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    La Porte du paradis
    note moyenne
    4,1
    1053 notes dont 131 critiques
    répartition des 131 critiques par note
    53 critiques
    40 critiques
    15 critiques
    15 critiques
    4 critiques
    4 critiques
    Votre avis sur La Porte du paradis ?

    131 critiques spectateurs

     Kurosawa
    Kurosawa

    Suivre son activité 235 abonnés Lire ses 364 critiques

    4,0
    Publiée le 15 septembre 2015
    Après son chef-d'oeuvre "The Deer Hunter", Michael Cimino dispose d'un budget conséquent pour mettre en scène la démystification du rêve américain. En 1890 dans le Wyoming, une association d'éleveurs établit une liste noire qui vise à tuer cent vingt-cinq immigrants européens: cette tension politique ne parvient pas à s'élever au delà de dialogues qui certes retranscrivent très bien le protectionnisme des uns et l'angoisse des autres mais qui n'échappent pas à la répétition. Au fond, que Cimino ne soit pas parvenu à donner du relief à la dimension politique de son film n'est pas tant un problème en soi; le cinéaste s'est toujours dit être en dehors de ces considérations et privilégie avant tout la complexité qui habite ses personnages principaux. Cela vaut surtout pour James Averill et Nate Champion ( Kris Kristofferson et Christopher Walken superbes), le premier vit à la fois dans le présent et dans le passé et hésite sans cesse entre défendre les immigrants et s'enfuir avec la femme qu'il aime; le second complète le triangle amoureux et sera longtemps resté indécis quant au camp dans lequel il doit se situer. Malgré ses défauts, à savoir une représentation politique trop binaire et quelques transitions poussives dans la narration, "Heaven's Gate" est un film attachant, grâce notamment à son mouvement paradoxal de réaliser une grande fresque et la volonté de toujours rester à hauteur des personnages et de ne jamais les surplomber, aussi parce que derrière une histoire d'amour inscrite dans un contexte historique sombre naît une réflexion sur le temps qui passe, un temps perdu que l'on regrette et qui ne se rattrape jamais, une idée qui prend forme en fonction d'une structure générale en trois parties (Harvard 1870 - Wyoming 1890- Rhode Island 1903). Pour représenter au mieux ce sentiment mélancolique, la mise en scène de Cimino capte à la fois l'immensité du paysage et des décors plus étriqués où l'intime peut pleinement s'exprimer. Un beau film, lyrique et émouvant.
    scorsesejunior54
    scorsesejunior54

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    4,0
    Publiée le 19 janvier 2009
    C'est l'histoire d'un film mégalomane réalisé par un maniaque de la perfection. C'était l'époque où les metteurs en scène avaient toutes les libertés du monde pour mener à bien leurs projets. On a ici droit pendant près de 4 heures à une recherche constante du sublime. Tout est très lent mais en fait parfaitement contrôlé du début à la fin. Cette lenteur causera la mort du film avant même sa sortie, le budget étant passé de 7 à 45 millions de dollars. Une ville entière a été reconstituée par souci de réalisme. Le rythme est magnifique, permettant ainsi une transposition assez exceptionnelle du scénario très bien écrit, mais malheureusement pour son succès profondément anti-américain. On retrouve aussi Isabelle Huppert et Christopher Walken à leurs débuts, lorsqu'ils étaient insouciants et si naturels... La nostalgie est profonde, on sait maintenant que plus jamais quelque chose de ce genre ne sera produit. Ce qui aurait du être (et qui en fait) un des plus grands films jamais tournés à ce jour a été un naufrage total, causant la faillite de la United Artists. En deux longs-métrages (avec "voyage au bout de l'enfer"), ce génie fou de Cinimo aura marqué l'histoire du cinéma. Une oeuvre complètement folle, qui marque à jamais (même si ce n'est pas forcément transcendant sur le coup) la mémoire collective. J'hésite et je mets 4 étoiles parce que finalement, je me rends compte que j'aime rééllement ce chef-d'oeuvre trop peu reconnu à mon goût.
    Fabien Soyez
    Fabien Soyez

