Palombella Rossa
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Hotinhere

791 abonnés 5 474 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 2 mai 2026
La crise existentielle burlesque et mélancolique d’un député communiste amnésique pendant une partie de waterpolo, interprété par un Nanni Moretti insupportable à hurler pendant tout le film.
Bertie Quincampoix
Bertie Quincampoix

142 abonnés 2 053 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 15 novembre 2025
Sorti en 1989, Palombella rossa est le sixième long-métrage de Nanni Moretti, et le dernier dans lequel il incarne le personnage de Michele Apicella, son alter ego apparu quatre fois dans ses précédentes œuvres. Doté d’une unité de temps, de lieu et d’action remarquable – une belle piscine de plein air, le temps d’un match de water-polo, l’une des passions du cinéaste – Palombella rossa prend la forme d’une fable à la fois politique et autobiographique, dans laquelle cette fameuse piscine va devenir une arène théâtrale digne des plus belles extravagances felliniennes. À la fois très visuel et très intellectuel – l’œuvre, de ce point de vue, peut dérouter : rêve et réalité se mélangent, les propos des personnage ne font pas toujours sens, le récit multiplie les références historiques et politiques ardues – ce film évoque tour à tour les thématiques du spectacle, du temps qui passe, de la fatalité de destin, du vide des discours politiques et marketing modernes. À réserver à un public non rétif au cinéma cérébral.
Giu Ghica
Giu Ghica

1 abonné 20 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 27 octobre 2025
Chronique d’une révolution chlorée
(À propos de la version restaurée de Palombella Rossa, ou : comment j’ai appris à ne plus m’en faire et à aimer le chlore)
Il est des paysages cinématographiques qui vous hantent à jamais : la brume de Ferrare chez Antonioni, la Rimini de Fellini, la Vespa de Moretti tournant autour du Trastevere.
Et puis il y a Palombella Rossa, qui nous enferme courageusement pendant deux heures dans une piscine municipale — un baptême, non de feu, mais de chlore.
Nanni Moretti, prophète des névroses romaines, devient ici le maître-nageur des idéaux perdus.
Son protagoniste, un communiste frappé d’une amnésie bien commode, est contraint de redécouvrir le sens du politique en reprenant son souffle entre deux temps morts de water-polo.
La question plane, telle une vapeur au-dessus du bassin : le communisme est-il un système d’idées ou un match amateur mal arbitré ?
Moretti, bien sûr, répond en ne nous montrant ni l’un ni l’autre.
À la place, nous recevons un tsunami de répliques absurdes hurlées à travers les carreaux réverbérants :
« Le Parti doit être comme une contre-attaque ! »
« La faute est le moteur dialectique de l’histoire ! »
« Passe-moi la balle, camarade ! »
Ces fragments tourbillonnent dans la brume chlorée, mêlant Marx à Marco Polo.
Il faut admirer tant de perversité.
À une époque où le cinéma offrait encore le luxe des terrasses romaines, des balades en Vespa et des comédies cappuccino, Moretti nous entraîne dans un cauchemar aquatique.
Quatre-vingt-dix-huit pour cent du film se déroule dans le complexe de la piscine, où les figurants hurlent comme possédés, chœur d’hystérie évoquant à la fois les assemblées politiques et les cours de natation pour enfants.
S’agit-il d’une satire de l’idéologie ?
D’une glorification des corps d’athlètes ?
D’un hymne à la futilité de la dialectique face au coup de sifflet de l’arbitre ?
Nul ne le sait.
Le paradoxe est parfait : Moretti critique la politique en la noyant dans un bain de chlore, transformant Marx en bouée en caoutchouc flottante.
Aujourd’hui, dans sa version restaurée, Palombella Rossa brille d’un éclat plus absurde encore.
La qualité d’image améliorée nous permet d’examiner chaque goutte de sueur et d’eau chlorée, chaque tressaillement du visage de Moretti, tandis qu’il tente de nous convaincre que le water-polo amateur peut porter le poids allégorique d’une époque.
Y parvient-il ?
Peut-être en 1989, quand les dialogues dadaïstes et les subjectivités éclatées passaient encore pour de l’expérimentation radicale.
En 2025, cela ressemble davantage à une interminable répétition de slogans absurdes criés dans un mégaphone, au fond d’un sauna.
Et pourtant, il faut bien l’avouer : le film fascine précisément parce qu’il échoue avec tant de grandeur.
C’est un monument à l’ennui érigé en allégorie politique, une tentative héroïque de transformer le chlore en idéologie.
Moretti nous oblige à contempler la lente noyade de l’utopie — et s’assure que nous sortions, nous aussi, du cinéma à bout de souffle.
Alors, que reste-t-il après toutes ces fautes, ces coups de sifflet, ces idéaux oubliés ?
Peut-être seulement ceci : que les révolutions, comme les matchs de water-polo, se décident moins par la tête que par la capacité pulmonaire.
Patjob
Patjob

