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    Muriel ou le temps d'un retour
    note moyenne
    3,5
    119 notes dont 12 critiques
    25% (3 critiques)
    33% (4 critiques)
    8% (1 critique)
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    12 critiques spectateurs

    Anaxagore
    Anaxagore

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    5,0
    Publiée le 4 janvier 2009
    «Muriel ou le temps d'un retour» (1963) est le troisième long-métrage de Resnais et son troisième chef-d'oeuvre! Après la mémoire de la bombe atomique et de la seconde guerre mondiale à Nevers dans «Hiroshima mon amour», après celle universelle et archétypique d'une rencontre amoureuse dans «L'année dernière à Marienbad», le réalisateur illustre ici la mémoire douloureuse du passé de deux personnages. Hélène, une veuve (Delphine Seyrig, remarquable!), va revivre le souvenir de son amour passé pour Alphonse, tandis que son fils Bernard va tenter lui de fuir, dans les bras de Marie-Dominique, le souvenir de la guerre d'Algérie, et plus particulièrement celui, atroce, de la torture à mort d'une jeune fille, appelée Muriel par ses collègues de régiment. Le cadre de l'évocation, c'est Boulogne-sur-Mer en 1962, qui se souvient elle, jusque dans ses murs, des bombardements de la seconde guerre mondiale ... On le voit, la mémoire douloureuse demeure la préoccupation centrale de Resnais, mais elle se double ici d'une dimension politique. Comme Godard dans «Le petit soldat», il dénonce avec une acuité dérangeante la pratique de la torture en Algérie, sans la montrer directement comme le faisait Godard, mais en montrant ses répercussions psychologiques sur le personnage de Bernard. Sur le plan formel, le film explore, comme ses prédécesseurs, des structures narratives renouvelées. Point ici de narration linéaire, mais un récit qui, opportunément accentué par la musique de Henze, est reconstruit de manière très concise à l'aide d'un montage en tous points remarquable. Un très grand film donc, qui dégage une ambiance très particulière, étrange, sourde, oppressante, envoûtante ... C'était la grande époque de Resnais.
    chrischambers86
    chrischambers86

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    4,0
    Publiée le 14 avril 2012
    "Muriel ou le temps d'un retour" d'Alain Resnais a pour personnage central un jeune homme qui ne peut oublier les atrocitès qu'il a vues en Algèrie! Une tentative de toutes nos forces pour reprendre le monde à l'endroit prècis où l'actualitè, la politique, la vie sociale l'abandonnent! C'est un essai de rèhabilitation de l'homme au coeur de ses èpreuves. "Muriel" veut tèmoigner "que jamais rien n'est pire" et que l'histoire vraie peut commencer à la fin du film! Même "L'annèe dernière à Marienbad", en apparence intemporel, s'ouvrait en dèfinitive sur la rèalitè contemporaine, comme le fit ensuite ce film. "Marienbad" introduisait le spectateur dès les premières images dans l'univers du fantastique, "Muriel", est lui aussi fantastique, quoique cela soit moins manifeste! il ne s'agit en apparence que de la chronique de quelque petite ville de province, en France, comme en filmait Demy, à peu près à la même èpoque, et en couleurs ègalement, mais dans un tout autre esprit! Dans "Muriel", ces deux amants crèpusculaires (elle, c'est encore, moins jeune mais tout aussi èthèrèe, Delphine Seyrig, inoubliable) tentent de renouer sans succès une idylle adolescente qui, au cours des ans, s'est dègradèe jusqu'au sordide! Au même moment, le fils de l'hèroïne erre sur la plage, hantè par le souvenir d'une jeune militante du F.L.N, Muriel, qu'il a vu torturer, pendant son service militaire en Algèrie! La tragèdie collective s'introduit et s'incarne ainsi dans le drame individuel, comme le laissait entendre "Hiroshima". Ce qui fait la singularitè de "Muriel", c'est que Resnais arrive à nous montrer (comme le Bresson d'"Une femme en douce") le côtè irrèel, l'aspect cauchemardesque de la vie quotidienne, dans ce qu'elle a d'exaspèrant et de trivial, chez les petits bourgeois! L'interprètation est irrèprochable et Delphine Seyrig n'aura pas volè son prix de la coupe Volpi à la Mostra de Venise! De plus, les dècors sont, dans ce genre de cinèma, signifiants à force d'analyse minutieuse, annonçant dèjà l'action par leur seule prèsence! Un essentiel de Resnais...
    Caine78
    Caine78