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    5,0
    Publiée le 26 juillet 2007
    Un grand merci à l'association "Plan Séquence" et à son "Histoire de l'Amérique en 57 films", qui m'a permis de découvrir ce film au Majestic de Lille, dans sa version originale de 3h30 et en langue anglaise. Mon avis est assez mitigé sur ce film. D'un côté, il y a une réalisation impeccable, des acteurs grandioses, de superbes décors, et une formidable dénonciation de la xenophobie et de la folie du 20e siècle naissant... De l'autre, il y a des scènes trop longues, parfois inutiles, tandis que d'autres sont trop courtes. Il y a aussi certaines parties de l'histoire floues (la vie des deux amis sortis de Harvard, entre leur bal de promo et leurs retrouvailles - dommage qu'on ne sache rien dessus)... Mais si on est comme moi un adepte des films lancinants, lents comme le faisait si bien Sergio Leone, on ne peut qu'oublier ces détails, et aimer ce film dans toute son intégralité. Une fin émouvante, qui nous cloue au siège et nous amène à nous poser de nombreuses questions sur la naissance de l'Amérique, le capitalisme, les relations entre classes, et sur les Hommes en général. Un chef d'oeuvre magistral signé Michael Cimino, à conseiller.
    willydemon
    willydemon

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    3,5
    Publiée le 3 mai 2013
    Des très belles scènes, une superbe photographie et des acteurs excellents (Isabelle Huppert se débrouille très bien). Malheureusement l'histoire se perd beaucoup trop dans son trio amoureux et en oublie un peu de traiter le vrai sujet : le traitement réservé aux pauvres et cette terrible liste de noms.. Je comprend que 3h30 puisses rebuter, mais on ne ressent pas vraiment d'ennui tout le long et on est happés par l'histoire. Très belle restauration d'un film qui mérite beaucoup plus de spectateurs.
    Léo Mesguich
    Léo Mesguich

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    5,0
    Publiée le 27 avril 2014
    Sublime film maudit ! Alors oui, le film est long, le rythme est lent, mais quelle grâce ! Si on se laisse porter par les images, les acteurs et la musique, le film reste magnifique. Cimino avec son oeil critique, a su une fois de plus montrer l'histoire de son pays, que cette histoire est basée, toujours, sur la violence. Mais pas uniquement, grâce à James Averill, car l'Amérique est né dans l'espoir aussi, l'espoir d'une terre nouvelle (ce que Cimino, grâce à la séquence de bataille, montre où cela conduit), l'espoir de fonder une famille, d'aimer. Alors quelle est la vérité ? La vraie version ? Le rêve américain ? La désillusion d'Averhill ? Je pense que Cimino a voulu montrer que la grâce est partout, même dans la prostituée qu'est Ella, qu'il n'y a pas forcément UN rêve américain parfait. L'Amérique s'est fondée par la violence mais recèle aussi plein d'espoir : l'espoir de s'humaniser, l'espoir de devenir des hommes. La Porte Du Paradis est donc à la fois une grande fresque historique, un western, un film sur la lutte des classes et une romance très belle. Pour moi c'est un chef d'oeuvre, évidemment.
    Philippe C
    Philippe C