43 abonnés 757 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 25 septembre 2025
Un film « sportif », par son cadre principal, un match de water-polo dans une piscine, mais aussi par son rythme et par l’énergie qu’il sollicite du spectateur ! En effet, bien au-delà du cadre cité ci-dessus, il mêle, sans aucune construction traditionnelle de type narratif, réflexion politique (la question de la place et de l’utilité d’un parti communiste à cette époque dans son pays), réflexions sociétales (entre autres l’affaiblissement de la pensée par la simplification du langage, ce qui est assez visionnaire), fable burlesque et souvenirs personnels baignés d’une nostalgie de l’enfance. Moretti avait déclaré vouloir faire un film « composite » ; de ce point de vue c’est à la fois très riche et extrêmement réussi. Chacune de ses dimensions aussi. Avec humour, pertinence, auto-dérision, sensibilité et sincérité.
Christian RZ
Christian RZ

87 abonnés 267 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 22 septembre 2025
Un film parfaitement indigeste même avec beaucoup d’indulgence : il n’est pas drôle mais maladroit de bout en bout, sans doute a-t-il bien mal vieilli !
Jerican
Jerican

14 abonnés 113 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 13 septembre 2025
J'ai découvert Nanni Moretti au moment de La chambre du fils et à ce moment-là, j'ai vu ses films précédents dont Palombella Rossa. Heureux qu'il ressorte, je me suis précipité et j'ai retrouvé le même plaisir, la même euphorie teintée de nostalgie, de mélancolie, de lien à l'enfance, tout ce que j'ai trouvé quand je l'ai vu la première fois et dans la plupart des films de Nanni Moretti. Un sens de la mise en scène, un sens du burlesque, de la rage, de la colère, de la poésie aussi. On est submergé par des émotions entre rires et larmes, c'est cliché, mais c'est vrai et aussi par la précision et inventivité du propos, de la narration. Aussi, tous les personnages existent et leurs acteurs les subliment. Tel un Silvio Orlando devenu le grand acteur italien qu'on connaît ! Merci Nanni pour tout !
Joselito
Joselito

35 abonnés 133 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 8 septembre 2025
Peut-être faut-il bien connaître l'Italie des années 80/90 pour comprendre d'éventuelles allusions politiques.
spoiler:
Comme celle, par exemple, dans la 2ème moitié du film, montrant Michele Apicella/ Nanni Moretti approuver l'adhésion de l'Italie à l'Otan lors d'une émission de radio. spoiler:

Si le PCI a su être très critique assez vite à l'égard de Moscou, peut-être y a-t-il eu des aggiornamenti malheureux avec la droite ( création de l'Olivier, du Part. Demo.), qui se traduiraient dans le film par l'éclatement de la narration, les rapports douloureux au passé ( spoiler:
"Mama !" crie de façon désespérée Michele adulte comme un " au secours !" spoiler:
et l'aspect souvent absurde et comique des situations.
Très intéressant comme expérience cinématographique mais aussi pathétique.
Michel THOBY
Michel THOBY

