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En 1975, Aldrich a déjà fait tourner Burt Reynolds dans une comédie machiste centrée sur le football américain, sport national roi aux States. Les deux compères ont raflé la mise avec cette comédie un peu lourdingue en profitant de la popularité naissante de Reynolds depuis sa participation au survival culte de John Boorman en 1972 ("Délivrance"). Le tandem qui fonde même une société de production, la Robur, pour l'occasion, adapte un roman de Steve Shagan. Aldrich emprunte le genre policier comme véhicule à son histoire de flic mal à l'aise dans son métier qui ne supporte plus la violence quotidienne et la corruption qui gangrène Los Angeles. Très ouvert d'esprit, Phil Gaines vit une relation intense avec une call-girl française interprétée par Catherine Deneuve. Ensemble il vont voir les films de la Nouvelle Vague, écoutent les chansons d'Aznavour et rêvent de poursuivre leur histoire à Cannes ou à Rome. On est donc très loin du flic solitaire et brutal joué par Eastwood dans "Dirty Harry" et Aldrich prend un malin plaisir à utiliser Burt Reynolds, l'archétype du macho yankee, à contre emploi. Comme souvent chez Aldrich le héros est en proie à un système dont il conteste les valeurs et dont toutes les tentatives pour en sortir ou le réformer seront vouées à l'échec. Le bras armé de Gaines contre tout ce qu'il rejette sera Marty Hollinger (Ben Johnson) ce père, vétéran de Corée qui veut venger sa fille retrouvée morte sur la plage, dont il couvre les exactions à travers une démarche que l'on peu juger un peu lâche et non dénuée d'intérêt. C'est quand il comprendra qu'il est en train de franchir la ligne jaune que Gaines songera à changer de vie mais comme beaucoup de héros aldrichiens il ne pourra s'extraire de la nasse. Si le film reprend tous les thèmes chers à Aldrich dans une tentative originale et courageuse de sortir des canons du genre policier très en vogue à Hollywood dans ces années 70, il est souvent maladroit et filmé à la manière d'un Columbo.Rétrospectivement la voiture de Reynolds fait immanquablement penser à la Grand Torino de Starsky et Hutch alors que la série n'est pas encore diffusée quand le film est en chantier. Ce relâchement dans la mise en scène n'est pas à la hauteur des ambitions du scénario et du casting réunit par Aldrich ce qui altère la portée de son film pourtant entamé de la meilleure des façons avec la scène virtuose de la découverte du cadavre par les enfants d'une colonie de vacances . A noter le tout petit rôle de Robert Englund dans le climax final et la ressemblance frappante d'Eddie Albert avec notre DSK national, sauce américaine, version Sofitel.
Ajoutée le 27 déc. 2011 à 11h28 Signaler un abus
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