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Un visiteur
5,0
Publiée le 26 octobre 2007
Les Ames grises sont un film remarquable, où l'essentiel tient moins dans la résolution du meutre d'une fillette que de la révélation des complexités humaines, ces âmes grises à deux pas d'une autre zone grise, celle du front de la Grande guerre : des drames personnels qui se mêlent au grand drame collectif...A ce titre, Marielle et Villeret sont impressionnants, le premier interprétant un procureur détaché de ses prochains mais troublé par l'irruption de l'institutrice, le second jouant un magistrat veule, hautain et méchant (prouvant si besoin était la grande sensibilité qu'avait cet acteur). La critique d'académisme formulée par certains journalistes ne tient pas la route, et témoigne d'un déplorable manque de discernement.
Dialogues somptueux, belle réalisation, film sombre et sobre comme la mort que l'on cotoie sans cesse.""ce qui est intéressant dans la guerre ce n'est pas ce qu'elle montre mais que ce qu'elle dissimule" dit un interprète du film. On entend les bruits du front comme un bruit de fond que font résonner les protagonistes de cette histoire , jouant leur partie macabre sur le carreau de la jeunesse et de l'innocence dont ils s'acharnent à détruire l'existence. On frissonne devant tant de cruauté, on espère que la réalité fût toute autre, que seul le souvenir des héros survivra à cette humanité déchaînée, où la vie elle-même n'avait plus de prix, même en arrière des lignes.
Un excellent film, tout en noirceur(s), dans un monde livré au chaos et où la cruauté n'est pas que l'apanage des soldats. L'intolérable, les intolérables, est et sont bien du côté du vivant, de la vie "normale", du quotidien, de l'anodin. Il y a du cynisme, du pouvoir, voire de l'abus de pouvoir, des regards aussi, de l'espoir et de la désespérance. Les acteurs sont impressionnants dans leurs rôles, leurs costumes, leur raideur: - Marielle dans la peau de cet homme de bien, confronté à des affaires de moeurs au quotidien mais absent au monde qui l'entoure et vivant tel un reclus derrière ses hauts murs dans sa maison austère. - Villeret abjecte et méprisant: une dernière vision du comédien bien éloignée des précédentes plutôt débonnaires. - Podalydès pris entre culpabilité de n'être pas sur le front, recherche de vérité, attaché à la vie dans sa simplicité et sa beauté. Un moment qui nous questionne donc sur ce qui fait l'Homme, ce dont il est capable, ses mensonges, ses faiblesses, ses peurs, ses doutes et son humanité.
Adaptation du roman du Nancéen Philippe Claudel, "Les âmes grises" présentait un bon potentiel, aidé en cela par une bande-annonce intrigante, une atmosphère qui respirait la mort à plein nez et un duo d'acteur qui a de la gueule. Sur ces 2 derniers points, il faut admettre que le film tient ses promesses. Yves Angelo a soigné son ambiance au point que le spectateur ressent tout le mal-être de ce début de siècle marqué par les horreurs de la 1ere guerre mondiale avec son image sombre, ses soldats omniprésents et sa tension palpable. Idem pour l'interprétation de Jean-Pierre Marielle en procureur ambigu et Jacques Villeret en juge d'instruction détestable. Mais, et c'est le 1er reproche, j'ai trouvé les 2 acteurs malgré tout trop théâtraux dans leur jeu, sentiment qui s'est vu renforcer par le rythme particulièrement plat du film (que de longueurs). Mais les autres défauts de ces "Ames Grises" sont plus graves : le reste du casting n'est pas particulièrement marquants (le fade Denis Podalydes, la mutique Marina Hands, les peu mis en avant Serge Riaboukine et Michel Vuillermoz sans oublier l'apparition trop furtive pour être utile de Marius Collucci), l'ambiance glaciale du film vient à ennuyer, le film se disperse dans de multiples sous-intrigues (le passé de Lysia, la présence des Gueules cassées, le policier traité de planqué pour ne pas être sur le front...) certes utiles à l'ambiance générale mais qui handicape le rythme et surtout l'enquête... Car ce qu'il manque aux "Ames Grises", c'est un véritable fil conducteur qui ramène à l'histoire principale afin de permettre aux spectateurs de se forger une opinion sur l'identité de l'assassin de la fillette qui, et c'est sans doute la meilleure idée du film, n'est pas dévoilée à la fin. Le réalisateur a visiblement préféré s'intéresser aux tourments de ses personnages et au contexte du crime plutôt qu'à sa résolution. On a donc droit à un long film aussi plat et ennuyeux qu'un dimanche après-midi pluvieux. Dommage !
J'ai vu un film... déroutant ! La guerre de 14, en arrière-plan... un meurtre et une enquête à mener au premier plan. Tenu par une belle brochette de comédiens, (Villeret, inoubliable, Marielle, mystérieux -trop peut-être ?-, Podalydès fragile...), le film a du mal a trouver son souffle... Il n'est ni épique, ni caressant... Et malheureusement le fin ne soulève aucun mystère ! Vivement la lecture du livre pour comprendre !
