tropmortel
15 abonnés |
Lire ses 394 critiques
|
4 - Très bien
L'affiche pourrait donner l'impression d'un film d'action à la limite de la série Z, mais détrompez-vous : le propos est tout autre. L'explicitation du titre ("the deadline between bravery and stupidity") laisse entrevoir qu'il ne s'agit nullement du faire-valoir narcissique de la super-virilité, mais de l'évocation stupéfiante de la vie des reporters de guerre à l'époque charnière où le journalisme romanesque bascule, dans les années 80, vers les médias mondialisés.
Les réalisateurs sont d'anciens reporters, et ils ont l'air de savoir de quoi ils causent. On entrevoit même quelques journalistes comme Patrick Chauvel (dans un petit rôle) qui participèrent à rendre l'ensemble le plus crédible possible.
Sans négliger une certaine allégeance au cinéma de genre, par une manière hyper-nerveuse de filmer le théâtre des opérations beyrouthin, c'est dans sa façon de laisser glisser la caméra sur un regard, un geste (celui d'un photographe pour replacer un foulard sur son visage avant de se lancer dans la mêlée), que le film atteint sa plus grande force et d'incroyables accents de vérité.
De vérités il en est justement question aussi dans l'intrigue, des semi-vérités dont on s'accommode pour la gloire facile de faire la hune d'un magazine, et des fausses qui servent de sordides manipulations politico-financières.
Si l'information est depuis vingt cinq ans devenue encore plus globalisée, les questions soulevées par ce film remarquable, de la recherche d'une improbable vérité des faits à la manipulation de l'information, n'en sont aujourd'hui que plus cruciales.
Ajoutée le 14 juin 2005 à 14h42
Signaler un abus