Flav43
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2.5 - Moyen
Pour son premier film, celui qui à Hollywood était considéré comme un prestigieux érudit, Abraham Polonsky adapte un roman d'Ira Wolfert. «Force of Evil»(USA, 1948) se distingue comme un exemple caractéristique du film noir. Plus que l'intrigue, davantage que l'interprétation des acteurs, le plus immédiatement appréciable se révèle être la photographie de George Barnes (responsable également de l'image de «Rebecca»). Découpant au scalpel dans un geste minutieux les contours du monde, Barnes sous les directives de Polonsky taille un monde brisé sous ses ombres. L'année de réalisation du film, 48, le situe pleinement au sortir de la seconde guerre mondiale. L'érudition et l'intelligence de Polonsky laisse présumer que plus que de constituer un film noir de qualité, «Force of Evil» entend évoquer les affres engendrés par le régime nazi à travers le monde, et notamment dans ses camps de concentration. La scène finale, où un cadavre gît sur des pierres, au bord d'un fleuve, renvoie à l'image forclose des corps horribles des déportés dans les camps d'extermination. L'intrigue fait recouper cette imagerie avec l'état économique des Etats-Unis lors de la sortie du film. Joe Morse, avocat new-yorkais, défend un gang de racketteurs qui contrôlent les paris. Son frère banquier, Leo (interprété par le délicat Thomas Gomez), refuse de se plier aux injonctions du gang. Entre fraternité et droit, Joe se confronte à un dilemme. Celui-ci, par extension, renvoie au fondement du nazisme et du fascisme qui plutôt que de choisir la fraternité entre les peuples a décidé de prôner la défense relativement rationnelle des intérêts des droit nationaux. Membre des Dix d'Hollywood, les dix auteurs du cinéma américain entièrement blacklistés, Polonsky traite directement de la corruption de son pays (et du système hollywoodien) mais également articule les formes d'un monde en ruine, embourbé dans les rouages de l'argent et de son ultra libéralisme amoral.
Ajoutée le 05 mars 2009 à 17h38
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