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Julien D
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3,5
Publiée le 10 septembre 2014
La façon dont l’une des figures majeures du film noir, le personnage de Philip Marlowe créé par l’écrivain Raymond Chandler et précédemment immortalisé par notamment Humphrey Bogart dans Le grand sommeil, est remise au gout du jour par Robert Altman est un prétexte idéal pour le réalisateur de redonner un coup de jeune à un genre en perte de vitesse. En donnant davantage de place à la désinvolture que dégage ce détective blasé, en décalage avec son temps car sûrement coincé à l’époque de l’âge d’or du film noir, et à son quotidien dans un Los Angeles dans l’esprit des années 70 (caractérisé par ses voisines hippies et son gardien fan des stars de l’époque) qu’à l’intrigue elle-même, Le privé est une œuvre à part qui réussit à jouer des stéréotypes du genre tout en leur apportant une touche d’autodérision et une mise en scène moderne. Car même si beaucoup de personnages, comme la femme fatale incarnée par Nina Van Pallandt et son mari, l’auteur alcoolique interprété par Sterling Hayden, sont des clichés mais ils sont utilisés dans des scènes, telles que celle de la noyade, d’une intensité qui les rendent uniques.
D’une mélancolie parfois un peu trop languissante, le film d’Altman dresse le double portrait d’un homme en porte-à-faux avec son époque et d’une civilisation qui galvaude ses idéaux libertaires sur l’autel du profit, endormie par les drogues douces et la soudaine richesse. Derrière la bonne santé, le luxe, le soleil se cachent la violence, la corruption et la trahison. Le film a le charme mais aussi les limites de son récit trop lâche, pas toujours passionnant à suivre, mais à l’image du monde en déliquescence qu’il décrit.
Philip Marlowe (Elliott Gould) est un détective privé qui vit seul à Los Angeles avec son chat. Par fidélité pour son ami, Terry Lennox, il accepte de le conduire en pleine nuit au Mexique avant d’apprendre à son retour que Sylvia, l’épouse de Terri, a été assassinée et que Terri est accusé du crime. L’annonce du suicide de Terri et de ses confessions ne suffit pas à dissiper les doutes de Marlowe qui décide d’élucider ce meurtre mystérieux. Son enquête le mène chez les voisins des Lennox, les Wade. Roger Wade est un romancier alcoolique en panne d’inspiration. Eileen Wade suspecte son mari d’avoir eu une liaison avec Sylvia et de l’avoir tuée.
À sa sortie en 1973, "Le Privé" avait connu un bide retentissant. Les critiques et les spectateurs ne lui avaient pas pardonné les libertés qu’il avait prises avec le roman de Chandler et avec les règles iconiques du film noir. Il est vrai que Elliot Gould ne ressemble guère à Humphrey Bogart ni les 70ies aux 40ies. Mais, à y regarder de plus près, Altman n’est pas si infidèle à Chandler qu’on le lui reproche. Certes, on n’imagine pas Humphrey Bogart câliner son chat comme Elliott Gould dans la première scène du film. Mais les deux hommes partagent le même code d’honneur, le même dandysme, le même refus des règles d’une société frelatée par le crime, la luxure et l’alcoolisme. Et si la fin du "Privé" s’éloigne considérablement de celle du roman de Chandler, elle en a le même esprit.
Aujourd’hui, "Le Privé" a été réhabilité. Il a trouvé sa place dans le panthéon du cinéma hollywoodien. Il le doit à l’aura de son réalisateur, le grand Robert Altman, et aussi à sa place dans l’histoire du film noir dont il constitue comme un post-scriptum seventies.
