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Rares sont les films à pouvoir prétendre à une certaine pureté cinématographique, «L'Île Nue» est de ceux-là. Dès les premières secondes, la beauté envoutante et sensuelle de la nature, filmée avec une sensibilité extraordinaire, nous frappe de plein fouet pour ensuite nous captiver 1h30 durant. Du début à la fin, inlassablement les mêmes images, les mêmes gestes et la même mélodie se répètent, sans qu'une seule parole soit prononcée, participant de la métaphore que constitue «L'Île Nue» quant à la rudesse de la vie et à son quotidien pénible pour ceux qui vivent du travail de la terre. Magnifique poème cinématographique, il illustre avec sobriété et humilité la douleur du labeur, de la maladie et de la mort, de toute existence en somme. L'opposition entre l'esthétique somptueuse et le propos désenchanté est d'ailleurs d'autant plus forte que cette nature sublimée ne peut faire complètement oublier la souffrance humaine, la détresse d'être impuissant face aux éléments, au temps et à la mort. A ce propos, le choix de Kaneto Shindô de préférer l'épure au sentimentalisme ou au mélodrame s'avère plus qu'opportun : le dénuement formel de «L'Île Nue» sied à merveille à la pauvreté du lieu filmé et des personnages, tout en exacerbant l'intensité des moments les plus tragiques, toujours avec une économie de moyens qui force l'admiration. Qui plus est, l'emploi d'une musique à consonance occidentale, assez déstabilisant au début, s'avère finalement totalement approprié et accentue ainsi la délicate interaction entre sons et images. Beau et tragique, réellement fascinant, «L'Île Nue» est une réussite totale qui rend grâce à l'audace et à l'exigence du cinéaste japonais. A voir absolument! [4/4] http://artetpoiesis.blogspot.fr/
Ajoutée le 19 mai 2012 à 14h48 Signaler un abus
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