Buzz063
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3 - Pas mal
Il faut prendre les films de Michael Moore pour ce qu'ils sont. Selon les séquences, le cinéaste est dans le ton de la satire ou du pamphlet mais en aucun cas dans une démarche de documentariste. La partialité de son point de vue est une dimension centrale de ses films. Dès lors, lui repprocher une certaine mauvaise foi ou son talent dans la manipulation n'a pas de sens à moins de voir en lui ce qu'il n'est pas. Ou en tous cas ce qu'il nétait pas à l'époque car, malheureusement un peu trop prit au sérieux, en particulier en France, le trublion s'est peu à peu transformer en prédicateur, oubliant progressivement la dimension satirique de ses films pour se contenter d'un discours pamphletaire assez opportuniste.
Utilisant à outrance les effets de montages ou la voix off, Moore est la plupart du temps dans la position du type poil à gratter dont le sens de la répartie offre des scènes vraiment marrantes. Filmé sur trois années, de la fermeture des usines en 1986 à la sortie du film en 1989, Roger et moi prend parfois l'aspect d'une chronique observant la mort progressive de l'industrie puis de la ville de Flint elle-même, quand bien même General Motors dégageait à l'époque des profits records.
Les séquences, courtes mais impitoyables, où Moore s'en va filmer la haute société et une bourgeoisie du Michigan totalement déconnectée de la réalité sociale du pays sont assez édifientes (la soirée prison...).
Depuis la crise économique déclenchée par les subprimes en 2006, le film prend une valeur et une dimension tout autre. Savoir que la gestion ubuesque de la compagnie, dans le but de cumuler le maximum de bénéfices à court terme, a faillit couler GM est forcément dans la tête du spectateur qui s'intéresse un minimum à l'actualité. De la même façon les séquences d'expulsions à la chaîne à Flint (l'adjoint du shérif explique en arrivant devant une maison qu'il a déjà procédé à l'expulsion de treize locataires différents pour ce seul batiment) font inévitablement penser aux mêmes images où en 2007-2008, sur l'ensemble du territoire américain, les expulsions se comptaient par millions.
Ajoutée le 24 janv. 2011 à 16h32
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