1 abonné | Lire ses 477 critiques |
Quelque part entre le réalisme d'après guerre de Kurosawa ou d'Ozu, le film noir et par moments la comédie à l'italienne, «Rivière Noire», comme nombre des films de Kobayashi, est un long métrage contestataire, dénonçant la misère et la corruption qui ravageaient le Japon au sortir de la seconde guerre mondiale, sans toutefois se départir de son objectivité. Ici la question n'est pas de chercher des coupables (tout du moins ça n'est pas sa préoccupation principale), Masaki Kobayashi préfère s'attarder sur la condition des hommes, leurs contradictions, le monde dans lequel ils essaient de vivre,... Il ne délaisse par pour autant son intrigue, portée par d'excellent acteurs dont le fameux Tatsuya Nakadai dans l'un de ses premiers rôles. Il joue un petit gangster ayant brutalisé et violé une fille (Ineko Arima) dont il était épris. Honteuse, celle-ci ne prévient pas la police et décide de le rejoindre, de peur que la nouvelle se répande, mais elle comprend rapidement qu'elle ne peut résister à son emprise. Elle trouve alors en un jeune étudiant (Fumio Watanabe) quelqu'un sur qui compter, et espère pouvoir s'échapper avec son aide. L'histoire n'est cependant qu'un pretexte pour faire l'état des lieux d'un pays économiquement et socialement à genoux, occupé par une armée américaine dont la présence s'avère à la fois source de profit comme de problèmes. Prostitution, trafics en tous genres, corruption de l'administration, gangs, racket, ... toutes les solutions sont bonnes pour essayer de survivre et de gagner de l'argent dans ce pays dévasté. Et Kobayashi a fait de son mieux pour laisser un honnête témoignage de la tragique situation du Japon d'alors. Un film édifiant. [2/4] http://artetpoiesis.blogspot.fr/
Ajoutée le 16 mai 2012 à 11h52 Signaler un abus
En cours...

