans la chambre de sa fille) tantôt exaspérante : pourquoi tant de gore et d'outrances et pourquoi refuser une certaine forme de classicisme ? Voici donc un film marquant, touchant par moment et une réflexion impitoyable sur la vengeance.
MaCultureGeek

1 161 abonnés 1 224 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 15 août 2016
Le cinéma coréen, c'est puissamment mon truc. Mais vraiment. J'adore. Chaque film est une découverte, une aventure; en fait, chaque film est un parfum de glace différent, une friandise encore inconnue. Et je m'en délecte jusqu'au bout; oui, j'en profite tant que ça dure, tant je sais pertinemment que l'effet ne sera plus le même une fois les deux heures passées. Car dès que le générique de fin s'annonce, j'ai cette certitude que la surprise est passée, et pour la première fois dans ma vie de cinéphile, je veux en rester à un seul visionnage pour garder un souvenir intact et parfait. Un peu comme Ted d'How I Met Your Mother, mais version films. Une surprise d'autant plus saisissante que je n'avais jamais vu de films de Park Chan-Wook; la trilogie de la vengeance, moi je ne connais pas. Pas de Old Boy, donc. Mais je ne le regrette pas; non, je ne le regrette pas parce qu'ayant commencé le truc dans l'ordre, je peux maintenant m'y plonger à pleines dents, comme le jeune morfal que je suis. Morfal mais pas trop. Parce qu'il y a des limites à la morfalitude. Alors, que dire de ce "Sympathy for Mr. Vengeance" qui fait tant couler d'encre? Paraît que c'est moins bon qu'Old Boy". J'en ai rien à carrer, j'ai pas encore vu "Old Boy". Mais ce jour viendra, c'est promis. Je disais donc que le métrage dont on parle aujourd'hui ( pas "Old Boy" hein ) est une grande surprise, et bien plus que cela, c'est assurément un grand film. Je comprends parfaitement que l'on puisse ne pas aimer, tant le film se perd parfois dans ses délires, avec un rythme aussi lent que mélancolique, mais c'est justement ce qui m'a plu. Parce que le métrage change de tout ce que l'on a pu faire dans le genre, hier comme aujourd'hui; Park Chan-Wook ne fait pas un sous Punisher, non, il cherche l'humanité dans les monstres, et explique, au final, qu'il n'est de monstres que ceux que l'on a construit. C'est la société qui pousse l'homme à faire des choses terribles pour tenter de contrôler sa vie à nouveau; devant le décès probable d'une soeur, l'injustice autour des tribunaux ou les pleurs d'un sdf sous la pluie, il n'est rien d'autre que le système pour tellement changer un homme qu'il est prêt à faire le mal pour sortir la tête de l'eau. Mais la vie est faîte d'une morale infaillible, et aussi vrai que notre personnage principal l'apprendra, ce sera surtout pour le spectateur l'occasion rêvée de s'attacher à un personnage qui nous ressemble, à un homme lambda porté par un très bon Shin Ha-Kyun. Geek par excellence, jeune perdu dans une société qui ne le comprend plus, c'est une profonde déchirure que de le suivre dans sa déchéance, de le voir sombrer dans le sadisme. Car bien plus qu'un homme en particulier, c'est l'humanité qui est remise en cause : sa nature bestiale, mauvaise et cupide, tout ce qu'il est prêt à faire pour son propre bien être au détriment du bonheur des autres, cet égoïsme qui lui est surement propre, ainsi que cette rage intérieure, toutes ces choses, tous ces thèmes sont rebattus avec talent et maîtrise. Certes, le film n'est pas exempt de tous défauts, et il se trouve quelques petits détails dans le scénario qui m'ont gêné, mais le tout est mené avec un tel rythme lourd, pesant, presque angoissant, que je ne pouvais que m'incliner devant le travail de si grands artistes. Forcément, la mise en scène ultra viscérale de Park Chan-Wook ajoute à ce côté presque glauque de l'oeuvre, oeuvre purement brutale et sans concession. Il faudrait également ajouter que la fin cloue littéralement son pauvre spectateur sur place, avec une morale en béton et une ironie terrible. Pas un chef-d'oeuvre, mais presque. Certes, le rythme est lent, mais la chute n'en est que plus dure, et l'atterrissage que plus douloureux.
Juliano
Juliano

17 abonnés 135 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 8 octobre 2018
Sans pardon pour leurs bourreaux, les misérables se noient dans la rivière des douleurs. La vengeance est une lame qui se plante froidement.
dagrey1
dagrey1

107 abonnés 655 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 13 mai 2016
"Sympathy for Mister vengeance" fait partie de la trilogie sur la vengeance de Park Wan Chook avec les films "Old Boy" et "Lady vengeance".