1 critique Suivre son activité

1,0
Publiée le 8 septembre 2025
Film sans fil conducteur, ennuyeux à mourir. Avec une succession de dialogues bruyants et répétitifs...nous n'avons pas du tout été séduits...
capirex
capirex

186 abonnés 791 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 7 septembre 2025
Yannick Spisser
Film assez original de et avec Nanni Moretti où il apparait sous la forme de son alter ego aussi irascible qu'attachant nommé Michele Apicella avec en toile de fond un match de water-polo délirant , parabole du Communisme Italien .
cordonnier bruno
cordonnier bruno

1 critique Suivre son activité

0,5
Publiée le 5 septembre 2025
Ces italiens en hurlant dès la première nous ont fait fuir au bout d une demi heure
L histoire et le scénario sont aussi nuls
ÉVITER DE PERDRE VOTRE TEMPS
Dora M.
Dora M.

78 abonnés 544 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 23 mai 2025
Michele (Nanni Moretti) s’interroge sur son identité de communiste dans les années 80.
C’est très ennuyeux, il n’y a pas d’histoire, juste des réflexions avec, en toile de fond, le water polo. Je n’ai pas réussi à le terminer.
Pascal
Pascal

255 abonnés 2 427 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 2 janvier 2023
Quand on connait le talent de Nanni Moretti qui lui permit d'obtenir un lion d'or avec " journal intime ", une palme d'or avec " la chambre du fils" et un chef d'oeuvre " mia madre", on se dit que certains artistes ne trouvent pas tous leur inspiration au début de leur oeuvre.

Toutes les scènes se déroulant lors de la deroutante partie de water-Polo ne sont pas réussies et l'on se demande pendant presque toute la projection ou veut en venir le réalisateur ?

Vagues critiques de la politique italienne, de l'éducation rigide, de l'engagement en politique, on essaye de se repérer à la boussole pendant une grande partie de " palombella rossa" avant de définitivement lâcher prise.

Particulièrement raté et surtout très ennuyeux dans sa seconde partie, " palombella rossa" fait figure d'un véritable ratage.

On sauvera de ce naufrage quelques scènes éparses, Nanni Moretti lui-même, la présence au générique de Asia Argento ( fille de Dario Argento) encore adolescente et celle, dans un second rôle, du réalisateur chilien en exil en Europe Raul Ruiz.

Les soliloques de Moretti sont d'une vacuité presque totale et on se demande à qui s'adresse ce film touffu et malheureusement trop abscons.

Seuls les aficionados du réalisateur qui veulent connaître sa filmographie complète, s'aventureront dans cette " palombella..." indigne du talent de son metteur en scène.
Attigus R. Rosh
Attigus R. Rosh

253 abonnés 2 692 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 21 novembre 2020
Palombella rossa est une comédie plutôt sympathique de Nanni Moretti.
Le pitch : Michele, à la suite d'un accident perd la mémoire et apprend qu'il est joueur de water-polo et mais également qu'il a sa carte du parti communiste italien. Il doit donc réapprendre (ou plutôt retrouver) ses compétences de joueur de water-polo et doit se réapproprier ses convictions communistes, qui avaient plus ou moins disparu avec sa mémoire.
Nanni Moretti est plutôt convaincant dans le rôle principal de son propre film.
C'est plutôt sympathique.
Musomuse
Musomuse

