Les Berkman se séparent
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Alexis D.
Alexis D.

122 abonnés 877 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 11 mai 2024
Dans la famille des cinéastes qui ont la cote, Noah Baumbach s’est fait une jolie place au soleil avec "Les Berkman se séparent", son quatrième long-métrage. Présenté à l’incontournable festival de Sundance, où il a remporté les prix de la mise en scène et du scénario, "Les Berkman se séparent" a également été montré dans de nombreux festivals (dont ceux de Toronto et de New York) et s’est même payé le luxe de figurer dans la plupart des listes des dix meilleurs films de 2005 tricotées par les innombrables guildes de critiques aux États-Unis. Cerise sur le gâteau : trois nominations aux Golden Globes et une aux Oscars, pour le scénario. Là où Wes Anderson place ses personnages et son action dans un lieu indéfini (mais identifié comme un New York un brin décalé) et une époque plus ou moins incertaine, Noah Baumbach annonce d’emblée la couleur : nous sommes à Brooklyn, en 1986, et nous allons suivre les déboires des Berkman, une famille largement aussi dysfonctionnelle que les Tenenbaum. Mais ici, le décalage est plus subtil, les personnages moins transposés que chez Wes Anderson. La loufoquerie dopée au Prozac des membres de la famille Tenenbaum ne trouve pas vraiment d’équivalent chez Baumbach : le rire y est tout aussi dépressif mais bien plus grinçant, teinté d’une cruauté glaçante dont le réalisme fait l’effet d’une drôle de gueule de bois. Sur un principe très simple et largement autobiographique, le scénario brille souvent par ses bons mots qui confèrent au film un doux parfum désuet qui ravivera des souvenirs nostalgiques à tous ceux qui ont grandi dans les années 80. Dès le début du film, Baumbach nous invite en terrain connu : Bernard et Joan Berkman spoiler: sont écrivains, vivent dans une jolie maison remplie de bouquins et sont les heureux parents de deux fils, Walt, 16 ans et Frank, 12 ans. Mais si Madame est sur le point de publier son premier roman, Monsieur rame avec ses manuscrits unanimement refusés par les éditeurs et rumine sur une carrière démarrée sur les chapeaux de roue mais éteinte prématurément. Très vite, rien ne va plus, et lorsque le couple prend la décision de se séparer, les dégâts vont toucher tous les membres de la famille
... Au-delà de la reconstitution parfaite de l’époque, qui dépasse le savoir-faire des costumiers, coiffeurs et décorateurs pour s’étendre à la forme, Baumbach réussit, à la manière d’une Sofia Coppola avec "Virgin Suicides", à inscrire discrètement son film dans un contexte culturel et social très marqué sans jamais tomber dans le travers du clin d’œil lourdingue. Une réussite qui impose l’idée que les personnages sont les produits de leur environnement, là où d’autres se seraient contentés de placer des comédiens dans des décors sans que l’on n’y croie jamais une seconde. Mais la force de ce film est ailleurs. Dans cette façon de dépeindre avec à la fois finesse et férocité ces lettrés dont l’immense culture et l’ouverture d’esprit n’empêchent pas l’incapacité à réussir leur vie affective et familiale. Il faut voir l’effet de leur éducation sur leurs deux enfants, parfaitement cultivés, d’une lucidité dévastatrice quant à ce qui les entoure, victimes de parents inconséquents qui négligent leur innocence. C’est en cela que Noah Baumbach sublime ce qui pourrait n’être que l’énième chronique douce-amère d’une enfance blessée. L’humour est noir, ravageur et sans concession, mais une mélancolie diffuse et une tendresse indispensable pour chaque personnage sauvent le film du jeu de massacre revanchard. Difficile de savoir ce qui appartient à l’histoire personnelle de Baumbach dans le scénario (tout juste sait-on que le réalisateur a grandi à Brooklyn et que ses parents ont aussi divorcé) mais il est évident que l’émotion qui affleure tout au long du film vient de loin. Les comédiens ne sont pas étrangers à cette réussite, particulièrement Jeff Daniels, vu autrefois chez Woody Allen ("La Rose pourpre du Caire") et ici totalement métamorphosé : dans le rôle ingrat du père frustré et aigri, il évite toute caricature pour composer un personnage très émouvant, d’une humanité devenue rare dans le cinéma américain contemporain (un créneau repris par les séries télévisées). À l’image de cette belle prestation, le film n’en finit pas de toucher par la complexité de ses nuances. Il faudra sans doute le revoir plusieurs fois pour en apprécier toute la richesse. Sinon le casting est très bon, la réalisation soignée et la mise en scène très belle. Un bon film dramatique en définitive
CarpeDyem
CarpeDyem

