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    Le Venin de la peur
    note moyenne
    3,2
    27 notes dont 4 critiques
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    25% (1 critique)
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    4 critiques spectateurs

    soniadidierkmurgia
    soniadidierkmurgia

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    4,0
    Cinéaste de genre italien dans les années 60 et 70, Lucio Fulci a forcément tâté du western et du giallo, spécialités transalpines réputées de cette époque. Si " le venin de la peur" qui vient juste après "Perversion Story" (1969), autre film à suspense, est classé aujourd'hui parmi les gialli, il n'en adopte pas, loin de là, tous les archétypes et tente plutôt une synthèse entre certains films d'Hitchcock et le fameux "Répulsion" de Roman Polanski (1965) dont il reprend comme une obsession le thème de la frustration sexuelle. Le film se situant à Londres et l'héroïne (Florinda Bolkan) comme Catherine Deneuve se nommant Carol, la filiation est sans équivoque. Après avoir longtemps œuvré dans le domaine de la comédie facile en tant que scénariste puis comme réalisateur débutant notamment avec une participation à quelques films du duo comique Franco (Franchi) et Cissio (Ingrassia), Fulci effectue une mutation spectaculaire qui passant par le giallo l'amène jusqu'au fantastique horrifique qui fera sa réputation posthume. Comme il n'était pas rare à l'époque en sus du casting cosmopolite de rigueur, le film se choisit un cadre londonien ("Mais qu'avez-vous fait à Solange" de Massimo Dallamano en 1972, "Toutes les couleurs du vice" de Sergio Martino en 1972). Auteur de l'histoire et participant au scénario, Fulci concocte une machination très bien orchestrée essentiellement basée sur l'exposition des fantasmes érotiques et le pouvoir de fascination induit par la cure analytique dont l'efficacité a déjà fait ses preuves chez le maître du suspense, Alfred Hitchcock, à qui le réalisateur rend clairement hommage dans plusieurs scènes explicites ("Sueurs Froides", "La maison du docteur Edwards", "Les oiseaux"). Mais les mœurs s'étant depuis grandement libérées, Fulci bénéficie d'une liberté d'expression toujours refusée au maître qui devait en passer par des arabesques savoureuses malgré tout explicites. C'est ainsi que les très belles Florinda Bolkan, Ania Strindberg ou Silvia Monti offrent au spectateur leurs plastiques avantageuses dans des scènes oniriques plus que suggestives du meilleur effet car jamais vulgaires. Des producteurs français avides et avisés profiteront des problèmes du film avec la censure pour sortir une version dite "non censurée" au titre racoleur, "Carole; les salopes vont en enfer", qui en dit long sur l'opportunisme de la démarche. Joies et délices du cinéma bis de ces années-là. Point de couteau à la lame tranchante ou de tueur en série pour Fulci, l'angoisse étant provoquée par l'étrangeté des lieux, les fausses pistes du scénario, la musique de Morricone et le montage intelligent. C'est pour ces raisons que la parenté directe avec le giallo peut être discutée. Il n'en reste pas moins que tout à la fois envoûtant et captivant le film fait honneur à la production italienne de cette époque trop souvent sous-estimée. On l'a dit le film est très référentiel notamment dans le domaine pictural (Bacon, De Chirico, Dali) montrant la grande culture de Fulci qui taquin et grand admirateur de "M le maudit" de Fritz Lang (1932) met dans la bouche de l'inspecteur chargé de l'enquête (Stanley Baker), en lieu et place de la traditionnelle comptine enfantine, le sifflotement lancinant qui était le signal indiquant l'accomplissement à venir d'un crime par Peter Lorre (Hans Beckert alias M), ogre hantant les rues du Berlin populaire des années 20. Très raffiné esthétiquement et ne sacrifiant rien au niveau narratif, "Le venin de la peur" constitue un très bon cru du cinéma de genre italien des années 70.
    Christian M.
    Christian M.

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    3,5
    (Oublions le titre Français ridicule et racoleur)"Le venin de la peur" est un des meilleurs Giallo tourné par celui qui deviendra le maître du Gore.Fulci est encore très marqué par l'influence d'Hitchcok l'on sent que "Psychose" "Pas de printemps pour Marnie" et même "les oiseaux " ne sont pas loin.Il s'en démarque pourtant par une réalisation ébouriffante multipliant les effets de caméra qui sont la marque d'un grand réalisateur.On pourra noter que Brian de Palma utilisera ce même type d'intrigue psychanalytique et de réalisation osé dans son "Pulsions" quelques années plus tard.Fulci règle aussi ces comptes à une société italienne coincée et délivre son message par des provocation parfois un peu trop gratuites et abrupt.Malgré tout Le Venin de la Peur fait partie avec les premiers film de Dario Argento des oeuvres à posséder absolument pour tous amateurs de cet âge d'or du cinéma italien et pour tout cinéphile en général
    rogerwaters
    rogerwaters

    Suivre son activité 71 abonnés Lire ses 2 critiques

    4,0
    Si le titre français Carole se justifie, il faudrait supprimer celui des Salopes vont en enfer, visiblement utilisé en province pour surfer sur la vague des films érotiques. Ou alors, pourquoi ne pas lui préférer le titre vidéo Le Venin de la peur ? Dans tous les cas, le thriller érotico-onirique de Lucio Fulci vaut bien plus que son exploitation catastrophique sur notre territoire. Revu grâce à la sortie récente du combo blu-ray-DVD chez l’éditeur Le Chat qui fume, le film mérite de nombreuses louanges tant il se distingue du giallo traditionnel par l’ajout d’une dimension onirique et surréaliste particulièrement réussie. Le film, parfois bis à cause d’effets spéciaux un peu foireux, n’en demeure pas moins une expérience forte grâce à une histoire tortueuse à souhait, une réalisation hallucinée qui en met plein la vue, une excellente partition d’Ennio Morricone et une rage non contenue envers la société. Ainsi, Fulci initiait une œuvre où la misanthropie lui permet de renvoyer dos à dos policiers et criminels, bourgeois et prolétaires, réactionnaires et progressistes dans un grand élan de détestation généralisée. Le tout est agrémenté de scènes sensuelles réussies, de quelques plans gore bien dérangeants et de tout ce qui fait les qualités et défauts d’un cinéaste décidément très attachant.
    anonyme
    Un visiteur
    2,0
    Fulci se prend les pieds dans le tapis de son intrigue Hitchockienne bavarde et confuse, menée à grands coups de zoom et de cadrages hasardeux. Pourquoi situer l'action à Londres quand on exploite si peu les décors, une bonne moitié du film se déroulant dans des intérieurs moches. Leo Genn et Stanley Baker sont venus prendre un cachet, sans être sûrs d'avoir lu le script, quant à Jean Sorel, il fait tapisserie. Les scènes d'amour entre femmes qui pouvaient scandaliser le spectateur de l'époque, n'inspirent que de l'ennui, et le gore fulcien semble dans le cas d'un tel sujet, n'être qu'une un vilaine tache d'encre rouge. La musique d'Ennio Morricone, se suffit à elle-même.
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