Vanessouille06
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4.5 - Excellent
Il est rare de voir un premier film (d'autant plus quand celui est une adaptation d'une pièce de Shakespeare) faire autant preuve d'intelligence, de subtilité et d'authenticité, que cette version d'Henry V. La mise en scène et l'interprétation de Branagh n'ont absolument rien à voir avec celle d'Olivier, et nous sommes ravis de voir comment cette pièce prend une autre dimension et une autre profondeur sous la houlette du jeune comédien et réalisateur. Chaque plan est pensé avec minutie, tout en restant d'une simplicité qui laisse le vers Shakespearien s'exprimer librement : de la flamme de départ dans les mains de Derek Jacobi, à l'entrée solennelle et majestueuse du roi, en passant par le discours jubilatoire de la Saint Crespin et le moment de rendre hommage aux morts après la bataille d'Agincourt sur fond de musique, cet Henry V donne vie à une pièce réputée difficile à mettre en scène tout en finesse et justesse. Les acteurs sont également pour beaucoup à la réussite d'un film qui ne dispose pas d'un budget grandiose mais d'une manne de gens extrêmement talentueux : Jacobi bien sûr parle la langue de Shakespeare avec tant d'aisance qu'elle sonne comme musique dans sa bouche, tandis qu'Emma Thompson nous étonne par son français appliqué. Quant à Branagh, il donne une interprétation inoubliable du roi, à la fois régal et vulnérable. Son visage poupin ne manque pas de faire contraste avec son art de la parole, ses réparties cinglantes ou ses discours guerriers exaltés. Henry devient sous ses traits une figure fascinante, à la fois humaine et idéalisée, dont chacun des mots prononcés prend une toute nouvelle vie. C'est là son rôle dramatique le plus aboutit, une interprétation remarquable au vu de son jeune âge. Cette version d'Henry V est dans l'ensemble sombre, habillée d'une pluie et d'un brouillard constant qui symbolise la propre destinée de ce roi qui ressort à la fois comme un grand meneur d'hommes mais aussi comme un être sujet à ses propres angoisses. On aime ces grandes scènes épiques et patriotiques dans la boue et le sang qui prennent un tour poétique, autant que la fin plus légère entre Henry et Catherine. Une chose est sûre, malgré ses quelques faiblesses techniques Henry V reste la plus grande réussite de Branagh autant devant que derrière la caméra, car au contraire d'Hamlet qu'il réalisera plus tard, ne tombe jamais dans l'excès.
Ajoutée le 09 mai 2011 à 22h17
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