Enara22
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2.5 - Moyen
Gros mots et argot à gogo signés Audiard pour ce polar noir à la française, de facture classique. Tout y est : truands, femme fatale et trahison. Adaptation d'un roman d'Alphonse Boudard, "La métamorphose des cloportes" met en scène un héros qui se prénomme aussi Alphonse. Et le héros, c'est Lino Ventura qui l'interprète, le Lino au regard noir, aux mâchoires serrées et à la main lourde. Alors quand ce héros se retrouve en prison pour 5 ans après avoir été embarqué dans un coup minable puis trahi et lâché par ses amis, on imagine qu'il a pris le temps de ruminer sa vengeance et qu'elle sera terrible. Façon Audiard, ça donne ; "Dès que j'suis dehors, j'lui réduis la tranche, j'le miniaturise, j'le dissous" ; ou bien "J'l'emplâtre, j'lui mets la tête à l'envers, j'lui fais vomir ses friandises et j'envoie sa nana s'faire bronzer à Dakar" ; ou encore "J'lui fais bouffer son passe-montagne, j'le plonge dans l'eau glacée et j'attends qu'ça gonfle". Très imagé, en somme... A sa sortie de prison, Alphonse retrouve un à un ses "amis". Même si tous se sont métamorphosés en de respectables citoyens, lui n'a pas oublié. Et il se montrera intraitable... Sauf que dans sa belle mécanique vengeresse, il n'avait pas prévu Catherine, belle, trop belle... la reine des cloportes. Pierre Granier-Deferre a réuni devant sa caméra une pléiade d'acteurs talentueux (Pierre Brasseur, Maurice Biraud, Charles Aznavour, Georges Géret, Daniel Ceccaldi, Françoise Rosay). Pourtant, malgré cette prestigieuse brochette au jeu juste, peu ou pas de sigularité. Les personnages, figés dans des stéréotypes d'un autre âge, rendent le film très démodé, juste moyen. Dans le genre, on a vu mieux. A noter cependant, une belle photo noir et blanc et une agréable rengaine jazzy, signée Jimmy Smith.
Ajoutée le 05 mars 2012 à 22h13
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