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    Zaïna, cavalière de l'Atlas
    Anecdotes, potins, actus, voire secrets inavouables autour de "Zaïna, cavalière de l'Atlas" et de son tournage !

    De Nanterre au Maroc

    Zaïna, cavalière de l'Atlas est le deuxième long métrage de Bourlem Guerdjou après le très remarqué Vivre au paradis (1999), qui portait sur la condition des immigrés algériens dans le bidonville de Nanterre pendant la Guerre d'Algérie.

    "Un western couscous"

    La scénariste Juliette Sales évoque la genèse du projet : "L'idée de Zaïna est née du désir d'un conte, avec, comme éléments de base : un homme, un enfant et l'Orient. On s'est inspiré des Mille et une nuits, ainsi que de récits anciens, tels que l'histoire de la dernière reine Berbère, nommée Kahena. Mais on s'est très vite heurté à un principe de réalité. Notre rencontre avec le producteur Philippe Liégeois a été assez décisive, le projet se devait d'être ambitieux, mais ses volontés nous ont permis de bien resserrer le propos. Philippe a eu l'idée du choix d'une petite fille pour l'enfant. Ensuite, on a souhaité donner une forte présence à la nature à la fois accueillante et dangereuse, aux grands espaces, aux chevaux, au voyage... Ce dispositif narratif correspondait assez à celui d'un western, d'ailleurs en riant avec Bourlem, on se disait qu'on écrivait un "western couscous" ! En gardant la forme du conte comme objectif, on a développé une histoire qui se voulait simple et directe mais emblématique, tout en conservant une profondeur et une subtilité des sentiments et des personnages."

    Le grand voyage

    Fils d'immigrés tunisiens, Sami Bouajila a retrouvé dans Zaïna, cavalière de l'Atlas un imaginaire qui lui est familier : "Cela me ramenait à ma culture d'origine, un peu oubliée avec le déracinement, mais toujours bien ancrée en moi. Mes parents viennent de cette tradition-là. Je pouvais symboliquement remonter un peu sur les traces de mon père qui est berbère lui aussi, il a vécu dans le désert, parfois sous des tentes. Ce film me donnait l'occasion de faire le voyage inverse." L'acteur, qui, tout comme Simon Abkarian, a suivi un entraînement intensif de 6 mois, avant le tournage, pour les scènes à cheval, s'est lié d'amitié avec plusieurs personnes sur le tournage : "Ces palefreniers par exemple avec qui je passais le plus clair de mon temps, ils m'ont énormément apporté. Ils ont une telle richesse culturelle, et une telle sagesse malgré les difficultés d'une vie difficile."

    Deux en un

    Au départ, Bourlem Guerdjou et sa coscénariste Juliette Sales travaillaient sur deux projets distincts, l'un abordant le thème de la filiation, l'autre étant un film d'aventures dans des paysages de montagne. Vieux complice du réalisateur, Philippe Liégeois leur a suggéré de fusionné les deux projets.

    Zem et Melki pressentis

    Roschdy Zem et Gilbert Melki avaient été pressentis pour tenir les deux rôles principaux, finalement interprétés par Sami Bouajila et Simon Abkarian. En 2000, déjà, pour La Faute à Voltaire de Abdellatif Kechiche, Roschdy Zem avait dû se désister, avant de proposer à Bouajila de prendre sa place.

    Un travail de longue haleine

    Trois années d'écriture et de recherche, à la fois à Paris (notamment à l'Institut du Monde Arabe) et au Maroc, et plus d'un an de repérages ont été nécessaires avant de pouvoir entamer le tournage du film, qui s'est étendu sur 13 semaines dans l'Atlas.

    La grosse cavalerie

    Ce tournage hors-normes a mobilisé des moyens exceptionnels, comme le rappellent les producteurs : "Un cheval boit à peu près 40 litres d'eau par jour. Chaque cavalier et chaque cheval avaient leur doublure. Il y avait donc une longue caravane de camions, avec des palefreniers, de l'avoine et de la paille qui a traversé le Maroc de Fez à Meknès, des montagnes de l'Atlas aux régions de Ouarzazate et de l'Oukaimeden. Il y avait pour certaines scènes jusqu'à 70 chevaux à l'écran. Des cavaliers de fantasias en grand apparat sont venus nous rejoindre pour se prêter au jeu avec leurs chevaux parés de dorures", se souvient Philippe Liégeois, qui ajoute : "Pour avoir le plaisir de voir des images spectaculaires à l'écran, nous avons choisi de trouver des endroits inédits comme la forêt de cèdres d'Ifrane, par exemple, un lieu absolument sublime", souligne pour sa part Jean-Michel Rey. "On a même dû filmer à 3600 mètres d'altitude pour avoir de la haute montagne et de la neige (...) Le tournage de la course finale avec trois caméras a duré trois semaines. Tous les matins, dès l'aube, 500 figurants arrivaient en bus de Ouarzazate sur le campement. Nous avions installé une multitude de tentes en plein désert."

    Kingdom of horses

    Pour le travail avec les chevaux, l'équipe du film a fait appel à Joël Proust, éleveur à Ouarzazate, et qui a déjà travaillé sur les superproductions américaines Gladiator, Alexandre et Kingdom of Heaven.

    Un film féministe

    Bourlem Guerdjou note, à propos du personnage de Zaïna : "Malgré ce que lui coûte le deuil de sa mère, Zaïna va mener à bien son propre destin, et acquérir sa liberté. Elle est toujours prête à se rebeller. Elle a une grande force intérieure. Son parcours, c'est aussi l'image de l'émancipation d'une femme. Elle symbolise ces femmes arabes qui ont l'audace de se révolter pour faire changer l'état des choses." Juliette Sales ajoute : "(...) en lui confiant son herbier, Selma [a] donné à sa fille une vraie qualification. C'est un détail féministe important : grâce à sa mère, Zaïna sait lire, pas Mustapha [le père]. Dans cette notion d'héritage, il y a aussi l'idée que les enfants profitent des erreurs, des douleurs et des combats de leurs parents. Selma était une femme trop forte, trop passionnée et trop brillante pour le lieu et l'époque où elle vivait. Mais en osant concourir avec des hommes, au prix d'être répudiée, elle a ouvert une brèche."

    Le cheval, meilleur ami de l'homme

    La scénariste revient sur l'importance du cheval dans la culture arabe : "A la fin du XVIIIe siècle, les écoles française et anglaise d'équitation allaient parfaire leur style de monte au Maroc où les chevaux avaient une endurance exceptionnelle. Pour les cavaliers arabes, le cheval est un trésor. Un compagnon qui peut leur sauver la vie. Ils préfèrent donner leurs dernières dattes à leur cheval plutôt que de les garder pour eux, parce que c'est toujours sur leur cheval qu'ils sortiront du désert, jamais le contraire ! Ils parlent de leurs chevaux comme de leur meilleur ami. Les scènes d'initiation du film sont directement tirées des manuels de dressage que nous avons consultés. Nous avons également sillonné le Maroc afin de visualiser tous les paysages."
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