Mon Allociné
Les Salauds dorment en paix
Séances Bandes-annonces Casting Critiques spectateurs Critiques Presse Photos VOD
Blu-Ray, DVD Musique Secrets de tournage Box Office Récompenses Films similaires News
note moyenne
4,1 105 notes dont 24 critiques
42% 10 critiques 29% 7 critiques 17% 4 critiques 13% 3 critiques 0% 0 critique 0% 0 critique

24 critiques spectateurs

Trier par
Critiques les plus utiles
Maître Kurosawa

Suivre son activité 81 abonnés Lire ses 769 critiques

4,5Excellent • Publiée le 11/02/2014

Kurosawa frappe un grand coup avec ce film noir au fond pessimiste. La vengeance, la corruption et la famille sont les thèmes majeurs de cette oeuvre surprenante et angoissante. Le scénario est extrêmement riche, avec un coup de théâtre ingénieux après une demi-heure et une fin inattendue qui relativise ce qui précède. Un film aussi où les acteurs sont époustouflants, avec un Toshirô Mifune en état de grâce. Il porte sur son visage la douleur qui habite son personnage, et procure une intensité dramatique rarement vue au cinéma. Un film explicatif sur le passé et les émotions des personnages, mais incroyablement subjectif sur la dimension sociale et politique qui brûle à chaque image. C'est ce décalage qui fait la force du film, et de façon plus large, le cinéma entier de Kurosawa.

soniadidierkmurgia

Suivre son activité 133 abonnés Lire ses 2 548 critiques

4,5Excellent • Publiée le 14/01/2012

"Les salauds dorment en paix" est le premier film de la société de production que Kurosawa a monté pour accroître ses marges d'autonomie artistiques. Le film noir est depuis un moment passé de mode aux Etats-Unis mais Kurosawa pense sans doute que dans une société japonaise qui justement s'américanise, le genre noir sera le bon vecteur pour dénoncer de manière ludique les dérives mafieuses du monde des affaires de son pays. Le film s'ouvre par une longue scène de banquet où un magnat qui marie sa fille est entouré de tous les dignitaires qui lui ont permis de remporter frauduleusement des marchés publics. Coppola saura s'en souvenir pour l'ouverture du "Parrain" en adaptant la cérémonie aux mœurs latines plus affriolantes que l'extrême rigueur japonaise qui oblige chaque invité d'importance à porter un toast public aux jeunes mariés. Le mal est déjà dans le fruit et la scène de la pièce montée si elle ne se termine pas en bain de sang comme dans tout bon film de mafia hollywoodien, permet à Toshiro Mifune de lire sur les visages décomposés quelles seront ses futures victimes. Ce choix scénaristique de Mike Inoue le neveu de Kurosawa permet au réalisateur de rester fidèle au grand dramaturge anglais William Shakespeare qui a déjà été sa source d'inspiration à deux reprises. Passé ce prologue original, Kurosawa marche dans les pas des maîtres du genre pour notre plus grand bonheur. La portée politique et sociale de son propos rapproche davantage Kurosawa du Dassin des "Bas-fonds de Friscoe" ou du Kazan de "Panique dans la rue" que des films plus intimistes de Siodmak ou Huston. Le film remplit donc parfaitement son office et permet d'éclairer le talent protéiforme de Kurosawa aussi à l'aise avec les bandits en gants blancs qu'avec les samouraïs de ses films épiques. Ce qui frappe le spectateur occidental c'est la hiérarchisation extrême de la société nippone et son sens exacerbé de l'honneur qui conduit chaque homme à préférer mourir sur ordre de son supérieur plutôt que de trahir. Mais comme dans toute société organisée les plus puissants l'emportent toujours à la fin . Une vérité portée par le titre et crûment démontrée dans la scène finale d'un cynisme qui fait froid dans le dos. Tous les acteurs sont au diapason d'un Toshiro Mifune parfait en fils vengeur qui hésite sur le sens de son geste. Un film méconnu à redécouvrir d'urgence.

tomPSGcinema

Suivre son activité 89 abonnés Lire ses 2 426 critiques

3,5Bien • Publiée le 11/07/2012

Malgré quelques petites longueurs, l’ensemble possède tout de même suffisamment de rebondissements pour que l’on puisse prendre un minimum de plaisir à suivre ce récit. Mais évidemment, ce que l’on retiendras le plus dans ce long métrage, c’est à la fois la superbe prestation des comédiens – mention spécial pour le grand Toshiro Mifune qui est une fois de plus impeccable -, mais aussi par rapport à la très grande qualité de la mise en scène. En effet, Akira Kurosawa nous propose des mouvements de caméras comme lui seul en as le secret et cela nous donne bon nombre de plans de toute beautés. En résume, il s’agit d’un excellent polar qui n’est pas à renier dans la filmographie du célèbre metteur en scène japonais.

