stillpop
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2.5 - Moyen
Il en a mis du temps (huit ans) ce « jeune » cinéaste (trente-cinq ans) pour faire son petit film « bien comme il faut » qui ne déplaise ni à maman, ni aux juifs (ici, new-yorkais), ni aux américains bien pensants et tous les autres… tous ceux qui ont des idées bien définies sur la normalité d’un couple. Et pourtant, on y croyait, presque jusqu’à la fin du film, à son conte de fée, une romance chez les riches new-yorkais entre une tout juste divorcée de 37 ans (Uma Thurman) et un petit jeune de famille juive, 23 ans (Bryan Greenberg).
Le couple est charmant et crédible. Avait-elle besoin de se vieillir d’une année pour la cause du film, Uma, et accentuer ses cernes ? Pourquoi a-t-elle eu besoin de remplacer Sandra Bullock, initialement prévue pour le rôle ?
En tout cas, tous les amoureux d’Uma diront que sans elle, même Meryl Streep n’aurait pas suffit à sauver ce film, ni l’adorable Bryan qu’il fait bon de regarder. Certes, il n’y a aucune faute de goût dans cette, soi-disant, comédie. Oui, c’est plaisant. Sauf que lorsqu’on a rien à dire de vraiment original sur le sujet, sinon d’aligner
sagement tous les clichés sans sortir des sentiers battus, des rails de la moralité qui ne heurte personne… au moins offrir aux spectateurs un happy end subversif et salvateur à la fois, fidèle à l’intrigue.
Depuis « Le Lauréat » de Mike Nichols (1967), presque quarante ans après, qu’est-ce qui a vraiment changé ?
Mrs Robinson, femme amorale, pourrait aujourd’hui mener une vie sentimentale et sexuelle dans l’Amérique actuelle, sans forcément se noyer dans l’alcool, à condition d’être libre de tout engagement matrimonial. Elle devra aussi faire sagement le deuil d’une possible vie de couple avec son jeune élu.
Moralité (la vraie) : fort heureusement dans la vraie vie (et parfois au cinéma), il y a ceux qui n’ont pas peur de bousculer l’ordre établi. Tout progrès, toute évolution, tout changement des mœurs et mentalités passe par des chemins forcément moins lisses.
Et ce n’est pas le fait d’arborer une paire de lunettes rouges (vues sur une photo du réalisateur) qui fait un film original et avant-gardiste. C’est le moment de resaluer au passage le réalisme ravageur de Ang Lee pour son « Secret de Brokeback mountain » et l’humanisme pas moins réaliste d’Isabelle Mergault pour « Je vous trouve très beau », bluette touchante et crédible à la fois.
Ajoutée le 29 juil. à 00h08
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