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Si les films de propagande sont généralement assez limités, il n'en est rien ici. "49e parallèle" se révèle beaucoup plus subtil et original qu'on pourrait le penser. Troisième collaboration du duo Michael Powell/Emeric Pressburger, qui participent ici à l'effort de guerre à leur manière, le film raconte le périple d'un groupe de soldats nazis dont le sous-marin a était coulé à travers le Canada. L'originalité du film vient d'ailleurs que l'on suit les méchants de l'histoire au lieu des gentils, fait très inhabituel. Les soldats font sur leur chemin des rencontres qui vont chacune à leur manière mettre en évidence divers aspects de l'idéologie nazie et présenter un même dégout du nazisme peut importe la nationalité. Car ils vont croiser des canadiens (logique), un canadien français (Laurence Olivier avec l'accent français !), des immigrés allemands, des américains et un anglais, tous unis par leur amour de la démocratie et leur haine du nazisme. De l'aveu même de Michael Powell, "49e parallèle" visait d'ailleurs à pousser les États-Unis à entrer en guerre. Le meilleur symbole du nazisme est bien sûr le lieutenant à la tête du petit groupe de soldats. Il est dépeint comme le nazi « parfait », qui se décrit lui-même comme pragmatique, prône l'anéantissement de tout sentiments et le respect des ordres à la lettre. Une vraie machine en somme. Le mépris de l'idéologie nazie envers les intellectuels est mise en image lors d'une des scènes les plus fortes du film avec leur rencontre avec un ethnologue cultivé (Leslie Howard). Le lieutenant le qualifie de « mou » et de « dégénéré » avant de le ligoter et de faire un autodafé en brûlant sous ses yeux ses livres, papiers et tableaux. Matisse, Picasso et Thomas Mann mis au feu... Mais si "49e parallèle" condamne violemment le nazisme, il évite de faire l'amalgame entre nazis et allemands. Tout les allemands ne sont pas nazis et le film fait bien la part des choses. Le groupe de soldats se réfugie à un moment donné dans une communauté d'allemands implantés au Canada. Hors ceux-ci ont quitté l'Allemagne pour fuir la misère ou les persécutions nazie et ne vont pas tarder à mettre leurs « invités » dehors. L'un des soldats tente d'ailleurs de se joindre à eux mais sera exécuté sommairement par le lieutenant pour désertion et trahison. Tourné majoritairement en décors naturels, fait plutôt rare, "49e parallèle" bénéficie du talent de Michael Powell, cinéaste injustement méconnu, qui sait prendre son temps pour planter le décors, présenter les personnages et leur mode de vie... Vraie qualité que l'on retrouve chez peu de réalisateurs aujourd'hui.
Ajoutée le 26 août 2012 à 22h14
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