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Les Salauds dorment en paix
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note moyenne
4,1 113 notes dont 25 critiques
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MemoryCard64

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4,5Excellent • Publiée le 26/05/2016

Akira Kurosawa a le don de s'approprier les textes de Shakespeare pour faire des films à l'ampleur colossale. La manière dont les enjeux pèsent sur les personnages et le spectateur permet au cinéaste de proposer à chaque fois une expérience cinématographique marquante. L'adaptation de Hamlet, l'une des pièces les plus riches de l'auteur anglais, s'annonçait donc comme une œuvre incontournable. Ce film présente un conflit perpétuel entre le sérieux et l'humour : plusieurs interludes entièrement dédiés au comique ponctuent l'intrigue principale. Ce contraste étonne par son efficacité. Le changement de ton se fait rapidement, au détour d'une phrase, comme si de rien n'était. La modulation habile de la musique permettent de graver ces basculements, pourtant étonnants, dans la logique de l’œuvre. Un point important, puisque Kurosawa va jusqu'à s'approprier les qualités de chaque registre pour affiner la structure de l'histoire. Ainsi, le sérieux d'un coup de théâtre empêche son aspect retentissant d'être ridicule, alors que le comique permet de faire passer une facilité scénaristique en toute discrétion. Cependant, Les salauds dorment en paix reste un long-métrage profondément sombre et fait preuve, à l'instar de Ran, de beaucoup de pessimisme. La dureté de l'histoire se traduit par des images anormalement symétriques et des personnages raides, avec des gestes très mécaniques (ce qui est peut-être une autre manière de critiquer le monde du travail japonais). Mais, comme souvent avec Kurosawa, c'est au niveau de l'écriture pure que son œuvre brille le plus. Toute l'histoire s'articule autour du secrétaire de l'entreprise, qui est certainement l'un des rôles les plus intéressants de la carrière de Mifune. L'intelligence de ce personnage (par extension, celle du scénario) est remarquable tout le long du film, en particulier lors de la scène des billets. Le secrétaire est à l'origine du problème posé dans cette scène (ce que ses collègues ne savent pas) et le spectateur est invité à découvrir ses intentions au moment même où elles se concrétisent. Un de ses supérieurs est accusé à tort devant ses yeux, et son silence et son sang-froid est perçu comme du professionnalisme, comme il l'avait prévu. Ce passage déjà intéressant est rendu virtuose par la scénographie de Kurosawa, qui s'arrange pour que toute l'intensité de la scène passe par le regard de Mifune, qui papillonne d'une personne à l'autre. Du grand cinéma. Le cinéaste japonais dépasse donc sans surprise le stade de la simple adaptation et ne puise que le meilleur de la pièce de Shakespeare pour faire une œuvre différente, et surtout personnelle. C'était beau et c'était grand, merci Akira !

Maitre Kurosawa

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4,5Excellent • Publiée le 11/02/2014

Kurosawa frappe un grand coup avec ce film noir au fond pessimiste. La vengeance, la corruption et la famille sont les thèmes majeurs de cette oeuvre surprenante et angoissante. Le scénario est extrêmement riche, avec un coup de théâtre ingénieux après une demi-heure et une fin inattendue qui relativise ce qui précède. Un film aussi où les acteurs sont époustouflants, avec un Toshirô Mifune en état de grâce. Il porte sur son visage la douleur qui habite son personnage, et procure une intensité dramatique rarement vue au cinéma. Un film explicatif sur le passé et les émotions des personnages, mais incroyablement subjectif sur la dimension sociale et politique qui brûle à chaque image. C'est ce décalage qui fait la force du film, et de façon plus large, le cinéma entier de Kurosawa.

soniadidierkmurgia

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4,5Excellent • Publiée le 14/01/2012