Même si on retrouve l'esprit des romans de Raymond Chandler, un film qui a pris dans l'ensemble un sérieux coup de vieux, truffé de longueurs. Bonne intrigue malgré le côté déjà vu. Loin de marquer les mémoires de façon durable.
une bonne atmosphère un air désabusé et cynique, bien-sûr l intrigue est secondaire mais c est plus les seconds rôles et l ambiance qui compte et nous reste après. pas déçu et plutôt plaisant
"Le Privé" est un polar de Robert Altman que j'ai trouvé presque ennuyeux, malgré quelques bonnes répliques et un certain charme... Dans l'ensemble, c'est pas trop mal interprété, même si la manière de jouer d'Elliott Gould a un peu vieilli - sa trop grande désinvolture a un côté surjoué, en plus - ; mais c'est surtout l'intrigue que je n'ai pas trouvée très passionnante, d'autant plus qu'elle n'avance pas... En fait, il y a d'après moi trop de blabla. Heureusement, certaines situations sont amusantes et la fin est vraiment sympa... Tout comme les voisines ! :
D'emblée l'ambiance cynique de ce film noir est posée par le face à museau humoristique mais révélateur des failles relationnelles ainsi que du profond humanisme du privé incarné avec conviction par un Elliott Gould dont la personnalité qu'il confère à Marlowe justifie le visionnage de ce thriller qui en s'éloignant de la trame de l'ouvrage de Chandler conserve une cohérence scénaristique et ancre son propos dans des problématiques classiques mais efficaces. Plutôt rythmé, au second degré amusant et doté d'une mise en scène assez habile cette nouvelle variation autour de taciturnes anti-héros blasés convainc par ses légères nuances bienvenues. Très plaisant.
J’ai trouvé ce film pas mal sans plus : affreusement bavard, résolution du meurtre approximative… seule la scène du début du chat affamé était réjouissante, et l’acteur incarnant Marlowe était bien choisi, de même que l’ambiance générale bien rendue. A beaucoup vieilli.
Sur le fond, le film de Robert Altman diffère peu des intrigues volontiers compliquées et parfois factices dont la série noire s'est fait un style. Mais les partis-pris de mise en scène adoptés par Altman semblent souvent parodier, à distance, le genre. A l'image de son héros, Philip Marlowe, qui fait fréquemment figure de pantin caustique et insolent, voire, d'une certaine façon, de type ordinaire, spécialement inefficace et dévirilisé.; Elliot Gould ne joue ni les Robert Mitchum ni les Bogart, ce qui rend son personnage de détective privé original et inattendu, drôle et dérisoire. L'intrigue devient dès lors assez secondaire, d'autant que le réalisateur se plait à la ralentir et à se disperser. Et puis, on est surpris par la modernité de la mise en scène, par la mobilité élégante de la caméra qui donne un tout autre visage du polar des années 70, surtout comparé aux très en vogue Dirty Harry de Clint Eastwood. Reste que le sujet manque un peu d'envergure et que les temps morts volontaires du récit nuisent tout de même à son efficacité.
Voilà une enquête du célèbre détective Marlowe qui ravira les amateurs d'affaire bien tarabiscotée, avec une explication qui n'arrivera que dans la dernière minute du film. C'est bien construit car dès le début on se perd dans les méandres de cette enquête ou même ce qui parait anodin, sans lien, ne doit pas être oublié car tout fini par se tenir. On remarquera une brève apparition du grand Arnold Schwartzenegger certainement dans un de ses premiers rôles, et il n'est même pas crédité au générique. Je déplore juste un manque d'acteur un peu plus connus que ce que nous propose ce film. A voir par les amateurs d'enquête de détective.
Un bon petit polar des familles, avec détective privé cynique et charmeur, flics corrompus, petits malfrats à la petite semaine, et intrigue implacable. "Le Privé" n'est toutefois pas mémorable, malgré des répliques assez cultes.
Les acteurs et l'ambiance suffisent largement à passer un bon moment de cinéma, même si le rythme du film pourra endormir les moins sensibles aux personnages désabusés faisant l'essence de ce polar.
Petite mention pour l'apparition d'un célèbre acteur et bodybuilder allemand, future star mondiale.