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    J'invente rien
    Anecdotes, potins, actus, voire secrets inavouables autour de "J'invente rien" et de son tournage !

    Genèse du projet

    A l'origine de ce film, Michel Leclerc s'était intéressé, il y a quelques années, au parcours d'un homme d'une soixantaine d'années qui avait inventé l'humidificateur de papier toilette et qui s'était présenté au concours Lépine. "Ce qui m'avait frappé, explique le réalisateur, c'était le décalage entre l'aspect dérisoire de son invention et la manière dont il prenait son projet très au sérieux : il était allé jusqu'à hypothéquer sa maison pour le faire breveter ! Je m'étais alors dit que cela ferait un formidable sujet de comédie."

    Note d'intention du réalisateur

    Pour Michel Leclerc, "Paul et Mathilde s'aiment du début à la fin du film, ce ne sont que les circonstances qui les séparent. Ils forment un couple iconoclaste, imperméable au jugement des autres, libre et heureux de l'être. Chez eux les genres sont plutôt inversés. C'est elle qui a la tête sur les épaules, qui tient les cordons de la bourse, qui bricole, qui pisse par terre, qui fait dans le coup de poing ... C'est lui la petite chose fragile, délicate et pudique. Le temps du film est celui qu'il leur faudra pour s'accepter tels qu'ils sont, c'est-à-dire tordus. L'histoire d'amour de Paul et Mathilde est aussi à rapprocher du thème de l'invention : pour que l'amour dure, ne faut-il pas inventer tous ces petits rituels plus ou moins clandestins qui servent à maintenir la flamme ?"

    Tourné dans le quartier de Ménilmontant

    Je n'invente rien a été tourné dans le quartier de Ménilmontant, à Paris, un endroit où Michel Leclerc vit depuis vingt ans. "C'est qu'il me semble être un lieu d'équilibre assez harmonieux, explique le réalisateur. Un quartier où le mélange est encore - plus pour longtemps - une réalité, mélange des catégories sociales, mélange des cultures, mélange des architectures. Le film est ancré dans ce quartier là, entre la porte de Bagnolet et la rue de Ménilmontant... un peu comme Chacun cherche son chat de Cédric Klapisch était ancré dans le 11ème arrondissement."

    Un hommage à Jacques Demy

    Je n'invente rien comporte une séquence de comédie musicale qui n'est pas sans rappeler le style de Jacques Demy. "Je suis un vrai fan de Demy, explique le réalisateur, car il y a chez lui un mélange constant de légèreté et de gravité que j'adore...! J'écris moi-même de la musique et je trouve que les chansons permettent de dire des choses profondes, sans se prendre au sérieux. C'est ainsi que le personnage de Mathilde traverse une situation de crise et que le facteur déclenchant qui la pousse à agir est un élément extérieur - en l'occurrence une chanson - qui, soudain, entre en résonance avec ses émotions et la décide à bouleverser sa vie. J'aime beaucoup l'idée que les chansons ponctuent l'existence et aident à prendre des décisions."

    Un travail sur l'image

    Michel Leclerc a tourné le film en super 16, et les flash-back en super 8. Le cinéaste explique son choix : "Je suis très attaché au super 8 qui donne immédiatement aux images une texture du passé. J'avais envie de ce parfum de nostalgie qui correspond bien aux souvenirs qu'on regrette..." Le réalisateur souhaitait également composer une sorte de patchwork émotionnel, en utilisant des textures d'images très différentes qui épousent les émotions des personnages.

    Le choix des comédiens

    Pour Paul, Michel Leclerc souhaitait quelqu'un qui puisse être à la fois dans la névrose obsessionnelle et dans la comédie - le personnage a des traits de caractère parfois antipathiques et il fallait absolument que le comédien qui l'incarne ne perde jamais l'affection du spectateur... "C'est en voyant Kad Merad dans une émission de télévision que j'ai compris qu'il avait cette double dimension en lui", confie le réalisateur.
    Quant à Elsa Zylberstein, Michel Leclerc pense qu'elle avait un vrai potentiel de comédie jusque-là sous-exploité. "Elle a plus souvent campé des personnages bourgeois et torturés, explique-t-il. J'ai trouvé amusant et surprenant de lui faire jouer une fille de camelot, avec les deux pieds sur terre et qui, dans le couple, "porte la culotte". L'idée du couple Kad-Elsa m'a vraiment séduit. Ils viennent d'horizons très différents, ils ont une image publique aux antipodes l'une de l'autre, et pourtant j'ai le sentiment qu'à l'écran, leur couple est une évidence."

    Kad travaille son personnage...

    Kad Merad s'est approprié le personnage de Paul en essayant de le rendre maladroit et embarrassé de ce grand corps qui l'encombre. "Les costumes m'ont également beaucoup aidé, confie le comédien, ses grandes vestes bleues lui donnent une dimension décalée. J'ai aussi travaillé la démarche un peu gauche du personnage."
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