benoitparis
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4.5 - Excellent
Un film de tueur en série d’une totale originalité. On est loin d’une simple exploitation d’effets de terreur, de voyeurisme, et même d‘un film d‘énigme policière ordinaire. Fleischer fait une véritable plongée dans les profondeurs de la psyché, et le fait en artiste cinéaste, en inventant une mise en scène en osmose intime avec son véritable sujet : la schizophrénie, la dissociation de la personnalité. Le procédé du Split screen dans la partie narrative des meurtres et de l’enquête policière proprement dite démultiplie les points de vue, scinde la perception du spectateur. Le réalisateur fait même œuvre pionnière à la fin des années 60 dans sa mise en scène de l’hypermédiatisation, quand les représentations d’images télévisés dialoguent avec les représentations filmiques « primaires ». La normalité est remise en question, quand les suspects « naturels », homosexuels et maniaques en tout genre, s’avèrent des fausses pistes, contrairement au « bon père de famille » incarné par Tony Curtis. Dans la seconde partie, avec l’apparition du personnage de DeSalvo, l’aspect policier se confond avec l’aspect psychiatrique, la vraie scène du film devient la conscience du suspect, parasitée par des affabulations protectrices et investie comme une scène théâtrale par l’enquêteur interprété par Henry Fonda. Dans les dernières séquence la performance de Tony Curtis est exceptionnelle, terriblement impressionnante, et le fait rentrer au panthéon des plus grands comédiens du septième art. On pourrait reprocher au film, d’un point de vue moral, de médicaliser à outrance le problème du mal, à l’assimiler purement et simplement à la pathologie. Ce en quoi il devait être dans l’air du temps de l’année 68.
Ajoutée le 18 juin 2011 à 23h28
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