"Les salauds dorment en paix" est le premier film de la société de production que Kurosawa a monté pour accroître ses marges d'autonomie artistiques. Le film noir est depuis un moment passé de mode aux Etats-Unis mais Kurosawa pense sans doute que dans une société japonaise qui justement s'américanise, le genre noir sera le bon vecteur pour dénoncer de manière ludique les dérives mafieuses du monde des affaires de son pays. Le film s'ouvre par une longue scène de banquet où un magnat qui marie sa fille est entouré de tous les dignitaires qui lui ont permis de remporter frauduleusement des marchés publics. Coppola saura s'en souvenir pour l'ouverture du "Parrain" en adaptant la cérémonie aux mœurs latines plus affriolantes que l'extrême rigueur japonaise qui oblige chaque invité d'importance à porter un toast public aux jeunes mariés. Le mal est déjà dans le fruit et la scène de la pièce montée si elle ne se termine pas en bain de sang comme dans tout bon film de mafia hollywoodien, permet à Toshiro Mifune de lire sur les visages décomposés quelles seront ses futures victimes. Ce choix scénaristique de Mike Inoue le neveu de Kurosawa permet au réalisateur de rester fidèle au grand dramaturge anglais William Shakespeare qui a déjà été sa source d'inspiration à deux reprises. Passé ce prologue original, Kurosawa marche dans les pas des maîtres du genre pour notre plus grand bonheur. La portée politique et sociale de son propos rapproche davantage Kurosawa du Dassin des "Bas-fonds de Friscoe" ou du Kazan de "Panique dans la rue" que des films plus intimistes de Siodmak ou Huston. Le film remplit donc parfaitement son office et permet d'éclairer le talent protéiforme de Kurosawa aussi à l'aise avec les bandits en gants blancs qu'avec les samouraïs de ses films épiques. Ce qui frappe le spectateur occidental c'est la hiérarchisation extrême de la société nippone et son sens exacerbé de l'honneur qui conduit chaque homme à préférer mourir sur ordre de son supérieur plutôt que de trahir. Mais comme dans toute société organisée les plus puissants l'emportent toujours à la fin . Une vérité portée par le titre et crûment démontrée dans la scène finale d'un cynisme qui fait froid dans le dos. Tous les acteurs sont au diapason d'un Toshiro Mifune parfait en fils vengeur qui hésite sur le sens de son geste. Un film méconnu à redécouvrir d'urgence.

tomPSGcinema

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3,5Bien • Publiée le 11/07/2012

Malgré quelques petites longueurs, l’ensemble possède tout de même suffisamment de rebondissements pour que l’on puisse prendre un minimum de plaisir à suivre ce récit. Mais évidemment, ce que l’on retiendras le plus dans ce long métrage, c’est à la fois la superbe prestation des comédiens – mention spécial pour le grand Toshiro Mifune qui est une fois de plus impeccable -, mais aussi par rapport à la très grande qualité de la mise en scène. En effet, Akira Kurosawa nous propose des mouvements de caméras comme lui seul en as le secret et cela nous donne bon nombre de plans de toute beautés. En résume, il s’agit d’un excellent polar qui n’est pas à renier dans la filmographie du célèbre metteur en scène japonais.

AMCHI

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2,5Moyen • Publiée le 09/10/2011

Je n'ai pas réellement accroché à ce polar néo-réaliste de Kurosawa qui fait penser à un certain cinéma italien certes l'histoire est passionnante et la scène d'ouverture (le mariage) est d'un cynisme glaçant ; la fin aussi est vraiment magnifique mais l'ensemble est assez long. Ce film de 2h30 aurait sans doute gagner à être plus court en tout cas selon mon avis car il plaît tel quel à beaucoup de monde. Je n'ai pas vu encore un grand nombre de Kurosawa mais dans le même style j'ai préféré Chien enragé.

this is my movies

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4,5Excellent • Publiée le 30/04/2016

C'est le 1er de Kurosawa que je voit qui ne soit pas un chambara. Et avec ce polar dense, complexe et d'une force incroyable, il signe un pamphlet déguisé en adaptation d'Hamlet (ou le contraire) qui rentre dans le lard des hauts fonctionnaires de son pays, l'institution étant visiblement corrompu jusqu'au plus haut sommet. Cette fable noire, grinçante, impitoyable, est d'une précision chirurgicale tant au niveau des interprétations que du scénario jusqu'au décors et montre à quel point l'art de la mise en scène de Kurosawa est complet. Si le film est très long et parfois difficile à comprendre, ça reste une dénonciation à la fois engagée et limpide d'un système qui révulse son auteur tout en s'avérant désespérée. T. Mifune signe une performance grandiose, moins exubérante et physique que d'autres collaborations avec le maître tandis que les autres personnages sont bien développés et bien jouer par des acteurs impliqués (quand bien même j'ai toujours un peu de mal avec les éclats de voix et les grandes déclamations exubérantes). Un grand film à voir et à décortiquer pour en apprécier toutes les ficelles. D'autres critiques sur http://thisismymovies.over-blog.com/

Jière Les Iffs

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4,0Très bien • Publiée le 19/01/2016

