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Le film le plus sousestimé de son auteur, aussi bien par le public et la critique que par lui-même. A mon sens The Fog n'a rien d'une oeuvre mineure dans la filmographie de Carpenter, bien au contraire ! Ne serait-ce que pour la photographie de Dean Cundey - véritable bijou annonçant l'accomplissement formelle de son chef d'oeuvre The Thing - cette perle atmosphérique est à redécouvrir d'urgence. Après le célèbre slasher Halloween, John Carpenter nous livre une nouvelle leçon de cinéma à travers laquelle le hasard n'a pas sa place : du manque de moyens le réalisateur tire une oeuvre redoutablement équilibrée et superbement construite où chaque élément semble méticuleusement incorporé à l'ensemble du métrage. Humblement et intelligemment le cinéaste insuffle à son propos une dimension archaïque, ancestrale, remontant aux origines du sentiment d'effroi. Marquant son film sous le signe soustractif il parvient à exprimer l'idée que la peur s'installe autour d'une présence, d'une entité à la fois invisible et omnisciente... C'était déjà le cas dans Halloween ( film dans lequel Mike Myers faisait davantage figure de fantôme insaisissable que de tueur psychopathe ), ça le sera par la suite dans The Thing et dans Christine ( une plaie sans corps adaptable à son environnement dans le premier cas, une voiture stoïque immortelle dans le second ). Entre suggestion d'un danger permanent et reconstitution d'une bourgade tenant lieu de frontière The Fog est l'un des sommets cinématographiques de John Carpenter. C'est l'épouvante dans sa surdité la plus mémorable : une présence, donc...
Ajoutée le 06 mai 2012 à 03h01 Signaler un abus
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