17 abonnés 141 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 15 novembre 2014
Ce portrait d'un famille qui se déchire laisse un goût amer en bouche malgré ses multiples qualités : les acteurs sont à la fois justes et touchants, entre un père tout en sous-entendus, une mère indécise et des enfants qui subissent. Le tourbillon d'émotions contraires dans lequel sont pris les adolescents bouleverse tous leurs repères, l'image de leurs parents s'écornant au fur et à mesure des différents évènements.
Seulement, la mayonnaise a du mal à prendre totalement tant le récit souffre de certaines longueurs (malgré la courte durée du film) et de situations exagérées. Dommage car le sujet est plutôt bien abordé et évite les clichés et autres raccourcis moralisateurs si communs au genre.
xavierch
xavierch

54 abonnés 1 167 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 11 septembre 2014
Un film sur le divorce et ses conséquences, notamment sur les enfants, mais aussi sur les adultes. Ce film est très bien joué mais l'histoire ne pas passionné plus que ça.
Oriwa
Oriwa

76 abonnés 904 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 13 juillet 2014
Je pensais le "Qui gardera le chat ?" sur l'affiche complètement ironique, mais en fait ça résume un peu tout.
Brigitte B.
Brigitte B.

6 abonnés 30 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 6 juillet 2013
genial.............................................................................
Cricriiiiiiii
Cricriiiiiiii

92 abonnés 899 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 30 mai 2013
La force de The Squid And The Whale réside, entre autre, dans sa crédibilité et sa représentation fidèle du divorce et de ses conséquences sur la progéniture, logique quand on sait que le scénario de Noah Baumbach est plus ou moins autobiographique. La performance de l'ensemble du casting est bonne, la réalisation et la photographie très agréables sans tomber dans le cliché indie.
Et pourtant, on ne sait pas trop quoi penser de ce film. Car si son réalisme est indéniable, son scénario reste tout de même assez linéaire et manque de puissance. Le décryptage des personnages et leurs évolutions auraient mérité d'être plus poussés, beaucoup d'éléments n'aboutissent à rien et de nombreuses questions restent en suspens lorsque la fin, un peu bâclée, clôt abruptement le film.
The Squid And The Whale mérite un second visionnage, notamment pour réussir à grappiller tous les détails qui passent, pour certains, inaperçus.
soniadidierkmurgia

1 436 abonnés 4 339 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 6 mai 2013
Petite comédie qui confine au moyen métrage réalisée vite fait bien fait caméra au poing. On s’amuse souvent grâce aux situations coquasses teintées souvent d’un petit goût de doux amer qui nous rappelle que ce vit sous nos yeux une situation dramatique pour ses deux enfants tiraillés entre ces deux parents qui ont choisi une garde alternée qu’ils sont bien incapables d’assumer. Si on avait besoin d’un plaidoyer contre cette forme de garde qui au final n’arrange que les parents qui par ce biais se donnent bonne conscience sur le dos de leurs gamins complètement désorientés on en tient avec ce film . Sympathique et surtout formidablement interprété que ce soit par Jeff Daniels, Laura Linney ou les deux enfants.
Kaori92
Kaori92

8 abonnés 98 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 28 avril 2013
J'ai trouvé ce film sublime.
Des enfants complètement paumés entre leurs parents qui règlent leur compte sans les protéger, voire (pour le père qui est très con) en les y mêlant.
Un père tordu, une mère qui manque de poigne et les conséquences.
J'ai beaucoup aimé la fin, avec l'aîné.
anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 27 février 2013
Noah Baumbach dépasse l'espace fictionnel en nous plaçant en tant que témoins du cercle privé de la famille. Le film nous offre à voir avec froideur la réalité des problèmes de la vie quotidienne.
ChauvelCinema
ChauvelCinema

22 abonnés 595 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 14 janvier 2013
Quand on regarde ce film, on pense tout de suite à du Wes Anderson. Normal, Baumbach a bossé sur les scénarios des oeuvres de son ami. Pour un fan de Wes Anderson, l'univers est donc déjà familier avec, comme toujours, une histoire de famille compliquée où les liens se défont pour mieux se refaire, non sans complications. Ici, l'histoire a beau être "banale" (un divorce), tout est dans la force des personnages et des comédiens, tous formidables, qui les incarnent et une magnifique écriture, notamment pour les dialogues. Ce fut à nouveau le cas dans son film le plus récent, "Greenberg". Un réalisateur trop rare dont on savoure les oeuvres.
titiro
titiro

64 abonnés 1 024 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 3 janvier 2013
Dans quel but a été fait ce film? Je n'en sais absolument rien. Peut-être ne suis-je pas assez intelligent pour capter toute la subtilité de cette chronique familiale? Ou alors la raison n'est autre que ce film est vide, inintéressant, insipide et sans aucun relief.
Toujours est-il que je n'ai pas du tout accroché.
Lucien O.
Lucien O.

