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Cathedrale
101 abonnés
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5,0
Publiée le 12 janvier 2012
Un jour, elle se penche sur lui. Un jour, il lui raconte le passé. Un jour, il se souvient du futur. Perdus dans une réalité rêvée, l'homme et la femme s'apprivoisent, s'aiment et rient. Logé dans un hamac, l'homme, l'expérience, l'instrument, tel un rat de laboratoire condamné, se souvient. D'une femme, sur une Jetée, figure récurante qui l'aidera à explorer le passé et ses merveilles de simplicité. Une chambre baignée de lumière, un bain de soleil glacé, une promenade au parc, l'homme, malgré la fatigue du voyage, répond à son sourire et lui tient la main. Lentement, les chuchotements d'outre tombe sont remplacés par d'innombrables pépiements d'oiseaux, la Grâce se pose alors naturellement sur l'épaule des personnage en quelques clignements d'yeux. Parfois, au détour d'une photo, le rythme s'accélère, les images défilent plus vite, les transitions frappent en plein coeur,Marker nous invite nous aussi, à faire partie de ce voyage dans le Temps.
Chris Marker signe là un très beau film "photo-roman" expérimental. Depuis son enfance,ce cinéaste a toujours utilisé une visionneuse dans laquelle il projetait des images, des images de ses films préférés,ou des photos de voyages ou personnelles. C'est ainsi qu'il a décidé d'en créer un autre,mais plus professionnel, qui s'appelle la Jetée. Pendant 28 petites minutes,on contemple des images poétiques dans le cadre de la 3eme guerre mondiale. Les photos sont magnifiques (le passage où ils visitent le musée d'animaux empaillés), intriguantes (le gros plan sur le type avec des lunettes bizarres ou encore la fille avec la tache noire sur le fond). Une expérience que je n'oublierais pas de si tôt. La Jetée est une vraie référence, qui a inspiré Terry Gilliam et Dario Argento. Bref, ce court-métrage me donne vraiment envie de découvrir le reste de la filmographie de ce génie !
Je n'ai découvert Chris Marker que très récemment, et si on m'avait dit qu'un des meilleurs films de science-fiction traitant du rêve et du voyage dans le temps pouvait être un assemblage de photos en noir et blanc, français, et de moins d'une demi-heure, je n'y aurais pas cru. J'avais tort. Pas besoin de plus quand on a du talent et de l'imagination. Cruelle et poétique, "La Jetée" est décidément une oeuvre à redécouvrir.
tout simplement magnifique, ce film est une ode à l'amour et à la vie. C'est ce film qui m'a donné envi de faire des études de cinéma. Un chef-d'oeuvre.
Comme on m'a bien fait comprendre, sous couvert de mots plus polis quand même, que j'étais un gros naze parce que je n'avais pas encore vu ce film j'ai l'honneur de vous dire que je ne suis plus un gros naze, youpiii... Mais pour en revenir au film, mea culpa j'étais en terrain un peu connu pour ce qui est de l'histoire du fait que j'avais vu auparavant l'excellent film de Terry Gilliam "L'Armée des douze singes" qui s'inspire très fortement de l'oeuvre de Marker (pour ne pas employer carrément le terme de "remake" !!!) donc je ne l'ai pas apprécié autant que j'aurais dû la complexité remarquable d'un scénario intelligent qui en fait sans conteste un jalon essentiel du cinéma de SF. Par contre, il est impossible de passer à côté de la performance du cinéaste qui arrive à créer une atmosphère angoissante rien que par l'intermédiaire d'images fixes (sauf une p'chite exception !!!) soigneusement composées, d'une bande-son et d'une voix-off. Une oeuvre originale, profonde et unique.
Un film de science-fiction réalisé uniquement en diaporama noir et blanc, avec une voix-off et de la musique, ça vous tente ? Rassurez-vous l’œuvre est magnifique et ne dure qu’une petite demi-heure tout en constituant un des plus beaux diaporamas que vous pourrez voir. Les photographies sont superbes, le narrateur très adapté à la situation et la musique crée une ambiance certaine. Le scénario, très bien trouvé, parle du temps, des souvenirs et de la mort avec des influences du Vertigo d’Hitchcock. D’ailleurs Terry Gilliam s’inspira largement de Vertigo et surtout de La Jetée pour son Armée des Douze Singes. La Jetée est donc un petit bijou à découvrir dès que possible.
