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Shephard69
405 abonnés
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3,5
Publiée le 22 juin 2014
Un court-métrage au montage surprenant et audacieux puisque l'œuvre prend l'allure d'un roman photo, au récit sombre, presque désespéré qui pose idéalement les jalons pour le chef d'œuvre de Terry Gilliam que sera "L'armée des douze singes". Un bon film dans l'ensemble même si le rythme est un peu trop lent.
L'attraction de ce film tient au fait que le scénario a servi de base au film "l'armée des 12 singes". A part ça, ce film qui est plutôt un album diapositive qui est long, avec beaucoup d'images fixes sur fond de musique classique et une voix off lancinante. Un ovni cinématographique qui ne mérite pas le détour.
En voilà un court métrage atypique constitué comme un roman photo narrant une histoire post-apocalyptique et de remontée dans le temps et le tout survolé par une voix off et une musique sombre. Le concept est osé car pas forcément des plus cinématographique mais je dois admettre, dans le cas présent, qu'il ne m'a ni emballé, ni repoussé. L'histoire est forte mais ne présente pas vraiment de surprises et débouche sur une fin que l'on voit arriver de loin. Le principal défaut de "La jetée" vient principalement de l'absence d'une quelconque émotion, ambiance. Trop froid, pas assez percutant. Des défauts surmrent dû justement à cette enchainement de photographies qui ne véhiculent rien. Cependant, ce film expérimental se regarde facilement, sans ennuie.
Petit film terriblement particulier et fascinant, "La Jetée" est à la fois un film de cinéma et un roman-photo, pour devenir un assemblage unique d'images, de mots et de sons. Chris Marker réussit à donner de la présence à ces photos, d'une manière presque miraculeuse. Cette forme expérimenale n'est pas gratuite, puisque le scénario travailler profondément ces idées de présence et d'absence, de passé et de présent, de vie et et de mort. Ce travail sur le regard (thème ô combien cinématographique) est travaillé avec une précision étonnante, il devient difficile de ne pas croire que les images ne sont pas animées.
Bien sûr, impossible de ne pas penser au Vertigo hitchcockien avec la référence au séquoia. Marker se réapproprie la thématique de son modèle, l'obsession pour une image féminine du passé, obsession qui semble condamner à la chute. La Jetée est à ce niveau-là un exemple idéal pour s'interroger sur ce qui serait l'équivalent de l'intertextualité pour le cinéma : les films, comme les livres, se créent en rapport les uns avec les autres, ils re-créent sans cesse leurs modèles.
Mais La Jetée, c'est surtout un condensé incroyable de nombreuses images et thématiques surpuissantes pour une durée incroyablement courte. Je ne comprends toujours pas comment tant de contenu parvient à tenir en 26 minutes. 26 minutes d'images fixes qui en disent bien plus long que nombre de fictions plus longues avec des images en mouvement!
Moins de vingt ans après Hiroshima et Nagasaki et au moment où la guerre froide est à son paroxysme, Chris Marker choisit de réaliser le film d'un homme qui au milieu de la troisième guerre mondiale est sélectionné pour sauver sa planète. Ce photo-roman comme il l'intitule, composé de photos et d'un seul plan filmé, renforcé par une narration constante qui nous indique poétiquement ce qui se passe alors que les images elles, peuvent être violentes, appuyée par une bande sonore composée par Trevor Duncan est d'une poétique sans égale. Violente métaphore de l'enfance qui explose quand l'homme devient adulte, la troisième guerre mondiale provoquée par l'homme détruira toute l'humanité et détruira l'enfance du héros. Les télé-portations dans l'espace temps et les visions répétées d'une femme sur la jetée, nous dévoilent peu à peu la véritable histoire de cet homme qui avait vu sa mort dans le passé. Au fur et à mesure du film, on revient sur la phrase d'ouverture du film "ceci est l'histoire d'un homme marqué par un souvenir d'enfance" et l'on comprends que l'image incarne la conscience. Mais comme dirait Chris Marker "Never explain, never complain" donc n'en disons pas plus, mais on peut trouver des analyses très complètes sur internet notamment "le cinématographe de la conscience" disponible sur Youtube. De plus, ce film inspirera beaucoup d'oeuvres notamment "l'armée des douze singes" de Terry Gilliam.
