Flav43
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2.5 - Moyen
Embryon de «Jour de fête» (France, 1949), «L’Ecole des facteurs» (France, 1947) de Jacques Tati est l’esquisse de son génie. Loin d’un merveilleux cinéma du son, distant d’une métrique des mouvements, le court-métrage liminaire n’émane pas encore la poésie du cinéma tatiesque. Il est cependant déjà aisé de discerner l’héritage de Chaplin dans le personnage de Tati. Staccato des mouvements, rythmique intrinsèque, Tati forme sous nos yeux le fameux personnage de M. Hulot. Mais ce n’est pas M. Hulot, ce n’est même pas encore François le facteur de «Jour de fête». Car «L’Ecole des facteurs» existait déjà avant d’être mis en film. Préalablement sketch de théâtre, au format adéquat pour une transposition en court-métrage, la pièce possède déjà l’habileté de la gestuelle. Car tout comme Chaplin, Tati vient du théâtre burlesque. Dès lors, quant est-il du film ? Le court-métrage dispose de dialogues aussi peu audibles qu’ils sont parasitant. La voix de Tati, qui deviendra dans ses futures œuvres, le doux secret du personnage, a des airs d’indiscrétions, de pénibles borborygmes. D’autant plus que cette approximation s’avère tant dans les dialogues que dans la mise en scène. Apprentissage direz-vous ? Certainement. Etape première vers une voie de génie, «L’Ecole des facteurs» possède la frêle bonhomie de son auteur, encore fragile, et derrière l’assurance du burlesque perce la vulnérabilité du cinéma tatiesque. Suite à une introduction cocasse, le film se déroule en un trajet, une course poursuite de facteur avec le temps. Tati est un personnage de dessin-animé, un cartoon qui tire sa drôlesse d’avoir l’avantage d’être existant. Préambule du cinéma de Tati, les bases sont là, délicates mais prêtes à soutenir la virtuosité du cinéaste.
Ajoutée le 12 oct. 2007 à 18h45
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