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Dans le Paris des années 1980, le spectateur suit les destinées de deux jeunes couples. Pascal (Adrien Michaud) est un étudiant qui repousse sans cesse le moment de commencer sa maîtrise de philosophie, ce qui agace sa petite amie Christine. Adrien Michaux fait ici revivre la fougue du jeune Antoine Doinel (Jean-Pierre Léaud) que l'on retrouve dans les films de François Truffaut. De l'autre côté, Sarah (Natacha Régnier) est une chanteuse de talent dans un ensemble baroque dirigé par l'Innommable (Denis Podalydès), un homme impitoyable (et pitoyable) qui tyrannise ses musiciens. Manuel tente en vain de consoler son épouse qui préfère se noyer dans la Seine que de subir les remarques injustes et blessantes de l'Innommable. C'est alors que Pascal découvre (grâce au vinyle que lui a offert sa petite amie) la splendide tristesse "del Lamento della ninfa" de Monteverdi chanté par la défunte Sarah dont il tombe éperdument amoureux. Eugène Green nous fait entrer dans un monde universitaire gentiment caricaturé par l'auteur à l'image de ce professeur de lettres subjugué par le silence de Jacques Vaché qui aurait influencé le chef de file du surréalisme, André Breton. Quant à l'Innommable, il incarne une "culture savante" sclérosée et suffisante. Mais ce qui est certainement le plus intéressant et le plus beau dans ce film, c'est sa magie, son envoûtement, tout comme "del Lamento della ninfa" qui devient au fil du récit l'essence même du film. Cette musique réunit, par delà la mort, Pascal et Sarah sur le Pont des Arts, une scène sublime où les deux personnages sont projetés dans un univers parallèle, peut-être une des plus belles rencontres du cinéma (jexagère certainement). C'est aussi le pouvoir de l'art. En se libérant des circonstances de sa prodution et de l'histoire qui le voit naître, il devient un "anti-destin" (André Malraux) et permet ainsi une autre rencontre, celle du spectateur et du cinéaste.
Ajoutée le 19 juil. à 13h21 Signaler un abus
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