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    3,5
    Publiée le 1 octobre 2010
    Un film d'Alain Resnais ne ressemble définitivement à aucun autre. C'est le constat que l'on se fait losque l'on regarde ce "Muriel", et cela déjà après l'incroyable choc de l'inoubliable chef d'oeuvre "L'Année dernière à Marienbad". Car si l'oeuvre déroute par son montage alternant sans transitions passé et présent, tout cela n'en demeure pas moins admirablement mené, le plaisir étant également celui de savoir se perdre dans cette réflexion sur le temps, celui que l'on a connu et celui dans lequel on vit, mais également les conséquences que ce passé a pu avoir sur nous. On pourra alors toujours accuser Resnais d'intellectualiser inutilement, de rendre son propos parfois un peu flou... Mais "Muriel" s'arrête t'il vraiment à ces considérations? Il nous faut d'abord la voir comme une expérience cinématographique, difficile à aborder certes mais au propos en définitif universel et qui saura sans nul doute toucher chacun d'entre nous. Une oeuvre à part, mais qui n'en demeure pas moins une vraie réussite.
    Flavien Poncet
    Flavien Poncet

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    4,0
    Publiée le 27 février 2008
    Si le troisième long-métrage d’Alain Resnais, «Muriel ou le temps d’un retour», s’intitule de deux façons ce n’est pas par coquetterie mais davantage pour rendre compte des deux pistes narratives qui s’y côtoient. Il y a Muriel et ce temps du retour. Tous deux tendent vers le fantôme de l’Algérie sur la France. Dans un premier temps, le film dévoile les affres du passé, les douloureux effacements de ce qui était en vue de ce qui reste. Resnais pour déclencher cette situation met en scène la retrouvaille de deux anciens amants après plusieurs années de séparation. Deux plans incarnent cet effet dévastateur du temps : Delphine Seyrig pose un gâteau sur la table, à ce plan succède la même pose du gâteau où ne demeure plus qu’une seule part. A l’instar de pâtisserie de laquelle il ne reste plus que des miettes, il ne semble avoir survécu que les ruines de l’amour des deux amants vieillis. Mais le film de Resnais réussit sa puissance dans l’autre pan, celui de Muriel. Le mystère de cette Muriel éponyme ne se dévoile que tardivement. C’est quand Jean-Baptiste Thieree projette et commente le film 8mm de son service militaire que l’identité fantomatique de Muriel se concrétise affreusement. Hormis la surimpression du récit tragique sur des images «touristiques», décalage ad hoc au cinéma de Resnais, il y a, en vue de ce que Brian DePalma fait avec «Redacted», quelque chose de semblable où l’horreur émane de la facétie. Il n’y a pas seulement ce prélude à DePalma mais l’on peut y décerner une influence renoirienne dans la dénonciation du théâtre de la bourgeoisie aveugle. La mise en situation des repas dans une salle à manger encadrée de rideaux finit de bâtir la cécité de la bourgeoisie sur la guerre d’Algérie. Ces deux voies que mêle le film dévoilent les ruines de la séparation, les ombres de la guerre sur la «tranquillité» métropolitaine. Et «Muriel», enfin, prouve que Resnais n’a rien de la bourgeoisie puisqu’elle est là l’apparat des maux de la guerre d’Algérie.
    BlindTheseus
    BlindTheseus

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    4,0
    Publiée le 6 mars 2008
    Souvent imité, rarement égalé ; il s’agit là d’un chef d’œuvre contenant simplement tout. ( J’ai pleuré. )
    Arthur Debussy
    Arthur Debussy

