781 notesEn savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné
54 critiques spectateurs
5
5 critiques
4
17 critiques
3
16 critiques
2
13 critiques
1
3 critiques
0
0 critique
Trier par :
Les plus utilesLes plus récentesMembres avec le plus de critiquesMembres avec le plus d'abonnés
Filtrer par :
Toutes les notes
NicoMyers
71 abonnés
302 critiques
Suivre son activité
4,0
Publiée le 22 février 2009
Après Bird, Eastwood semble encore vouloir se racheter des accusations de racisme qui ont pesé sur lui avec la série des Dirty Harry. Se mettre lui-même face à la question raciale, il le fera encore, discrètement ou non, par le biais de personnages de martyrs comme Ned dans Impitoyable ou Frank dans Jugé coupable. Les récentes accusations de Spike Lee suite au 'dyptique Iwo Jima' semblent lui avoir encore donné envie de s'y pencher, d'où Gran Torino. Mais revenons à Chasseur blanc, coeur noir. Comme il s'agit en premier lieu d'une extrapolation sur le tournage d'African Queen dirigé par John Huston, c'est l'occasion d'offrir une mise en abîme du 7° art et du mythe hollywoodien : sous d'autres noms, on croise les équivalents de Katharine Hepburn, Humphrey Bogart, Lauren Bacall et bien évidemment John Huston, renommé John Wilson, sous les traits de Clint Eastwood. Cette chasse à l'éléphant que Huston veut absolument faire se transforme en parabole du courage artistique : oser faire le film qu'on veut, sans écouter les créanciers ni le public (ce qui reviendrait à écouter la doxa en politique). C'est également un hymne à la tolérance : le pessimiste John Huston accepte d'octroyer une fin heureuse à son film une fois qu'il a découvert l'humain comme il l'imagine en Afrique. L'idée qu'un homme blanc puisse se sentir noir, d'où le titre. Là encore, Clint endosse le rôle de "justicier", mais justicier de la morale : dans la même scène, il insulte grossièrement la femme pro-nazi puis castagne solidement un homme qui traite un serveur Africain comme un animal. Néanmoins, on reste dans un Clint mineur, car inégal et moins aboutit que la décade prodigieuse qui suivra à partir d'Impitoyable. En témoignent les scènes du bateau ou de l'éléphant (avant-dernière scène), dont la mise en scène subjective et tremblée contraste maladroitement avec la rigueur classique du reste du film. Regardable quand même, mais un peu convenu.
Un hommage flamboyant à John Huston et à l'aventure du tournage d'"African Queen", d'après le roman biographique à succès de Peter Viertel, scénariste et ami de Huston. Une oeuvre insaisissable, une belle réflexion sur la création et les sacrifices, magnifiquement mise en scène et interprétée par un Clint Eastwood inhabituel, dans un rôle de héros capricieux, volubile et au sommet de son art de cinéaste.
"Chasseur blanc,coeur noir"reste une des oeuvres les plus insaisissables d'Eastwood.Cette fois,il ne se range pas dans le cinéma de genre,ne cherche pas à entretenir son image.Sa démarche apparait bien différente.Il brosse le portrait d'un obsessionnel et épris de liberté absolue.Ce John Wilson suit un rève impossible,quite à mettre en danger sa vie et celle des autres.Une personnalité ambivalente,à la fois respectueuse des races,et d'un égocentrisme facheux.Pas facile de discerner le message,mais Eastwood apparait fasciné par son sujet.Les magnifiques paysages d'Afrique ainsi que le role trouble de Clint contribuent largement au caractère singulier de ce film méconnu.Une aventure dans la savane,ou se confond fiction(la réalisation du film)et réalité(la chasse d'un éléphant majestueux).Annonciateur de lendemains qui chantent,tous les amateurs du maitre doivent le voir(mème s'il est difficile à trouver...)
Film méconnu qui retrace les péripéties du génial et extravagant ainsi que très eastwoodien, John Huston lors du tournage du film The African Queen (Wilson dans le film). Des dialogues par moments très lucides et aussi souvent drôle sur l'art, la production hollywoodienne, l'Afrique et les préjugés. Un scénario très complet et une réalisation impeccable.
Film de 1990 réalisé par Clint Eastwood, Chasseur blanc, Coeur noir retranscrit les relations entre un réalisateur et son scénariste. La volonté de faire un film en Afrique est une bonne excuse à l'envie de vouloir tuer un éléphant. Le réalisateur, interpreté par Clint Eastwood lui même, est complètement obsédé à l'idée de tuer ce gibier si prestigieux, si conséquent et glorifiant. Cet homme est égoïste et atrabilaire au possible, il est assez irrespectueux des autres en les prenant de haut avec des propos péremptoires. Son attitude le menera d'ailleurs à une véritable tragédie, ses caprices d'homme trop gâté l'auront finalement puni et lui donneront uen très mauvaise image de lui-même. Le film peu paraître assez lent mais il est en aucun cas ennuyeux. On s'imprègne vraiment du personnage de Clint Eastwood en profondeur, on comprend qu'il est dominé par une lubie dangereuse et on finit par adhérer à sa vision du monde. Il n'est en aucun matérialiste, il préfère l'aventure, la découverte et l'adrénaline plutôt que la routine du travail et le gain d'argent qui n'est plus intéressant pour lui sachant qu'il possède déjà une grande fortune. Un film profond si on se donne la peine de le creuser mais un Eastwood mineur malgré tout.
Très souvent décrié, ce "Chasseur blanc, coeur noir", n'en demeure pas moins l'une des oeuvres plus attachantes de Clint Eastwood. A ceux qui opposent à la force du film lenteur et manque d'intrigue, il convient au contraire de parler de profondeur psychologique du scénario et de travail du réalisateur. A nul autre pareil, Clint Eastwood tient à cette parenté quasi filiale avec le grand John Huston. Comme son aîné, ses personnages sont trempés dans l'acier qui fait les grands hommes. Et quand d'autres réalisateurs peinent ou s'engluent dans des biographies insipides et médiocres (Ray par exemple), Clint, par un pied de nez magique, préfère s'engouffrer dans un simple épisode de la vie de son personnage pour en tirer la "subtantifique moëlle". Au final, Clint Eastwood réussit un tour de force peu commun. Faire renaître de ses cendres un des plus grands réalisateurs de ce siècle. Quelques années plus tard, Scorcese lui emboîtera le pas en réalisant le magnifique "Aviator". Un des plus grands films de Clint Eastwood avec l'incomparable "Bird" et le crépusculaire "Impitoyable".
Un bon film mais dont le sujet part inévitablement en une suite de scènes d'une lenteur qui feraient rougir le plus lent des escargot. C'est très bien réalisé, les personages sont bien interprétés mais la lenteur extrême pourrait rebuter.