On peut y trouver matière à réflexion (sur le cinéma, le rêve, la science-fiction, le montage) mais je regrette en même temps une certaine prétention et, peut-être, une possible vacuité. En gros je ne sais pas si le film en lui-même est aussi intéressant que les analyses qu'il peut engendrer. Ça reste à la fois plutôt fascinant, cohérent et assez beau. Vu très tard, dans un état de fatigue avancé...
Ce film de 1962 est considéré par beaucoup comme un grand classique du cinéma. Cette histoire est celle qui a inspiré Terry Gilliam pour "L'armée des 12 singes". Le film vaut le coup d'oeil (allez sur youtube) et au pire, il ne vous fera perdre que 25 min. L'aspect original du style roman photo vaut le détour et si vous avez aimé "L'armée des 12 singes" cela devrez vous plaire. "La jetée" est un film ancien mais qui a plutôt bien vieilli.
Superbe. Marker nous prouve ici qu'il n'y a pas besoin d'acteurs hollywoodien gogoles et de 15 milliards de dollars pour donner naissance à un chef d'oeuvre, mais simplement d'un appareil photo, d'une musique déroutante et d'une narration efficace ...
Ce film (roman-photo) est à remettre dans son contexte : 1962, guerre froide et seconde guerre mondiale juste derrière nous ; et c'est justement dans ce contexte que ce film est impressionnant car il nous livre alors une vision du futur totalement apocalyptique et assez terrifiante pour l'époque compte tenue de la menace nucléaire qui pouvait planer à l'époque. Alors qu'aujourd'hui, il devient moins percutant, roman photo, noir et blanc, voix off, n'empêche qu'il distille quand même encore une étrange sensation de mal-être et qu'il a inspiré de nombreux films dont l'exemple le plus connu est L'Armée des 12 Singes, alors chapeau l'artiste.
La jetée de Chris Marker bénéficie d'une renommée assez flatteuse et fort justifiée par la cohérence et la justesse dont fait preuve le réalisateur. Connu pour avoir notamment inspiré L'armée des douzes singes de Gilliam, La jetée se présente sous la forme d'un roman photo, accompagné d'une voix off narrant les faits et de quelques chuchotements par ci par là. Le principe en lui même se veut très accompli et le court métrage reste donc assez marquant. Une belle réussite !
Je suis un peu (beaucoup ?) passé à côté de "La Jetée" lors de mon premier visionnage, il y a près de 15 ans. La cause : j'avais découvert le "12 Monkeys" de Terry Gilliam peu avant. Qui est un quasi remake de "La Jetée", au scénario forcément plus élaboré (2h09 contre 28 minutes !). Or, le moyen-métrage de Chris Marker mérite beaucoup mieux que d'être considéré comme un brouillon du film de Terry Gilliam. Déjà, sur la forme, "La Jetée" a réussi malgré les décennies à garder son statut de film expérimental. Puisqu'il s'agit d'un roman photo en noir & blanc, sans vrai dialogue. Tout nous est conté par une voix off caverneuse, et par les expressions des acteurs photographiés. Ensuite, en tant qu'oeuvre de SF, le film parvient à aborder des thématiques passionnantes malgré sa durée modérée. On y parle 3ème guerre mondiale, expérimentations sur des prisonniers, voyage dans le temps... Mais c'est aussi et surtout un film sur la mémoire. En effet c'est la mémoire forte d'un moment violent, vu alors qu'il était enfant, qui permet à notre héros de se détacher de la masse pour voyager dans le temps... et de (re)découvrir le monde pré-apocalypse. Une idée poétique, qui sera élaborée jusqu'à un twist final fataliste devenu célèbre. Et qui s'accorde parfaitement sur le fond avec la forme de roman photo, succession d'instants immortalisés. Avec en prime une jolie BO (musique religieuse !), et de très belles photographie. Où les ombres et les visages inquiétants, bien que minimalistes, sont parfaitement convaincants pour communiquer l'horreur d'un monde post-apocalyptique. Pour l'anecdote, "la Jetée" s'inspire doucement de "Vertigo" par quelques plans, dont celui du séquoia découpé affichant des repères temporels. Terry Gilliam honorera cette référence, projetant quelques images de "Vertigo" dans "12 Monkeys". La boucle (temporelle ?) est bouclée !