Ryu est un ouvrier sourd et muet, dont la soeur est en attente d'une opération chirurgicale. Son patron, Dongjin, est divorcé et père d'une petite fille. Young-Mi, la fiancée de Ryu, est une activiste gauchiste.
Ryu qui avait initialement pensé faire le don d'un rein à sa soeur n'est pas compatible. Il prend contact avec des trafiquants d'organe peu scrupuleux.
Lorsque Ryu perd son emploi et voit s'envoler les chances d'opération de sa soeur, Ryu lui propose de kidnapper la fille de Dongjin. La rançon somme versée permettrait de soigner la soeur de Ryu. Mais l'opération tourne au fiasco....

"Sympathy for Mister Vengeance" est un film dramatique qui réserve pourtant quelques moments drôles et originaux en dépit d'un scénario "noir charbon". Le film est parsemé de petits détails "drôlatiques" qui aboutissent souvent à des drames (l'handicapé près de la rivière, Ryu l'activiste qui distribue ses tracts, même la scène de "boucherie "dans l'atelier de trafics d'organe quand Ryu débarque peut faire rire alors qu'elle est ultra violente....).

Sur le fond, Park WC renvoie ses deux protagonistes dos à dos, montrant que ces 2 hommes , Ryu et le père de la fillette, animés pourtant de sentiments nobles au début du film et capables de tendresse avec les êtres aimés jusqu'au dénouement, en arrivent à commettre des monstruosités élaborés machiavéliquement et avec une détermination effrayante.

Le casting est bon. Y figure notamment Donna Bae ("a girl at my door", "the host"..), Song Kang Ho ("Snowpiercer", "Thirst", "Le bon la brute et le cinglé"," Memories of murder"...) et Shyn Ha-yun ("Thirst"...).

Ce film est assez représentatif du genre thriller coréen et de l'oeuvre de son réalisateur.
Vincent T.
Vincent T.

29 abonnés 134 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 2 avril 2016
C'est un polar noir, ultra-violent, poétique et profondément bouleversant. Park Chan Wook traite le parcours de la vengeance de sa naissance jusqu’à ses conséquences en passant par la morale, la rédemption et l’amour. Il mettra en scène des personnages complexes et une mise en scène viscérale via des plans chirurgicaux et réfléchis.
Sympathy for Mister Vengeance est sauvage et glaçant sur fond de lutte des classes, le réalisateur privilégie le réalisme avec une caméra fixe et les gros plans.
anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 17 mars 2016
Alors que le film a du mal à décoller (les personnages ne sont pas très bien introduits), le dénouement est particulièrement bien réussi, ce qui est important puisque c'est sur cet élément que nous allons rester à la fin du visionnage. L'irrégularité du rythme n'est pas vraiment justifiée, même si certaines techniques de réalisation (en rapport avec la surdité d'un des protagonistes) sont à relever.
Le thème de la vengeance est bien abordé, à voir si vous aimez le cinéma coréen.
(La prestation de Song Kang-ho m'a marqué, c'est un très bon acteur)
Eric C.

301 abonnés 2 275 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 2 mars 2016
Un cinéma à part à découvrir, qui au premier abord peu sembler brouillon, un peu sur joué et à l'esthétique approximative. Plus le film avance, plus on entre dans ce qui est un style, de narration, d'esthétisme, de jeu, fait de longs moments de silence. Film pesant, dérangeant, violent, sur le thème de la vengeance, avec des scènes assez dures mais étonnamment qui passent bien. Pas de morale bien définie, chaque protagoniste a ses raisons que l'on peut comprendre et il est difficile de désigner le mauvais car chacun est bon est mauvais à la fois. Le vrai mauvais est sans doute le concept même de vengeance qui entraîne le film dans un tourbillon de violence alors qu'au départ il n'y a que de l'amour et de la tendresse. Un film à découvrir, un des premiers de Bae Doona.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 29 juillet 2015
Très bon film. Pas très funky certes, mais le toujours excellent Song Kang Ho nous entraine dans cet histoire incroyablement réaliste et prenante sur thème de vengeance. Un cadrage assez fixe et stable mais vraiment très bon et original. Bandes son presque inexistante à l’exception de quelque percussions bruitistes mais cela renforce le réalisme et le malaise du film. Encore une fois Park Chan Wook nous montre qu'il est l'un des metteurs en scènes pionnier du cinéma Sud - Coréens.
elriad