12 abonnés 237 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 12 octobre 2020
Ce qui est cool avec les films de Nani Moretti, c'est la richesse. C'est très dense. Il se passe plein de choses et l'on sans rends parfois même pas compte. Que ce soit sur le texte qui est très dramatique, ou dans la fabrication d'images. Très sympa, après il s'agit d'un cinéma très appart. On ne connait pas spécialement les raisons ayant mené l'auteur à faire tout cela. Clairement ça semble personnel. Une psychanalyse, dont l'idée ne me branche pas trop; je ne le connais pas je ne peut pas dire si tout cela est valable.
Autrement, c'est un film cool. Le water polo servant la construction narrative du film. Un usage de la musique très sensible, c'est agréable. Et plus généralement il s'agit d'un film plein de sensibilités. Tout est primordiale.
On a aussi pleins de familiarité avec ses guimicks. Le type qui en suit un autre pour des raisons donnant du recul à ce que fait et pense le personnage que joue Moretti. Rajoutons à cela une palette de trucs sur le thème du cinéma.
C'est une petite pépite de cinéma qui donne à la pelles des belles choses.
 Kurosawa

674 abonnés 1 509 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 9 mars 2020
Lors d'un match de water-polo, Michele Apicella, alter ego du cinéaste, réfléchit à voix haute sur ce qu'est être communiste en 1989. Le travail d'introspection mené par Apicella ne se fait pas seul, il est nourri par la confrontation avec d'autres personnages (sa fille, deux militants communistes, une journaliste, entre autres) qui ne sont en aucun cas conciliants avec lui mais le bousculent, le poussent à se questionner davantage. En réalité, il n'y a aucune conciliation dans "Palombella Rossa" mais une somme de questions qui tournent en boucle, se répètent (la répétition est d'ailleurs en soi un motif du film : répétition de situations, de répliques, de plans) et au moment où une forme de conclusion survient, elle est instantanément contredite, ou du moins remise en cause. Aucune décision n'est prise, aucun jugement n'est effectué parce que l'esprit d'Apicella-Moretti n'a pas pour but de solutionner la question de l'identité communiste dans une période qui voit le mur de Berlin s'effondrer (et par conséquent l'Allemagne de l'Est puis l'Union Soviétique) mais d'articuler autour de celle-ci une pensée qui soit la plus juste possible. Aussi, le niveau politique du film se situe moins dans la définition de ce qu'est le communisme que dans la défiance d'un langage simpliste – le langage de la politique politicienne bien sûr mais aussi celui des journalistes qui à force de synthétiser des propos finissent par les déformer – et la défense de ce que doit être une pensée juste et cohérente. Si Apicella balbutie, piétine et semble ne pas progresser, c'est parce qu'il ne cesse de réfléchir au propre cheminement de sa pensée et le film, lui, – c'est sa radicalité et sa cohérence – suit Apicella en permanence, calque son rythme sur les hésitations de son personnage. Film hautement mental, "Palombella Rossa" fait donc l'éloge d'une pensée instantanée et juste mais n'oublie pas pour autant l'émotion. Le film met du temps à la faire surgir mais elle vient progressivement, notamment au détour d'un sublime ralenti sur un ballon qui vient se loger dans la lucarne du gardien, d'une scène du "Docteur Jivago", retransmis au bar de la piscine, ou bien quand "I'm on fire" de Bruce Springsteen retentit et apaise momentanément des joueurs sous pression. L'émotion est formelle, musicale et également sportive car c'est enfin l'amour du sport et sa capacité à (ré)unir une foule qui est célébré. La foule qui conspue l'arbitre, qui siffle un joueur de l'équipe adverse quand ce dernier s’apprête à tirer un penalty, qui crie à n'en plus finir pour encourager la sienne, qui éclate de joie et qui descend des gradins pour partager la victoire avec son équipe : ce sont tous ces comportements d'un collectif et les émotions qu'ils véhiculent que Moretti met en avant. La joie d'être ensemble, c'est peut-être après tout le seul moyen de lutter contre la montée de l'ultra-libéralisme qui gagne à ce moment l'Italie et qui gagnera l'Europe dans les années suivantes. Film de son temps et visionnaire, "Palombella Rossa" est l'un des plus complexes, des plus originaux et passionnants de Nanni Moretti.
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