AMCHI

Suivre son activité 165 abonnés Lire ses 5 233 critiques

2,5Moyen • Publiée le 09/10/2011

Je n'ai pas réellement accroché à ce polar néo-réaliste de Kurosawa qui fait penser à un certain cinéma italien certes l'histoire est passionnante et la scène d'ouverture (le mariage) est d'un cynisme glaçant ; la fin aussi est vraiment magnifique mais l'ensemble est assez long. Ce film de 2h30 aurait sans doute gagner à être plus court en tout cas selon mon avis car il plaît tel quel à beaucoup de monde. Je n'ai pas vu encore un grand nombre de Kurosawa mais dans le même style j'ai préféré Chien enragé.

this is my movies

Suivre son activité 109 abonnés Lire ses 2 188 critiques

4,5Excellent • Publiée le 30/04/2016

C'est le 1er de Kurosawa que je voit qui ne soit pas un chambara. Et avec ce polar dense, complexe et d'une force incroyable, il signe un pamphlet déguisé en adaptation d'Hamlet (ou le contraire) qui rentre dans le lard des hauts fonctionnaires de son pays, l'institution étant visiblement corrompu jusqu'au plus haut sommet. Cette fable noire, grinçante, impitoyable, est d'une précision chirurgicale tant au niveau des interprétations que du scénario jusqu'au décors et montre à quel point l'art de la mise en scène de Kurosawa est complet. Si le film est très long et parfois difficile à comprendre, ça reste une dénonciation à la fois engagée et limpide d'un système qui révulse son auteur tout en s'avérant désespérée. T. Mifune signe une performance grandiose, moins exubérante et physique que d'autres collaborations avec le maître tandis que les autres personnages sont bien développés et bien jouer par des acteurs impliqués (quand bien même j'ai toujours un peu de mal avec les éclats de voix et les grandes déclamations exubérantes). Un grand film à voir et à décortiquer pour en apprécier toutes les ficelles. D'autres critiques sur http://thisismymovies.over-blog.com/

Jière Les Iffs

Suivre son activité 7 abonnés Lire ses 471 critiques

4,0Très bien • Publiée le 19/01/2016

Drame de vengeance, japonais. Un homme dont le père a été victime d'un haut dirigeant d'entreprise épouse la fille, handicapée, de celui-ci pour assouvir une vengeance, Spoiler: mais cela le mènera à sa perte. Sorte de tragédie inspiré de Hamlet. Le fils voulant venger son père. Beau film de Kurosawa, très bien réalisé, avec des séquences remarquables (le début du film montrant le mariage, lorsque le personnage principal veut faire se suicider un traître en le défenestrant). Le héros veut lutter contre la corruption mais n'hésite pas à utiliser des moyens peu orthodoxes. La fin est à la fois longue (incarcération) et rapide (mort du héros), et le lieu de détention est plutôt banal. Mais les dialogues sont toujours intéressants et les relations humaines sont bien décrites. Les motivations du héros sont claires, et plutôt cyniques. C'est un film plutôt pessimiste sur la nature humaine [spoiler][/spoiler]puisque en fait les "méchants" ont gagné et pourront dormir en paix.[spoiler][/spoiler]

Attila de Blois

Suivre son activité 69 abonnés Lire ses 2 265 critiques

3,5Bien • Publiée le 08/12/2015

Oeuvre relativement méconnue d'Akira Kurosawa, "Les Salauds dorment en paix" mérite cependant que l'on s'y penche. On y retrouve les qualités techniques et artistiques qui ont fait le succès du cinéaste japonais. L'histoire est toutefois moins prenante et passionnante que celles mettant en scène des samouraïs ou des yakuzas. Ici, Kurosawa dénonce à sa manière la corruption des milieux des affaires de l'après-guerre. Le tout est bien entendu imprégné de culture et valeurs nipponnes de l'époque (coutume du suicide, respect poussé de la hiérarchie,valeurs familiales,...) que certains auront du mal à comprendre. Les ficelles scénaristiques de cette tragédie (car c'en est une) sont assez grosses pour être prévisibles et et l'intrigue dans son ensemble aurait mérité d'être raccourcie. Notamment grâce à ses acteurs, "Les Salauds dorment en paix" reste un film efficace dont on excusera les quelques longueurs.