    Suivre son activité 77 abonnés Lire ses 477 critiques

    2,0
    Publiée le 23 avril 2017
    «Muriel ou Le Temps d'un retour» constitue un prolongement de l'oeuvre d'Alain Resnais et de sa réflexion sur la mémoire, sur l'acceptation ou l'oubli du passé pour se reconstruire. Par son approche thématique il reste donc dans la continuité d'une problématique annoncée depuis ses premiers courts-métrages, et brillamment illustrée dans «Hiroshima mon Amour» avec l'évocation conjointe des drames de la seconde guerre mondiale et d'Hiroshima ou dans «Nuit et Brouillard» avec l'horreur des camps de concentration. Ici aussi un évènement dramatique et lourd de conséquences est abordé : la guerre d'Algérie. «Muriel» est donc l'un des premiers (et seuls) films à relater ce douloureux conflit, mais en se concentrant sur les traumatismes de ceux qui y ont pris part pour mieux dénoncer les pratiques d'alors, principalement la torture. Il n'est toutefois pas question uniquement de cela, «Muriel» comme «L'Année dernière à Marienbad» est narrativement déconstruit, amas de bribes de souvenirs entremêlés, de brèves réminiscences d'un passé que l'ont veut enfouir à jamais ou au contraire se remémorer et relève donc aussi de l'intime, revêtant un aspect sentimental et nostalgique. Sur le plan formel, «Muriel» est déjà plus en rupture avec les films précédents de Resnais. Même s'il poursuit son travail sur la narration non linéaire, c'est surtout visuellement qu'il évolue. En effet il s'agit du premier film en couleur du français, et il s'est servi de la coloration pour approcher davantage le réalisme. Il est donc assez déroutant de voir des plans savamment construits mais dotés de teintes volontairement « disgracieuses », Resnais se refusant à transformer de manière significative la réalité dans un soucis de vraisemblance. Au final «Muriel» est donc l'un des longs métrages les plus importants d'Alain Resnais, un film riche, complexe et difficile d'accès, éclatant témoignage d'un "artiste en possession totale de ses moyens" comme a pu dire Godard. [4/4] http://artetpoiesis.blogspot.fr/
    Bruno François-Boucher
    Bruno François-Boucher

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    5,0
    Publiée le 25 mars 2015
    Muriel ou le temps d’un retour est un autre chef d'oeuvre dans la carrière de Resnais et que l'on a tendance parfois à oublier, enveloppés que nous sommes par l'ombre de Marienbad et d'Hiroshima. Pourtant Boulogne-sur-mer compte tout autant, avec son hiver glacé, sa ville éteinte et son frisson du temps passé qui déchire. Resnais avait pris le contre-pied de son film précédent en travaillant avec la couleur, teintes ocres, délavées, salies par le temps, comme un vieux Kodachrome périmé qui n'en finit pas de se faner. Bouleversants Delphine Seyrig, Jean-Pierre Kérien et Jean-Baptiste Thierrée, sans oublier Nita Klein, pour une valse lancinante au pays d’autres ombres dont le parfum au goût amer ne cessera de nous hanter comme toute l'oeuvre de Resnais. Si Muriel ou le temps d'un retour est un très grand film c'est qu'il nous parle de mémoire, une nouvelle fois, mémoire des êtres qui n'en finissent pas de lutter avec leurs chagrins, leurs cicatrices, pour un dernier rendez-vous au pays de « douleurs si profondes qu'on peut en pleurer » (Wordsworth)
    WOODY26
    WOODY26