8 abonnés 178 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 11 novembre 2012
Pour le coup je ne sais pas trop ce que je trouve à cette histoire somme toute banale, quoique caricaturale, mais j'aime les personnalités exacerbées et les imbroglios émotionnels qui s'y démêlent lentement mais sûrement, les âmes trop pleines qui s'épanchent,...
A partir d'un simple divorce entre deux personnalités complexes, « Les Bergman se séparent » développe une kyrielle de situations extrêmes et passablement glauques aux milieux desquelles se débattent deux enfants mutilés par l'histoire de leurs parents.
Une page se tourne, en grinçant comme une vieille charnière mal huilée, pour chacun des personnages. C'est une sorte de lente agonie pour chacun d'eux, la purge salvatrice d'une famille flétrissante.
Le père, ennuyeux, dérangé, écrivain avarié, pédant pathétique, nombriliste et mortifère pour ces enfants, grippe-sou de surcroît, apprendra à ses dépens qu'il n'est pas l'être solaire qu'il s'était figuré et sans doute, comme un château branlant, s'en relèvera-t-il.
La mère, quant à elle, affronte l'image dans laquelle elle s'est laissée claquemurer par son mari oppressant.
Pour Walt, l'ainé des deux enfants, c'est l'histoire de la réappropriation d'une identité spoliée par son « salaud » de père ; pour Franck, le cadet lucide, insurgé contre le pater - j'aime bien mettre pater parce que ça sonne comme « pathos », ce père est le « pathos familias » - , c'est une perdition : livré à lui-même, autodestructeur, il doit trouver son équilibre dans tout le foutoir parental et se définir par lui-même.
C'est produit par Wes Anderson, superbement joué, Laura Linney et Jeff Daniels sont tout bonnement incroyables, très sobres, et Jesse Einsenberg s'en sort vachement bien ainsi que le petit qui joue Franck.
Cluny
Cluny

97 abonnés 593 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 14 octobre 2012
Le titre original, «The Squid and the Whale», fait référence au dernier plan du film où Bernard se retrouve seul au muséum d’histoire naturelle qu’il avait promis de visiter avec Franck, et où il s’attarde devant une maquette mettant en scène l’affrontement d’un cachalot et d’un calmar géant. Outre le clin d’œil aux aventures du Capitaine Zizou de «la Vie aquatique» dont le réalisateur avait signé le scénario, ce plan symbolise la bestialité de la lutte entre Joan et lui, ou tout du moins de la violence de leurs affrontements ressentie par ses fils. Car il s’agit un récit grandement autobiographique, et l’intérêt essentiel réside justement dans le fait qu’il est raconté du point de vue des enfants. Comme eux, on apprend la séparation au moment où Bernard et Joan leur annoncent (même si nous n’avons pas la même naïveté, et que les signes avant-coureurs -sans parler du titre français- étaient suffisamment explicites), comme eux nous découvrons les infidélités passées et les rancoeurs accumulées a posteriori.

Les questions qui se posent sont les leurs : que dire à leurs copains ? qui va garder le chat ? comment investir une nouvelle maison, surtout si le père met un poster de ce naze de Vilas à la place de celui de Gerulaitis ? Question que se pose surtout Franck, Walt ayant assumé sa nouvelle chambre en y placardant une affiche de «La Maman et la Putain» : cherchez le symbole…

Le traitement de ce sujet n’est pas nouveau : de «Génial, mes parents divorcent» aux films de Diane Kurys, le cinéma a déjà abordé le thème de la séparation et de ses effets sur les enfants. Mais la manière de le traiter est attachante, sur le mode de la chronique nostalgique, avec un montage nerveux et la multiplication des sous intrigues : la découverte de la sexualité par Franck, la mythomanie et le plagiat de Walt qui se confronte à sa première histoire d’amour, la crise de la quarantaine de Bernard qui se retrouve en concurrence avec son fils pour une de ses élèves, Lili (jouée par Anna Paquin, qui a bien grandi depuis «La Leçon de Piano»).

Jeff Daniel compose une sorte de M. Keating(le prof d’anglais du «Cercle des Poètes disparus») qui aurait perdu ses illusions, égocentriste et atrabilaire, finalement pathétique. Les deux acteurs qui jouent ses fils sont excellents : Jesse Eisenberg tout en tensions internes, jeune Rastignac à qui Paris échappe, et Owen Kline, apparemment lisse mais soumis à des séismes profonds, tapissant les armoires de ses condisciples de sperme et vidant la bouteille de whisky comme autant d’appels au secours. Le seul défaut de ce film est le revers de sa qualité principale : sa légèreté de ton, le détachement ironique renforcé par la reconstitution soignés des années 80 font du spectateur un témoin vaguement attendri, mais finalement pas plus impliqué que ça.


http://www.critiquesclunysiennes.com/
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 12 octobre 2012
une des belles surprises de cette année 2006. Des acteurs vraiment impressionnants et un bon script (enfin !).
Akamaru

3 503 abonnés 4 339 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 8 octobre 2012
Dans une atmosphère très mélancolique et dépressive,une sorte de Woody Allen sous anesthésiants,Noah Baumbach conte la séparation de parents aux trajectoires professionnelles opposées,et de sa répercussion sur le développement des enfants.Jeff Daniels et Laura Linney sont tous impeccables,rompus à la subtilité que réclame ce genre d'exercice.Jesse Eisneberg se démarque aussi en fils aîné dérangé."Les Berkman se séparent" peut se définir comme une comédie noire,où le rire naît à contre-courant,de même que les larmes.
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