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Loin de sa subtilité habituelle (le magnifique Lone star), Sayles signe ici un pamphlet satirique, très démonstratif, tourné en pleine campagne électorale de Bush. Son gouverneur en campagne est un homme de paille du milieu des affaires, stupide et populiste. Une enquête parallèle découvrira (à la manière de Chinatown) une vaste magouille immobilière, mêlant exploitation des clandestins mexicains et saccage environnemental. Le geste du réalisateur était sans doute courageux à l'époque ; il apparaît aujourd'hui un peu vain. Déjà parce que le cinéaste y perd de sa force (le récit est un pensum plus qu'une construction dramatique), la leçon est assénée de façon un peu brouillonne et n'a finalement pas la force politique de certains de ses films précédents. A vouloir mettre les pieds dans le plat, Sayle fait acte citoyen mais livre un cinéma paradoxalement plus consensuel. Reste, évidemment, la virulence de son regard sur la corruption politique, quelques belles séquences où le cinéaste va à la rencontre des "exclus" (les clandestins, les journalistes en rupture de banc, etc.), une impressionnante galerie de seconds rôles, dont certains très jubilatoires (Darryl Hannah, Richard Dreyfuss ou Kris Kristofferson) et un Chris Cooper plus "bushien" que nature. Silver city se laisse voir sans déplaisir mais demeure assez oubliable dans la filmo de Sayles.
Ajoutée le 09 janv. 2011 à 11h18 Signaler un abus
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