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andreasy
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2,0
Publiée le 25 juin 2012
un film bien particulier qui distille un certain charme mais aussi un ennui considérable. Malgré de bonnes dispositions on finit par s'endormir face au jeu des acteurs, théatral à souhait et volontairement guindé.
Extrêmement bavard et verbeux, un film où s'est exprimé l' "art" de Fassbinder d'une façon analytique toute nouvelle qui explore au plus profond des sentiments avec le paradoxe de tourner avec des acteurs inexpressifs, toujours les mêmes depuis le début de sa carrière. Dommage que le résultat soit à la fois trop long et trop vide, puisque sont utilisés à la fois la voix off et les textes inter-scènes pour remplacer des plans que le réalisateur n'a bizarrement pas jugé utile de tourner. Un brouillon.
Par son extrême classicisme, Effi Briest occupe une place singulière et un peu déconcertante dans la filmo de Fassbinder, caractérisée par une liberté de ton et un non-conformisme revendiqués. Le cinéaste porte à l'écran un roman de Theodor Fontane, qui avait déjà connu deux adaptations (par Gustaf Gründgens en 1939 et Rudolf Jugert en 1953). Il le fait avec un grand souci de fidélité, comme en témoigne la mention de l'écrivain dans le titre original, Fontane - Effi Briest. Selon les propos de Fassbinder : "La littérature doit être le sujet exact du film." On comprend qu'il ait pu être séduit par cette histoire, au croisement de Madame Bovary et d'Anna Karénine. Une histoire qui porte une critique implacable de la bourgeoisie allemande, engoncée dans ses principes d'ordre social et moral, d'une froideur calculatrice et inhumaine, à travers le destin d'un personnage féminin qui apparaît comme la victime de cet univers. En revanche, on peut s'étonner de ses choix narratifs et stylistiques : voix off, intertitres, noir et blanc, décors et costumes ad hoc... Fassbinder signe un film très (trop ?) propre, brodant de façon feutrée sur la raison et les sentiments, le devoir et la moralité, au fil de longs dialogues (souvent repris du roman), sur un ton monocorde. Pas ou peu d'expression de la passion amoureuse. Quelques accents de souffrance. On s'ennuie un peu, sur la longueur, de cette retenue et de cette élégance distanciée, même si l'interprétation d'Hanna Schygulla est comme toujours convaincante. On retiendra, sur le plan visuel, la bonne idée des fondus au blanc, qui ont quelque chose de cinglants, et sur le fond, la dernière scène, assez terrible. Mais cela ne suffit pas à dissiper le regret que Fassbinder n'ait pas cherché à transcender ce drame bourgeois psychologisant, à dépasser sa belle illustration.