Docteur Gaius Jivago

Suivre son activité 212 abonnés Lire ses 1 573 critiques

3,5Bien • Publiée le 05/12/2015

C'est lors du mariage de sa fille qu'Iwabuchi, président d'une grosse société, voit la police arrêter deux de ses employés dont son comptable, accusé notamment d'avoir reçu des pots-de-vin. C'est au cœur des grandes sociétés et des pratiques mafieuses que nous emmène Akira Kurosawa avec son premier film produit par ses soins. Il met en avant les failles des grandes industries, leurs dirigeants et de la société japonaise dans son ensemble mais aussi la noirceur humaine et, avec Les Salauds dorment en paix, il va la pousser à l'extrémité et la mettre face à ses limites. Entre meurtres, jeux de dupes, obscurités, il mène son récit avec brio, sachant retranscrire tous les thèmes qu'il aborde et leurs particularités. Alors, je reste tout de même légèrement déçu par le manque de tension en milieu de récit et ce malgré un début et une fin remarquable, orchestrant donc quelques longueurs évitables. De plus, Les Salauds dorment en paix manque d'une vraie puissance dramatique comme Kurosawa a su en mettre dans d'autres de ses œuvres et, sans être totalement préjudiciable, c'est tout de même dommage pour un film qui brille par plusieurs aspects. Excepté cela, il met sobrement en scène son récit et ce avec brio, ne manquant pas d'idées et surtout retranscrivant bien toute la noirceur de son oeuvre, tant dans les personnages que dans les thèmes. Il met en place une atmosphère aussi sombre que désespérée et oppressante et orchestre une véritable descente aux enfers dans un milieu pourri et corrompu jusqu'à la moelle. Il nous emmène dans divers chemins scénaristiques souvent surprenants, bien orchestrés et bénéficiant d'une grande qualité d'écriture, notamment pour ce qui est des personnages. Consistants, ambiguës, ils sont très vite rendu intéressants et il en fait ressortir la tragédie et noirceur, ils sont aussi bien interprétés et en particulier par Toshiro Mifune qui rend même son personnage émouvant. Plusieurs séquences sont mémorables et montrent à nouveau toute la maîtrise de Kurosawa derrière la caméra, notamment le mariage qui ouvre le film. Si certains points me laissent légèrement sur ma faim, l'aspect sombre, oppressant et la qualité d'écriture et de mise en scène de Kurosawa prennent le dessus pour une oeuvre qui ne manque pas de faire froid dans le dos une fois achevée.

pierrre s.

Suivre son activité 21 abonnés Lire ses 1 412 critiques

3,0Pas mal • Publiée le 26/11/2015

Une intéressante étude de la société japonaise, sur fond de corruption et de "sacrifice". Mais elle est plombée par trop de longueurs.

cylon86

Suivre son activité 317 abonnés Lire ses 3 695 critiques

5,0Chef-d'oeuvre • Publiée le 10/02/2011

Il y a quelque chose de pourri au royaume du Soleil Levant. S'inspirant librement de "Hamlet", "Les Salauds dorment en paix" nous conte la minutieuse vengeance de Nishi (Toshirô Mifune, sobre et impeccable de bout en bout) sur la compagnie et ses dirigeants qui ont poussé son père au suicide. Une compagnie qui n'hésite pas à maquiller en suicides les meurtres d'employés trop gênants et qui manipule l'argent aussi bien que les êtres humains. Portant le nom de sa mère, Nishi s'est fait une place au sein de cette compagnie. Il est désormais le secrétaire particulier de son président, monsieur Iwabuchi, ainsi que son gendre puisqu'il a épousé sa fille. Le film s'ouvre d'ailleurs sur la scène du mariage, une cérémonie troublée par des arrestations d'employés de la société et par une pièce montée désignant faisant écho au suicide du père de Nishi... Si Nishi est impliqué dans une histoire de vengeance tordue et astucieusement pensée, "Les Salauds dorment en paix" met un long moment avant de dévoiler ses cartes et avant de nous faire comprendre les véritables intentions de son protagoniste, étonnamment peu présent à l'écran alors qu'il est tout de même l'instigateur de toute l'intrigue du film. Mais ce qui intéresse Kurosawa, ce n'est pas seulement la vengeance de Nishi mais les rouages du pouvoir d'une compagnie gangrenée par la corruption. Le récit s'attarde donc aussi longuement sur Iwabuchi et ses fidèles employés, chacun d'eux étant mis à mal par le plan de Nishi. S'il a tout d'un drame, "Les Salauds dorment en paix" est aussi un film noir, sans aucun doute le plus sombre et le plus réussi de son auteur. Kurosawa construit d'ailleurs sa mise en scène comme les plus grands films noirs américains des années 40. Le travail effectué sur la lumière est saisissant, la mise en scène joue sans cesse avec les ombres, avec l'obscurité, la lumière et les décors, qu'il s'agisse d'une salle de banquet ou d'une usine désaffectée. L'ambiance est particulièrement soignée mais le scénario l'est tout autant. On a rarement vu une mécanique aussi bien huilée chez le cinéaste (à part peut-être dans "Entre le ciel et l'enfer", l'autre grand film noir de Kurosawa, bien qu'à la portée sociale différente) et au fur et à mesure que le récit se déroule, que les mécanismes révèlent leurs rouages et que les personnages se dévoilent, on ne peut s'empêcher d'admirer la complexité d'un scénario qui ne laisse rien au hasard. Chaque scène apporte son lot d'éléments narratifs et chaque plan raconte quelque chose. En l'occurrence, ce que le film raconte est loin d'être reluisant comme en témoigne son final extraordinairement pessimiste. On se retrouve en pleine corruption, plongés au sein d'une immense machine qui n'a aucune pitié pour les gens qu'elle exploite et assassine. Rien ne compte plus que le profit dans cette œuvre flamboyante et désespérée, dénonçant avec virulence les travers d'une société que Kurosawa décortique sans artifices. A revoir aujourd'hui, "Les Salauds dorment en paix" n'a rien perdu de sa force et reste sûrement l'un des plus grands films de son auteur.

Les meilleurs films de tous les temps