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    4,5
    Publiée le 16 octobre 2016
    On ne sait si ce film est le premier ou second chef d'oeuvre (après ou avant Voyage au bout de l'enfer) de Michael Cimino, récemment disparu. Toujours est-il que ce monument, près de quatre heures de projection, qui a connu une début catastrophique à sa sortie en salle en 1980, a retrouvé grace à une nouveau montage par le réalisateur lui même un second souffle, depuis 2012 . L'histoire qui se révèle complètement d'actualité aujourd'hui, est celle de migrants miséreux venus d'Europe Centrale voulant s'installer dans le Wyoming et qui sont jugés indésirables par les éleveurs déjà établis, qui les traitent de voleurs et anarchistes et établissent une liste noire de 125 hommes à abattre ou pendre avec le consentement du Gouverneur et l'appui de l'armée et recrutent des mercenaires à cet effet. Le shérif du comté, issu de la classe bourgeoise, amoureux de la tenancière du bordel local, ne réussira pas à éviter le carnage. Le film montre une autre vérité sur la conquête de l'ouest, celle de l'égoïsme et du mépris des primo installés par rapport aux nouveaux arrivants ainsi que les conditions de vie miséreuses de ces derniers : entassés dans baraquements, attelages humains de charrues et parmi eux les premières fractures entre les paysans et les petits commerçants. Sur la forme le film est éblouissant, avec une prologue qui se déroule à Harvard à la remis des diplômes, où l'on fait la connaissance de deux des futurs protagonistes le shérif et un éleveur alcoolique et désabusé. Une valse magnifique sur la pelouse du camping... 15 ans après c'est le Wyoming et ses paysages époustouflants (en fait le tournage a eu lieu dans le Montana voisin) admirablement bien filmé par Cimino, qui sait cadrer et jouer avec la lumière et aussi le sombres ( fumée de locomotives ou d'immeubles)... La menace d'exécution étant posée, on suit jusqu'au dénouement la vie de la petite ville : les fêtes - danse extraordinaire su patins à roulettes-, les bagarres, les combats de coqs et la vie du bordel local, tenu par une Isabelle Huppert convaincante. Mais le pire doit arriver, et c'est la grande et fabuleusement rendue bataille finale. Tout est bon dans ce film, les acteurs, la mise en scène, le montage, la musique, la photo
    fabrobinet
    fabrobinet

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    5,0
    Publiée le 29 janvier 2014
    1870, université de Harvard, James Averill et William Irvine célèbrent l’obtention de leur diplôme. Vingt ans plus tard ils se retrouvent dans le Wyoming. Averill est devenu Sheriff du compté de Johnson, tandis que Irvine est devenu éleveur. Un conflit éclate entre les éleveurs et les nouveaux immigrants qui viennent d’Europe de l’est qui sont accusés de vol et d’anarchisme. Une liste noire de noms des immigrants est établie et les éleveurs engagent des mercenaires pour les éliminer. Cinéaste maudit, Michael Cimino réalise ici le film qui a causé la ruine de United Artist et mis fin à certain âge d’or du cinéma Hollywoodien. Cimino bouleverse les codes du western et d’un aspect presque conventionnel de l’histoire américaine. Il s’appuie sur un fait divers et une face méconnue de la conquête de l’ouest. Difficile de classer ce film dans une ou l’autre catégorie, même celle du western. Il y a du Visconti, du Lean et du Tolstoï dans ce chef d’œuvre de Cimino. Le réalisateur démystifie cette légende de l’ouest américain, ce paradis qui est alors couvert de sang, la nature n’étant alors pas le principal obstacle à l’arrivée des immigrants qui sont d’une certaine façon rejetés. La porte du paradis fait partie de ces films dont au cours desquels on ne regarde jamais sa montre et où le temps passe en un éclair. Une gifle comme on aime en prendre au cinéma, un film qui dérange dans une violence sombre et dérangeante. Le scénario est en lui-même très simple et tient en deux lignes. Cette simplicité fut l’une des sources de critiques, mais elle permet de mettre en avant la violence tant dans les combats que dans la peur et instaure une tension permanente. Le triangle amoureux autour des personnages de James Averill, Nathan Campion et Ella Watson ne laisse jamais l’action principale du film au second plan. Leur histoire s’incère parfaitement dans une tragédie qu’aucun d’entre eux ne peut éviter mais dont ils sont tous victimes. Même si la version longue de 3h30 est sublime on regrette un peu la mise en retrait du personnage de William Irvine, joué par John Hurt. Ce personnage méritait plus d’approfondissement, ce qui devait être le cas dans le premier montage de près de 5 heures de Cimino, une plus grande présence d’Irvine pouvait ainsi donner plus de profondeur et de lien avec la scène d’ouverture du film. Si le casting est remarquable, une mention particulière pour le très charismatique Kris Kristofferson. Un film exceptionnel qui retrouve progressivement sa place parmi les plus grands chefs d’œuvre du cinéma.
    hipolou
    hipolou

