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La sensualité qui émane de ces corps gémeaux, corps animés par un désir irrésistible qui tendent à se voir inexorablement transpercés par la tragédie familiale que creuse elle-même leur relation progressivement, nous fait les témoins d'un amour troublant, sulfureux, interdit. Mais GÉMEAUX s'avère une exploration très distancée, car de son refus de nous faire pénétrer totalement la psychologie des personnages, la réalisatrice nous épargne, nous donnant le statut de simples témoins. Le malaise psychologique qui découle de la scène de la révélation en est d'autant plus fort, d'une profondeur tragique et vertigineuse telle qu'il n'en a été rarement expérimenté au cinéma... Si bien que l'on ressort décontenancé, déconcerté, de ce portrait au vitriol de la bourgeoisie argentine, un portrait trempé de larmes, de sang et de semence ; de cette tragédie frappant une famille, dont la décomposition s'expose à la fois palpable et moite, et dont le statut social ne sera d'aucun secours à l'inévitable fatalité de l'existence et du désir ; car tout, sans exception, tout est fatal. Film électrochoc, GÉMEAUX est une œuvre forte et maîtrisée, qui a eu l'honneur mérité de se voir présenté à Cannes à la Quinzaine des Réalisateurs.
Ajoutée le 07 oct. 2008 à 11h21 Signaler un abus
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