Certainement la plus grande claque cinématographique que j'ai jamais prise. Un reconnait bien là le culot et le génie du grand Chris Marker avec ce roman-photo sans dialogue, une histoire magnifique, mélange entre science-fiction, romance et philosophie, le résultat est pure poésie
"La jetée" (1962) de Chris Marker est souvent considéré comme l'un des plus beaux films du monde. Pourtant ce n'est pas un film mais un "photo-roman" composé - à une notable exception près - de photos en noir et blanc. D'une durée de 28 minutes seulement ce "film" commence sur la "jetée" d'Orly qui, comme chacun sait, ne borde pas la mer, mais surplombe les pistes de l'aéroport. "La jetée" est tournée l'année de la construction d'Orly. A l'époque, les familles se pressaient à Orly le dimanche pour y voir décoller les avions (Cf la chanson de Gimbert Bécaud). La jetée d'Orly attirait plus de visiteurs que la tour Eiffel. Le narrateur y raconte qu'il en garde un souvenir d'enfance : le visage d'une femme et la mort d'un homme. Mais la Troisième guerre mondiale a éclaté et les humains ont dû se réfugier dans les profondeurs. Ne pouvant plus voyager dans le temps, ils voyagent dans l'espace et prennent comme cobaye cet homme qui parvient à retrouver cette femme, sur la jetée d'Orly. Mais on ne s'échappe jamais du temps .... En 28 minutes Chris Marker réussit, sous une forme à la fois révolutionnaire et fidèle aux premiers âges du cinéma, à traiter deux thèmes éternels. Celui de l'amour, qui libère : le prisonnier réussit dans son rêve à échapper à ses tortionnaires pour vivre un amour total. Et celui du temps qui toujours nous rattrape jusqu'à la mort. Influencé par Vertigo, "La jetée" a inspiré "L'année des douze singes" de Terry Gillian.
Véritable chef-d'œuvre du cinéma français, ce moyen métrage exceptionnel est à l'origine du film L'Armée des 12 Singes, et a directement inspiré des dizaines d'autres projets de par le monde, rien que ça !
Chris Marker un des plus réalisateurs majeurs du cinéma français , signe ce court - métrage de 28 minutes en 1962 . Un film bien particulier puisqu'il s'agit d'un court - métrage fait sous la forme d'un photo-roman . Un film très intéressent qui met en place une intrigue tournée en noir et blanc a partir d'images fixes projetées une par une et nous raconte une histoire de science - fiction . Une référence absolu du cinéma français . Les images sont saisissantes de beauté , le montage et superbe et et, les personnages photographiés comme , Hélène Chatelain et Jacques Ledoux tous les deux imposants . En 1995 , Terry Gilliam en fait un brillant remake connu sous le nom de : " L' Armée des 12 Singes " . Un excellent court - métrage qui interroge le film de montage cinématographique .
(...) Les premières images sont plaisantes. Un ciel, un aéroport, une femme, une jetée. Pourtant, dès le début, il y a quelque chose de gênant, quelque chose qui met mal à l’aise. Cette immobilité, probablement. Ces images sont comme des souvenirs, comme des projections qu’on ne peut pas changer. (...) Un film d’une beauté effrayante et fascinante. Il m’a complètement emportée et en même temps angoissée. Dès les premières images, je me suis retrouvé embarquée dans les images, dans l’histoire par la voix narratrice. Pas une seconde je ne me suis ennuyé, pas une seconde mon esprit a vagabondé ailleurs. Peut-être même que je n’ai pas cligné l’oeil, malgré mon immense désir de fuir ces images fixes. Ce sont d’ailleurs des images que je n’oublierai jamais (...) Lire la suite sur :
Chris Marker est ici à l’origine d’une des rares incursions heureuses du cinéma français dans la science-fiction ; le résultat est beau, émouvant, intriguant ! J’estime énormément le réalisateur qui parvient à créer une œuvre forte dans une grande économie de moyens ; si la forme est atypique - ce « photo-roman » comme le baptise le réalisateur – le savoir-faire est manifeste : les images charpentent parfaitement l’histoire en installant une atmosphère envoûtante. En outre, la voix du narrateur –Jean Negroni qui était également le narrateur de A.I en Vf- est immersive à souhait tandis que le texte brille d’une poésie tant lyrique que conceptuelle. Sobre, élégant, puissant, précurseur,...Une excellente découverte (Merci Gilliam!)!
Je n'ai malheureusement pas été entraîné par ce film. Certes les images sont belles, la voix de Jean Négroni est impressionnante et le scénario est déroutant (Si on se met à la place des spectateurs qui n'ont pas vu l'armée des 12 singes, film de Terry Gilliam s'inspirant de la jetée).
Mais non, malheureusement la magie n'opère pas sur moi et même si le film fait moins de 30 minutes j'ai réussi à trouver le temps un peu long. Je pense que c'est le roman photo commenté, j'ai eu l'impression de voir un ppt ce qui dès le début n'a pas aidé.
A regarder sans hésiter car nous ne sommes pas beaucoup à ne pas avoir accroché, vous avez donc statistiquement plus de chance de l'aimer ! Mais si vous n'avez pas vu l'armée des 12 singes, à mon humble avis, commencez par celui-là.
En quelques mots et quelques images, Chris Marker raconte la destinée de l’humanité et l’existence d’un homme. Et livre une réflexion intense et très troublante sur la condition des hommes, englués dans le passage du temps.
Une véritable performance artistique envoûtante, et une expérience cinématographique unique. "Le jetée" est une ouvre à part, inclassable mais indispensable.