Mona est une adolescente égarée, sans repère et sans autre attache qu'un frère, jadis délinquant, devenu bigot. Sa rencontre, pendant les vacances, avec Tamsin, une jeune fille de bonne famille livrée à elle-même, aboutit à une relation fusionnelle et sensuelle.
Aux confins de l'irréalité et de l'onirisme -Tamsin rappelle les princesses surgies d'un conte- le réalisateur Pawel Pawlikowski évoque, dans une mise en scène dépouillée, le thème courant mais sensible du mal-être de l'adolescence, entre fragilité et rudesse. Son point de vue n'est pas "sociologique" ou global; à travers de subtils indices psychologiques, le cinéaste traduit l'affectivité complexe, le désordre, de jeunes filles en proie à une émotivité exacerbée et à une solitude dont les détourne leur camaraderie exclusive. C'est le regard de Mona, fascinée par sa nouvelle amie, qui détermine l'angle du récit.
Mais, même à considérer l'intelligence et la justesse du dénouement, on est plutôt déçu par la tournure que prend à mi-film, le scénario, lorsque l'auteur, faisant rappliquer le frère de Mona, s'enferme dans des considérations mystiques qui n'ajoutent pas grand 'chose, me semble-t-il, au portrait des héroïnes.