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    L'Avion
    Anecdotes, potins, actus, voire secrets inavouables autour de "L'Avion" et de son tournage !

    Cédric Kahn passe par la case BD

    Après avoir adapté un roman d'Alberto Moravia (L'Ennui, 1998), le récit-enquête d'une journaliste sur un tueur en série (Roberto Succo, 2001) et un polar de Simenon (Feux rouges, 2004), Cédric Kahn porte cette fois à l'écran une bande dessinée de Magda et Lapière : Charly. Le premier tome de la série des Charly, intitulé Jouet d'enfer, est paru en 1991 aux éditions Dupuis. Il conte l'histoire d'un garçonnet de 7 ans qui découvre que "Cap'tain Foudre", son vaisseau spatial en modèle réduit, est capable de voler, et de semer la terreur... J'ai écrit la bande dessinée Charly parce que mon fils aîné, alors âgé de six ans, jouait avec un vaisseau spatial de sa fabrication qui, dans ses jeux, lui apparaissait réel et vivant", confie aujourd'hui Denis Lapière. Les aventures de l'enfant, et de son jouet, sont ensuite déclinées sur une dizaine d'albums, Une vie éternelle, le tome 11, étant paru en octobre 2004. L'Avion s'inspire plus particulièrement du premier cycle d'ouvrages, qui comprend les 7 premiers tomes. A partir du 8e opus, Charly est un adolescent, et le jouet a disparu de son univers. Précisons par ailleurs que dans le film, l'engin n'est plus un vaisseau mais un avion.

    De la maquette à l'envol

    Cédric Kahn raconte : "Il est né de l'idée d'un producteur, Bruno Berthemy, d'adapter au cinéma la bande dessinée Charly (...) J'ai lu une première adaptation à partir de quatre tomes de la BD (...) Le scénario ne me correspondait pas dans l'écriture et pourtant la proposition m'a immédiatement séduit. Dès les premières pages, j'ai eu le sentiment que cette histoire était pour moi. Tous les thèmes m'étaient chers, le déni de la mort, la fuite du réel, le pouvoir de l'imagination, la recherche du père. Par la suite, avec les deux autres scénaristes (Ismael Ferroukhi et Gilles Marchand), nous avons rompu plus franchement avec l'univers de la BD pour évoluer vers un univers réaliste qui bascule dans le fantastique. L'avion devenant le seul élément surréaliste du film." Le producteur initial n'était plus d'accord avec la vision de Kahn, mais l'a néanmoins laissé mener son projet à bien. Le cinéaste s'est alors associé avec Fidélité, la maison de production à qui on doit les films de François Ozon ou encore Podium.

    Mauvais genre ?

    De la part de l'auteur de Roberto Succo et Feux rouges, le choix de réaliser ce conte pour enfants peut surprendre. Cédric Kahn s'explique : "Je voulais que le film s'adresse à la fois aux enfants et aux adultes. Dans mon idée, un film pour enfants était tout sauf un sous-genre, bien au contraire. Ca s'est avéré être un genre très exigeant. Le travail a été considérable pour atteindre une apparente simplicité (...) Je cherchais le point d'équilibre entre légèreté et profondeur. Au final, les enfants ont beaucoup moins de tabous sur la mort que nous. Ils passent très vite sur le drame et voient le film comme une aventure. Pour les adultes, au contraire, le film fonctionne comme un mélodrame."

    Retrouvailles

    Isabelle Carré et Vincent Lindon, les têtes d'affiches de L'Avion, s'étaient déjà donné la réplique dans Mercredi folle journée de Pascal Thomas. Tout comme le conte de Cédric Kahn, ce film sorti en 2001 faisait la part belle aux enfants, même si Isabelle Carré y jouait l'un de ses rôles les plus sombres, celui d'une toxicomane.

    "Avion" à réaction

    Alors que L'Avion pouvait sembler a priori peu personnel, Cédric Kahn confie que son implication dans le projet a été particulièrement forte : "Ce film est devenu au fil du travail très important pour moi. Il représentait en même temps un retour vers l'enfance et un rendez-vous avec moi-même. Jusqu'à présent, j'avais fait des films sombres, sur des personnages opaques, impulsifs, prisonniers de leurs contradictions. J'étais très impliqué dans les sujets, mais je contournais toujours l'émotion, par pudeur. Là, je savais, au vu de l'histoire, que je ne pourrais pas éviter de m'ouvrir, de montrer mes sentiments. C'est le film le plus cher et le plus compliqué que j'aie jamais tourné et pourtant par moments j'ai eu l'impression de refaire mon premier film. Je pense que le fait d'être avec cet enfant pendant treize semaines, de me laisser guider par lui, d'être à la merci de ses forces et de ses fragilités, explique ce sentiment. J'avais l'impression de marcher sur un fil, sans aucune assurance du lendemain, comme si tout pouvait arriver à tout moment. C'était vertigineux et excitant. Je pense que cette expérience m'a un peu changé."

    Un film très spécial

    Pour la première fois, Cédric Kahn a eu recours aux effets spéciaux, en particulier bien sûr pour les scènes d'avion : "Les effets spéciaux étaient, en plus des enfants, l'autre grande contrainte du tournage", reconnaît aujourd'hui le réalisateur. "A ma grande surprise, je m'en suis accomodé assez facilement. Dès que je comprends la nécessité d'une contrainte, elle cesse de me gêner (...) Le film comporte 300 plans d'effets spéciaux, avec un mélange d'effets mécaniques, d'images de synthèse et d'effacement pour les câbles de l'avion ou le manipulateur qui se trouvait parfois entièrement dans le champ. Dès que l'avion est présent, il y a des effets spéciaux. Nous avons également beaucoup tourné sur fond bleu pour toutes les scènes trop risquées pour Roméo, sur le toit du château d'eau, de la maison ou du laboratoire par exemple."

    Deux scénaristes de renom

    Pour l'écriture du scénario, Cédric Kahn s'est adjoint les services d'Ismael Ferroukhi, qui avait déjà cosigné les scripts de Trop de bonheur et du téléfilm Culpabilité zero, et qui, depuis, a réalisé son premier long métrage : Le Grand voyage. Kahn a également collaboré avec Gilles Marchand, qui fut déjà son complice sur Feux rouges, et qui a souvent travaillé sur des oeuvres qui explorent la frontière entre le réel et l'imaginaire : Harry, un ami qui vous veut du bien et Lemming de Dominik Moll ou son propre film, Qui a tué Bambi ?.

    Lambert Wilson ne prend pas cet avion

    Lambert Wilson avait été pressenti pour incarner l'inquiétant Xavier. Mais ce rôle a finalement été attribué à un acteur essentiellement connu pour sa carrière sur les planches (à la fois comme comédien et comme metteur en scène) : Nicolas Briançon.
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