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    4,5
    Publiée le 11 mars 2013
    Ce film est superbe. mais attention il faut vraiment beaucoup aimer le cinéma. Il dure 3h37! on sent la patte de Cimino. On prend un long plaisir a voir ce film.
    ilecool
    ilecool

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    5,0
    Publiée le 27 février 2013
    Alors là ATTENTION peut-être le plus grand "western" de l'histoire du cinéma! J'ai la VHS depuis plus de 20ans...un soir où la version intégrale est passée au ciné club. Un casting magistral, une reconstitution magistrale, une histoire magistrale et une mise en scène magistrale pour ce film MAGISTRAL!! Après sa palme pour son autre CHEF D’ŒUVRE "Voyage au bout de l'enfer" Michael CIMINO met en scène une vision très réaliste de l'immigration et des décisions politiques dans un monde déjà très très violent. Je conseille ce film à tous les amateurs de films fleuves... où l'histoire est PASSIONNANTE, servie par des acteurs confirmés ou d'autres qui le seront par la suite. UN BIJOU!
    M B.
    M B.

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    5,0
    Publiée le 19 mars 2013
    3h36 mémorables d'une fresque épique, sociale, humaine, romantique, libertaire... belle! Les costumes, les chevaux, le jeu des acteurs, la nature... Une réflexion sur la vie, le temps, l'amour, les classes sociales (pour ceux qui y croient)... Osez les 3h36, vous recevrez une belle claque et vous aimerez ça.
    TTNOUGAT
    TTNOUGAT

    Suivre son activité 178 abonnés Lire ses 1 478 critiques

    2,0
    Publiée le 5 mai 2013
    J’avais vu ‘’ Heaven’s Gate’’ à sa sortie et n’en avait pas gardé un bon souvenir étant déçu par la mise en scène approximative, la longueur des plans de dialogues et la violence gratuite de quelques scènes. Il faut dire que j’en attendais beaucoup suite au choc reçu par ‘’Voyage au bout de l’enfer’’ qui nous avait tous bluffé. Trente ans plus tard, c’est pire et je comprends pourquoi il a coulé à lui seul ‘’Unided Artist”. Dans la version longue de 3 h 30, il n’y a rien à sauver, les couleurs sont délavées, le cinémascope mal utilisé, les dialogues embrouillés, aucune émotion et rien à retenir du coté historique puisque tout ou presque à été transformé par Cimino auquel il ne reste q’un mérite: avoir eu le courage d’attirer l’attention sur un épisode crypto-marxiste des états unis s’étant déroulé au Wyoming. Ce qui faisait la force de son film précédent est absent malgré un énorme travail de préparation. Le coté épique, voir lyrique a disparu et quant au roman d’amour à trois, c’est un désastre. Nous adorons tous notre Isabelle Hupert mais elle n’est pas faite pour montrer ses fesses et encore moins pour jouer une prostituée doublement amoureuse. De plus la faire passer d’un chariot emballé sur le col du cheval cela n’a plus aucun sens dans un film qui se complaît dans un réalisme sordide. Cimino a mis tout son cœur dans ce film, il en a trop fait : tourner 240 heures de pellicules n’est pas raisonnable, un artiste ne procède pas ainsi et ne retouche pas sans cesse son oeuvre pour faire une épopée, seule ressortira la nostalgie . Cette erreur hélas lui aura coûté démesurément, il avait tout en lui pour tirer vers le haut le cinéma américain qui ne s'en ai jamais remis et depuis ne fait que des choix financiers.
    Plume231
    Plume231