Drame de vengeance, japonais. Un homme dont le père a été victime d'un haut dirigeant d'entreprise épouse la fille, handicapée, de celui-ci pour assouvir une vengeance, Spoiler: mais cela le mènera à sa perte. Sorte de tragédie inspiré de Hamlet. Le fils voulant venger son père. Beau film de Kurosawa, très bien réalisé, avec des séquences remarquables (le début du film montrant le mariage, lorsque le personnage principal veut faire se suicider un traître en le défenestrant). Le héros veut lutter contre la corruption mais n'hésite pas à utiliser des moyens peu orthodoxes. La fin est à la fois longue (incarcération) et rapide (mort du héros), et le lieu de détention est plutôt banal. Mais les dialogues sont toujours intéressants et les relations humaines sont bien décrites. Les motivations du héros sont claires, et plutôt cyniques. C'est un film plutôt pessimiste sur la nature humaine [spoiler][/spoiler]puisque en fait les "méchants" ont gagné et pourront dormir en paix.[spoiler][/spoiler]

Attila de Blois

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3,5Bien • Publiée le 08/12/2015

Oeuvre relativement méconnue d'Akira Kurosawa, "Les Salauds dorment en paix" mérite cependant que l'on s'y penche. On y retrouve les qualités techniques et artistiques qui ont fait le succès du cinéaste japonais. L'histoire est toutefois moins prenante et passionnante que celles mettant en scène des samouraïs ou des yakuzas. Ici, Kurosawa dénonce à sa manière la corruption des milieux des affaires de l'après-guerre. Le tout est bien entendu imprégné de culture et valeurs nipponnes de l'époque (coutume du suicide, respect poussé de la hiérarchie,valeurs familiales,...) que certains auront du mal à comprendre. Les ficelles scénaristiques de cette tragédie (car c'en est une) sont assez grosses pour être prévisibles et et l'intrigue dans son ensemble aurait mérité d'être raccourcie. Notamment grâce à ses acteurs, "Les Salauds dorment en paix" reste un film efficace dont on excusera les quelques longueurs.

Docteur Gaius Jivago

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3,5Bien • Publiée le 05/12/2015

C'est lors du mariage de sa fille qu'Iwabuchi, président d'une grosse société, voit la police arrêter deux de ses employés dont son comptable, accusé notamment d'avoir reçu des pots-de-vin. C'est au cœur des grandes sociétés et des pratiques mafieuses que nous emmène Akira Kurosawa avec son premier film produit par ses soins. Il met en avant les failles des grandes industries, leurs dirigeants et de la société japonaise dans son ensemble mais aussi la noirceur humaine et, avec Les Salauds dorment en paix, il va la pousser à l'extrémité et la mettre face à ses limites. Entre meurtres, jeux de dupes, obscurités, il mène son récit avec brio, sachant retranscrire tous les thèmes qu'il aborde et leurs particularités. Alors, je reste tout de même légèrement déçu par le manque de tension en milieu de récit et ce malgré un début et une fin remarquable, orchestrant donc quelques longueurs évitables. De plus, Les Salauds dorment en paix manque d'une vraie puissance dramatique comme Kurosawa a su en mettre dans d'autres de ses œuvres et, sans être totalement préjudiciable, c'est tout de même dommage pour un film qui brille par plusieurs aspects. Excepté cela, il met sobrement en scène son récit et ce avec brio, ne manquant pas d'idées et surtout retranscrivant bien toute la noirceur de son oeuvre, tant dans les personnages que dans les thèmes. Il met en place une atmosphère aussi sombre que désespérée et oppressante et orchestre une véritable descente aux enfers dans un milieu pourri et corrompu jusqu'à la moelle. Il nous emmène dans divers chemins scénaristiques souvent surprenants, bien orchestrés et bénéficiant d'une grande qualité d'écriture, notamment pour ce qui est des personnages. Consistants, ambiguës, ils sont très vite rendu intéressants et il en fait ressortir la tragédie et noirceur, ils sont aussi bien interprétés et en particulier par Toshiro Mifune qui rend même son personnage émouvant. Plusieurs séquences sont mémorables et montrent à nouveau toute la maîtrise de Kurosawa derrière la caméra, notamment le mariage qui ouvre le film. Si certains points me laissent légèrement sur ma faim, l'aspect sombre, oppressant et la qualité d'écriture et de mise en scène de Kurosawa prennent le dessus pour une oeuvre qui ne manque pas de faire froid dans le dos une fois achevée.

pierrre s.

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3,0Pas mal • Publiée le 26/11/2015

Une intéressante étude de la société japonaise, sur fond de corruption et de "sacrifice". Mais elle est plombée par trop de longueurs.

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