518 abonnés 2 025 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 30 mai 2015
poursuivant mon cycle "cinéma sud-coréen", encore une belle leçon qui prouve toute la vitalité du cinéma de cette partie du Monde. La stylistique et l'esthétisme sont des marques de fabrique fortes et assumées, et même si ici la vengeance se situe plus dans un univers de misère sociale et de ressentiment politique, plus lent mais toujours aussi violent, "sympathy" for Mr Vengeance" prend le spectateur à la gorge avec son personnage sourd-muet à la chevelure verte. Constat cruel des différences de classe, les codes sud-coréens de la violence paroxystiques atteignent des degrés pour lesquels il est nécessaire d'avoir le cœur bien accroché. Aussi troublant que fascinant...
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 16 avril 2015
Je me suis pris une veritable claque tout simplement.
J'ai toujours admiré l'oeuvre de Park Chan-Wook regardant tout ses films sauf celui ci j'avais lu qu'il etait ennuyeux, moin bon, etc... Il est juste différent.
Rarement ressentit autant de réalisme dans un film je me suis completement sentit au coté des deux personnage principaux qui perdent leur proche, c'est juste terrible l'ambiance est malsaine avec un rythme lent, mais qui correspond au film, je conseil au ame sensible, film tres dur psychologiquement
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 19 novembre 2014
Sympathy for Mr. Vengeance est le premier long-métrage de la trilogie de Park Chan-wook consacrée à la vengeance. Il est souvent dans l’ombre des deux films qui l’ont suivi, ce qui est compréhensible étant donné le succès retentissant de Oldboy. Sympathy for Mr. Vengeance est un film qui détonne dans la trilogie. Pas d’humour prononcé, une certaine lenteur dans la progression de l’intrigue, une violence plus froide et peut-être moins esthétique, pas de musique omniprésente et des personnages bien moins exubérants. L’ambiance y est beaucoup plus malsaine que dans Oldboy ; le thème de la vengeance est exploité à froid, dans un silence parfois insoutenable. Il y a un détachement dans la mise en scène qui rend la cruauté d’autant plus dure à regarder, d’autant plus vraie aussi. La vengeance y est présentée comme un cycle dont on ne peut pas se dépêtrer. La schéma est moins manichéen que dans les deux autres films de la trilogie ; on ne parvient pas à identifier un véritable antagoniste, on comprend les actions et les motifs de tous les personnages. La virtuosité de Park Chan-wook, c’est peut-être justement de ne pas prendre parti, de laisser les spectateurs s’arranger avec leur conscience. Les personnages sont soumis à un cycle de violence qui les dépasse, dont ils sont les pantins plutôt que les agents. Le film interroge, expose, choque le spectateur, mais il ne le guide pas vers une moralité. Des questions se posent. Le film n’y répond pas. C’est à mon sens l’un des meilleurs films de Park Chan-wook ; finement orchestré, brillamment joué et particulièrement puissant quant au registre d’émotions auquel il soumet le spectateur. Il y a une scène dans un ascenseur où le protagoniste, Ryu, apprend (comprend ?) une nouvelle dévastatrice et où il ne peut montrer son désarroi et sa peine sans se mettre en danger. Il est obligé de rester de marbre et il ne se permet qu’un geste infime, douloureux. C’est une scène qui m’a profondément marquée. Ce n’est pas une scène violente. C’est une scène silencieuse, particulièrement puissante par ce qu’elle ne dit pas, ce qu’elle laisse comprendre. Sympathy for Mr. Vengeance, c’est ça. Les non-dits sont plus forts que la parole, la subtilité de la mise en scène la rend d’autant plus exquise. Oui, le film est extrêmement violent, il ne dissimule rien aux spectateurs à ce niveau, mais il me semble que la puissance du long-métrage émane bien plus des paroles qui ne sont pas prononcées (qui ne peuvent pas être prononcées dans certains cas) et du silence qui n'est pas meublé. Bref, un chef-d'oeuvre, un coup de poing, un tour force ; on n'en sort pas indemnes.
Jean B.
Jean B.

6 abonnés 50 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 7 octobre 2014
old boy étant mon film préféré, j'ai regardé sympathy for mr vengeance en sachant bien que ça serai pas aussi bien que sa grande soeur. j'avais raison mais ça reste tout de même un très bon film comme on n'en voit rarement. belle réal bon acteur et un joli scénario où tout repose sur une succession de mauvais timing qui entraine un crescendo dramatique... à voir !
anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 8 septembre 2014
Thriller moderne et violent, bien dans la veine de ce qu'on peut attendre des Coréens. Le scénario est exceptionnel et retourne l'histoire et les personnages littéralement dans tous les sens. Thriller très réaliste, l'opposition imagée entre riches et pauvres est intéréssante avec notamment Ryu, ouvrier sourd et muet travaillant dans une fonderie, elle-même détenue par un patron nanti.
Les meilleurs films de tous les temps
  • Meilleurs films
  • Meilleurs films selon la presse