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    2,5
    Publiée le 6 janvier 2008
    Muriel ou le temps d’un retour présente une double histoire ; celle d’une femme élégante vivant à Boulogne-sur-Mer retrouvant un ancien amour de 1939 et celle de son beau-fils, libéré d’Algérie il y a huit mois. Ici, on ne parle pas de la guerre d’Algérie mais on l’utilise comme fond afin d’en illustrer le traumatisme et d’échapper en même temps à la censure, très présente dans les années 60. Cette guerre est devenue pour Bernard un cauchemar intime et même une obsession. Il va jusqu'à tuer le responsable de la torture de Muriel pour se venger mais pour aussi retrouver le goût de la vie. Contrairement aux précédents films de Resnais, on a ici une exposition linéaire : le film commence et finit à une date précise. Pourtant, le montage, même s’il est très riche (Resnais avait engagé trois monteurs !) se présente comme assez décousu, ce qui finalement rend le film assez difficile d’accès lorsqu’il s’agit d’une premiers vision. Le scénario de Jean Cayrol est quant à lui assez compliqué au premier abord. Il faut donc s’accrocher pour ne pas perdre le fil de l’histoire. Resnais nous livre de nouveau une réflexion sur la mémoire et la reconstruction psychologique : comment reconstruire les villes et les vies après qu’elles aient été détruite ? Comment se souvenir tout en se concentrant sur le présent ? Muriel ou le temps d’un retour présente aussi un aspect esthétique très travaillé, que cela soit au niveau de l’image ou du son. En effet, Resnais et son chef opérateur ont volontairement tourné les extérieurs en lumière naturelle par tous les temps mais en utilisant des cadrages parfois sophistiqués. Ce qui donne un coté assez « bizarre » et fantastique à certaines images (voir image ci-dessus). En ce qui concerne la bande originale ou le son des dialogues en eux mêmes, tout sonne comme les années « 50-60 » (même la façon de prononcer le prénom « Bernard» nous fait penser aux vieux films populaires). Il est difficile de parler de ce film après une seule vision ; l’histo
    nekourouh
    nekourouh

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    4,5
    Publiée le 22 décembre 2012
    Inconstestablement un très grand film, dans la lignée du prodigieux "l'année dernière à Marienbad"; Resnais réalise ici un film déroutant, profondément intense et d'une grande classe. Une émotion comme on en ressent rarement au cinéma.
    Maqroll
    Maqroll

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    2,5
    Publiée le 14 juillet 2011
    Après une multitude de documentaires variés, Alain Resnais a réalisé un premier long métrage intéressant, Hiroshima mon amour puis son chef-d’œuvre, L’Année dernière à Marienbad. Deux ans plus tard, il revient sur le sujet de la guerre (cette fois d’Algérie) et du souvenir avec ce troisième film qui marque le début de sa lente dégringolade. Tout ce qui fonctionnait d’une façon magique dans Marienbad sent ici le procédé et le déjà vu, comme si l’auteur se parodiait lui-même, donnant à son œuvre une allure de soufflé qui retombe pour avoir été cuit trop longtemps ! Après cette tentative où il a visiblement épuisé tout ce qu’il avait d’intéressant à dire, Resnais donnera encore un film politique et raté (La guerre est finie) puis s’essaiera à la science fiction (Je t’aime, je t’aime) avant de se tourner définitivement vers le film commercial avec Stavisky et l’emblématique Jean-Paul Belmondo. Hélas, n’est pas Godard qui veut et Resnais passera progressivement pour le scénario de Cayrol à Jaoui-Bacri ! Grandeur et déchéance d’un réalisateur pétrifié, aigri et incapable d’assumer son destin… Je donne toutefois la moyenne à ce film en raison de certaines qualités de réalisation et surtout pour la sublime Delphine Seyrig, qui porte cette fois toute seule le film sur ses épaules.
    Nicolas L.
    Nicolas L.

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    2,0
    Publiée le 19 février 2018
    Bon décidément, je suis assez hermétique à Resnais... Le sujet pour l'époque est audacieux (la guerre d’Algérie) mais le traitement est tellement intello que je décroche assez vite.
    liothi
    liothi

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    5,0
    Publiée le 13 juillet 2007
    Excellent ! Le meilleur que j ai vu de Resnais (je vais m'appliquer à les voir tous). Quand Jean Champion chante "déjà" on est comme suspendu. A l'opposé, le retour (le temps d'une bande son de quelques secondes) du jeune soldat là où il n'aurait pas voulu être est d'une grande violence. Et puis la voix de Delphine Seyrig tout le long du film, c'est merveilleux. Un film très fort émotionnellement.
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