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real-disciple
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3,5
Publiée le 7 novembre 2012
Un bon film noir de courte durée avec peu de moyens mais qui repose surtout sur la confrontation entre les deux acteurs, le fataliste Tom Neal et l'hystérique Ann Savage. On retrouve les codes du film noir dont le destin qui s'acharne sur le personnage et des éclairages soignés. Sans être un excellent film noir, c'est un bon film.
Une petite perle du film noir, où la fatalité tient du cauchemar, doublée d'une ironie tragique assez jubilatoire. Le personnage principal a le charme désabusé des grands losers, dépassé par les événements. Quant à l'actrice Ann Savage (qui porte bien son nom), elle joue une harpie comme on en voit peu : hargneuse, agressive, autoritaire, alcoolique... Deux personnages fracassés, pris dans un drame suintant la poisse. Du noir pur jus.
La série B réserve souvent de très bonnes surprises, et "Detour" en est probablement un de ses meilleurs exemples. A peine plus d'une heure, tourné rapidement, pour pas grand chose et avec des acteurs inconnus, une technique largement perfectible : a priori, rien de bien extraordinaire. Et pourtant, le film fascine. Le scénario est même absolument irréprochable, implacable, tragique et logique. Le destin de son personnage principal place "Detour" dans le case du film noir, dont il respecte tous les codes, malgré le manque de moyens. Ce qui est ici encore plus fascinant, c'est la dimension de road-movie du film, avec tout ce que la route comporte de dangerosité pour le rêve américain (le personnage part à Hollywood et il est souvent question de l'Ouest) : même si l'histoire est totalement différent, rappelons nous qu'on est ici plus de 20 ans avant "Easy Rider". "Detour", ou quand une série B égale la série A.
Film de série B, court et modeste (67 mn, 6 jours de tournage dans deux décors sans aucun budget) qui réunit les ingrédients du film noir (héros malchanceux, escroc, femme fatale, bars et motels miteux, ambiance poisseuse…) mais dont la réalisation souffre du peu de moyens (l’histoire avance essentiellement par le récit en voix off du héros et des dialogues de deux personnes assises côte à côte dans une voiture devant des décors qui défilent). Fascinant dans son minimalisme et la dernière scène dans le motel « vaut le détour ».
Un film court et sans moyen transcendé par l’intelligence du genre, le film noir, du scénario et de la réalisation à l’économie. Le thème de la femme fatale est réduit à son expression la plus prosaïque (avec une jeune harpie vagabonde et même salingue), presque sordide. On est dans une sorte de road movie, où la route tient parfaitement son rôle de métaphore de la destinée. Avec des procédés très simples (en particulier sur les voix), Ulmer parvient à suggérer une ambiance entre la remémoration comateuse et le cauchemar. L’histoire est pleinement « noire » en ce qu’elle est une histoire de mouise, de fatalité. C’est excellent, et comme souvent chez Ulmer, ça se démarque totalement de ce que le cinéma américain, même dans ce genre là, peut avoir de glamour, de moralisme simpliste et d’optimisme obligé.
Un classique du film noir tourné en quelques jours avec un scénario plutôt bien écrit mais qui manque d'audace. La mise en scène est très réussie et Tom Neal campe un pauvre type malchanceux avec brio face à une insupportable Ann Savage qui est parfaite dans la peau de son personnage. Mais l'ensemble manque de charme, la durée du film ne permettant pas de bien rentrer dans l'univers.
Film noir devenu un classique pourtant tout est fait avec peu de moyen. Les éléments habituels du genre sont présents (une manipulatrice, fatalité, appât du gain, ...). Je trouve que le mélange film noir et road-movie est intelligent tout comme les retournements de situation. Dommage cela dit que la durée total n'aide pas au développement de l'histoire (à peine 1h15).
Voilà un petit film noir drôlement original. Sorte de road movie au scénario cauchemardesque, il dissimule admirablement son manque de moyens par une grande invention visuelle. Le héros en est un vrai poissard dans la grande tradition du film noir, qui nous fait partager son chemin de croix au moyen de la voix off. Le film possède un je-ne-sais quoi de moderne qui a dû inspirer certains thrilles contemporains. A découvrir
Film noir typique. Tous les codes sont présents dans une intrigue sans manières, contant le harcèlement d'un destin menant finalement au tragique avec cette histoire de deux êtres somme toute communs.
Il ne peut pas exister plus fauché comme film de série B que celui-ci : nombres de décors extérieurs très limités, décors de studio pauvre, montage approximatif (en particulier dans la scène qui se déroule dans la chambre d'hôtel). Mais pourtant ce qui apparaît comme des défauts servent admirablement le film , le rendant encore plus vrai. Dès le début par l'intermédiaire d'une voix-off, on rentre tout de suite dans l'esprit de cet homme malchanceux qui n'hésite pas à s'adresser directement à nous par l'intermédiaire d'un "vous", très brillamment incarné par Tom Neal (acteur loser qui fera de la taule pour avoir assassiner sa troisième épouse). En contrepoint, on ne peut que détester le personnage de femme fatale, parfaitement interprétée par Ann Savage, aussi détestable que fascinante dès le premier abord et qui le restera jusqu'au bout. En seulement 67 minutes, le réalisateur Edgar G. Ulmer arrive à incruster de très nombreux rebondissements tout en donnant l'impression que le rythme du film est lent et feutré. Il cultive aussi admirablement l'ambiguïté tout au long de ce qui certainement son meilleur film, à l'image de ce dernier plan où le personnage principal est arrêté par une voiture de police (plan rajouté sur ordre de la censure car un criminel à l'époque ne pouvait pas s'en sortir, mais là où Ulmer s'est montré particulièrement excellent c'est que le personnage n'est pas forcément arrêté pour meurtre mais peut-être l'être tout aussi bien pour vagabondage!). En tous les cas, tous ses drôles d'ingrédients donnent peut-être un drôle de chef d'oeuvre.
Un classique du film noir tourné avec quelques bouts de chandelle !!! Tournure du récit, ambiance noire à souhait, femme fatale, intrigue à tiroir... Rien ne manque à ce "Détour" qui, soixante ans après sa sortie en salles, peut encore faire la nique à nombre de thrillers actuels !!! En presque une heure, et sans aucun cliché, Edgar G. Ulmer réalise un des chefs-d'œuvres du polar américain.
George Edgar Ulmer fut un des plus prolifique réalisateur de série B des années 40 et 50. Sa filmographie aborde tous les styles avec plus ou moins de succès, jamais avec assez d'argent. La réussite de plusieurs de ses films alors que sa carrière continuait à stagner lui valut un statut de réalisateur maudit. "Detour" en est le parfait exemple, des décors sous accessoirisés (un bistrot sans tables ni chaises), des lumières marquant des ombres involontaires aux murs trahissent le manque de moyens, alors que la mise en scène et le scénario tiennent parfaitement la route dans le plus pur style du film noir. Tourné en 6 jours, Ulmer dut ajouter le plan de fin pour avoir l'autorisation d'exploitation, la censure n'admettant pas qu'on puisse finir un film sans l'arrestation d'un criminel. Le film sorti assez anonymement mais fut propulsé au statut de culte par la Nouvelle Vague français dans les années 60. En 1992, il fut le premier film de série B à être inscrit au National Film Registry américain.
tourné en quelques jours et avec une poignée d'acteurs inconnus, ce film est pourtant l'une des grandes oeuvres du film noir américain avec une sublime ambiance, un acteur charismatique et un scénario kafkaien , un vrai bijou de cinéma