Montrant la guerre du côté que l'on a peu l'habitude de voir : celui des gens qui sont restés chez eux en attendant le retour de leurs proches, un film d'une beauté incroyable en dépit d'un scénario parfois un peu froid.
Bien sur le décor d'ensemble et l'ambiance qui en resort est vraiment excellente, mais ça ne pouvait pas sauver le film bien éviedemment. En fait on s'ennuit ferme à suivre une petite intrigue qui n'en est pas vraiment une où se suivent des acteurs sans grande expression (exception faite de l'éblouissant Jacques Villeret) et qui nous laisse froids. En fait on ne sait pas trop quelle était la ligne directrice du film : le meurtre ? la vie pendant la Guerre ? la psychologie des personnages ? On ne peut pas trop le savoir car tout ces thèmes sont abordés sans pour autant être vraiment développés. Enocre une bande-annonce interessante qui fera un film sans saveur.
Les âmes noires ! Plongeant dans les tréfonds de l'âme humaine, Yves Angelo et son scénariste Philippe Claudel tirent un portrait peu flatteur de notre espèce. Ils décrivent avec une justesse étonnante cette période très particulière que fût la Première Guerre Mondiale et en particulier l'année 1917. C'est le moment où la France traverse une grave crise morale et où les gens commencent à se demander à quoi cette guerre rime. C'est aussi le temps de la désertion. Tout cela est magnifiquement retracé dans ce merveilleux film qui nous fait ainsi oublier les pubs Lesieur de monsieur Jeunet et son épouvantable Long Dimanche de Fiançailles. Yves Angelo choisit une fois de plus la voie d'un certain classicisme et d'une totale austérité dans sa mise en scène. Tout est feutré, mais chaque plan exhale cette terrible odeur qui est celle de la mort. Elle frappe la plupart des personnages et souligne un peu plus le dérisoire de nos existences. Tout ceci est servi par une brochette de comédiens formidables et inspirés. Alors, c'est sûr, il faut mieux ne pas être déprimé le jour de la projection car l'ensemble est d'une noirceur redoutable.
Ladaptation du célèbre roman de Philippe Claudel. Outre le très bon scénario est bien décevante. Le film avait pourtant attiré une pléiades de comédiens talentueux : Marielle, Villeret, Podalydès pour ne citer queux. La déception est donc dautant plus grande à la fin du film. En effet la réalisation nest pas à la hauteur de lévènement. La mise en scène bancale étant plus proche du téléfilm de France 2 du samedi soir que de celle dun film à gros budget. Les dialogues sont sans saveurs et les quelques répliques percutantes sont concentrées dans la bande annonce. Le scénario est décousu et lintrigue tarde trop à se dévoiler. Que reste t-il donc à ce film pourtant prometteur sur le papier ? Ses acteurs bien sur. Marielle est excellent de bout en bout, insufflant une part de mystère dhumanité à un personnage pas évident à jouer. Podalydès est touchant, même si il se révèle de temps en temps un peu trop inexpressif. Quand à Villeret dont cétait le dernier film, il est caricatural et narrive pas contrairement à Jean Pierre Marielle, à donner une image moins grotesque à son personnage. Dans un rôle à contre emploi, certains acteurs se subliment, Coluche (Tchao Pantin), Bourvil (Le Cercle Rouge), ce nest pas le cas de Villeret dans ce film. On gardera plus en mémoire sa prestation dans le film de Becker intitulé « Effroyables Jardins » par exemple. Cest dautant plus triste de voir Villeret quitter la scène après ce film moyen. Ce film ne mérite qu'une étoile, j'en rajoute une autre pour ce grand acteur qu'est Jean Pierre Marielle.
Un film bien sinistre qui ne me séduit pas vraiment.. L'intrigue est bien là mais le dénouement n'est pas satisfaisant.. Et le rythme, tellement lent m'a presque endormi...
Je ne sais pas si vous avez lu le bouqin sinon je vous le recommande, c'est très très bon. Le film est une retranscription minutieuse du bouquin, je ne sais pas comment a pu l'apprécier quelqu'un qui n'aurait pas lu de bouquin, ce serait intéressant de comparer les impressions. L'ambiance est très bien rendue, Marielle et Villeret ne sont pas des acteurs mais des monstres de scène. Par contre Polyades est largement inférieur et son jeu ne rend pas la profondeur de son personnage. C'est un bon film très triste avec de grands acteurs.
Un bon jeu d'acteurs qui sauve une hisoire plate, qui progresse TRES lentement sans déboucher sur une véritable fin. La bande annonce "vendait" un polar alors qu'il s'agit plus d'un film psychologique avec parfois un manque de dialogues lassant. Bref à éviter si le cinéma est pour vous changer les idées.
Intérressant, uniquement pour (malheureusement) le dernier rôle de Jacques Villeret. Par ailleurs, je m'y suis ennuyé. Ce ne sont pas Les âmes grises mais Les âmes noires. À éviter par temps de pluie.
D'apres l'oeuvre de Philippe Claudel, le film est à l'hauteur du roman. Tourné avec une maîtrise irréprochable, le film d'Yves Angelo plonge dans des atmosphères entre l'énigme et la rêverie. Les acteurs sont époustouffants, notamment Jean-Pierre Marielle. A voir!