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    4,0
    Publiée le 26 novembre 2011
    Comme je ne fais jamais les choses à moitié, la version que j'ai visionnée est le director's cut. Alors que dire de cette oeuvre qui est connue comme étant une des plus belles catastrophes financières de toute l'Histoire du cinéma, qui a pratiquement condamné à elle seule le cinéma d'auteur hollywoodien, qui a ruiné sa société de production et dont chaque image affiche sans vergogne la mégalomanie et le perfectionnisme maladif d'un cinéaste qui se croyait encore au temps des Von Stroheim ??? Ben qu'elle ne cherche pas la facilité en jouant avec la narration, la suspendant souvent pour un long moment de contemplation, en rendant des personnages ambigus encore plus ambigus et en choisissant le sujet le plus désespérant qui soit. Bref un film qui sort totalement du schéma des films hollywoodiens et c'est certainement cela qui fait sa force. La dernière heure en particulier, avec ses fulgurances de nuages de poussière, de fumée et de violence ainsi que ses scènes d'action impressionnante est très puissante. Un grand et pas du tout habituel moment de cinéma.
    RENGER
    RENGER

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    2,0
    Publiée le 2 octobre 2010
    Gouffre financier et échec au box office (il récolta un million de dollar pour un budget trente fois supérieur et on lui doit aussi la faillite de la United Artists !!). Lors de sa présentation à la presse, les critiques furent si désastreuses, que le cinéaste fut obligé de faire plus de trois cent coupes (!!!) et passer son film de 3h40 à 2h30. Réalisé en 1978, cette œuvre, de nouveau disponible dans sa durée initiale (de 3h40 !!) est un condensé de somptuosité et d’ennui ! Des décors réellement époustouflants (où des quartiers de villes furent construits pour les besoins du tournage), des figurants par milliers, des costumes, des paysages splendides à perte de vue et au milieu de tout cela, il y a cette mise en scène assommante, contemplative et un scénario pour le moins complexe. Entre les plans séquences en plans fixes et silencieux et les scènes inutiles et longues, on sature bien avant d’en avoir vu la moitié. Seul compensation et de taille, le casting qui nous offre une palette d’acteurs venu de divers horizons, avec dans les rôles titres : Kris Kristofferson, Christopher Walken, John Hurt, Jeff Bridges, Mickey Rourke et la ravissante frenchie Isabelle Huppert !! Le réalisateur de Voyage au bout de l'enfer (1979) déçoit avec son encéphalogramme plat qui frôle tout de même les 4h (excusez du peu !), un film qui durerait facilement moitié moins de temps sans tous ces plans fixes inutiles.
    Kloden
    Kloden

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    2,0
    Publiée le 31 janvier 2014
    1980. Michael Cimino, auréolé du triomphe cinq fois oscarisé de The Deer Hunter, se voit mandaté par le studio United Artists, qui, tout confiance en cette étoile montante lui offre un budget de 40 millions de dollars (somme considérable pour l'époque) ainsi qu'une grande liberté artistique pour dessiner La porte du paradis. Problème, Cimino abuse sans doute de cette liberté, présentant d'abord ce Heaven's gate dans une version de 5 h 25, qui sera finalement charcutée jusqu'à voir sa durée diminuer de près de trois heures. Le résultat est un bide à la fois commercial et critique, un camouflet sans doute dû à un message incompris et des longueurs paralysantes. On retrouvait pourtant la patte de Cimino à travers une violence sans concession, une veine naturaliste certaine et un vrai jusqu'au-boutisme scénaristique. Problème, cela mis à part, on ne retrouve pas grand chose de Voyage au bout de l'enfer et de son souffle émotionnel, et c'est à cet égard que je donne davantage raison aux sceptiques qu'à la foule de cinéphiles qui crient aujourd'hui au chef-d'oeuvre. Sans âme, à l'image de sa BO placide, Heaven's Gate s'étire mollement et, semble t-il, indéfiniment. La durée par d'aucuns jugée excessive, n'est pas en elle-même le problème, d'ailleurs due en partie à des plans prolongés, marqueurs d'une volonté d'imprégner le spectateur de la situation. Cependant, elle renforce l'impression d'apathie émotionnelle qui se dégage de l'ensemble, Cimino s'avérant incapable d'exploiter la force de son scénario, probablement à cause de la langueur qu'il veut à travers sa mise en scène conférer à cette époque, pour en briser les mythes. Car non nous dit Cimino, les USA ne se sont pas construits sur la base d'hommes dynamiques et de leur esprit d'entreprise, mais plutôt sur celle de massacres, de vols et de rapines. Le message, en tout cas, est très intéressant, à l'opposé des fondements même du genre, ce qui vaudra au film d'être avec à propos qualifié d'anti-western. Le problème, c'est qu'en même temps d'enterrer le western, Heaven's Gate a également enterré son auteur. Brisé par la critique, Michael Cimino ne refera surface qu'à grand peine, ne brillant plus depuis que par l'Année du Dragon, policier de 1985 faisant au demeurant davantage figure de braise que de nouvelle flamme. Immunisé semble t-il, contre les nuages qui assombrissaient le ciel de Michael Cimino, Christopher Walken restait quant à lui au contraire au firmament, brillant par sa belle gueule et son talent incontestable. Le reste du casting s'en tire également plutôt bien. Mais dur d'émouvoir ou de révolter quand on n'y met pas assez de conviction. Voilà pourquoi, à mon avis, et encore légèrement sous le coup de la déception, ce qui aurait pu être un grand film de l'est pas. Le paradis n'est pas loin, mais à mon grand désarroi, j'en suis resté sur le seuil.
    Skipper Mike
    Skipper Mike

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    5,0
    Publiée le 31 août 2014
    Whaou ! En voilà un immense chef-d’œuvre ! Tout commence à Harvard, dans une longue séquence qui a peu de rapport avec la suite du film, et qui pourtant pèsera sur tout le reste. On rencontre les personnages pour la première fois, s'amusant pour la dernière fois. Rien qu'avec cette superbe ouverture, Michael Cimino prouve qu'il est un maître de la mise en scène, et sait mieux que quiconque filmer des scènes de groupe, comme celle du mariage de "Voyage au bout de l'enfer". Après cette introduction, les protagonistes sont désormais adultes, et leur insouciance est derrière eux ; le monde est cruel et mesquin, mais les instants de grâce et de poésie sont toujours présents, même au sein d'une maison close. La reconstitution est très belle, avec une image un peu désuète augmentant le caractère nostalgique d'un monde qui touche à sa fin. Cimino sait étirer les plus belles scènes, s'attarder sur les moments de joie mais aussi de désespoir, suivre les personnages dans leurs habitudes quotidiennes, leurs disputes et leurs danses. En cela, le réalisateur est bien un cinéaste naturaliste, et même un cinéaste social tant les vérités qu'ils expose sur la lutte des classes sonnent justes. Il est ainsi rare de ressentir un sentiment de révolte aussi profond que celui qui peut animer le spectateur devant "La Porte du Paradis". La musique, heureusement, adoucit les mœurs : elle est au diapason du naturalisme, triste et charmante, à tel point qu'on sent que les personnages la vivent vraiment. Quant aux acteurs, Kris Kristofferson, Isabelle Huppert et Christopher Walken, ils sont vrais et magnifiques, et sont secondés par d'autres rôles admirables, ceux de Brad Dourif, John Hurt et Sam Waterston en tête. Celui-ci incarne d'ailleurs l'un des antagonistes les plus détestables vus au cinéma, représentant le capitalisme sauvage dans toute sa cruauté. Sans doute était-ce trop pour les Américains qui ont préféré censurer le film...
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