Chronique des Années de Braise
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Isidore Lancastre
Isidore Lancastre

9 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 15 octobre 2025
Le cinéma a souvent traité de La Guerre d'Algérie. En revanche, j'ai l'impression que la violence ordinaire de la France coloniale en Algérie, et la révolte qu'elle suscitait chez les Algériens (réduits à un sous-statut raciste "d'indigènes) a rarement été abordée avec un tel souffle dramatique, un tel lyrisme poétique, une telle puissance politique que dans ce magnifique Chroniques des années de braise.
QuelquesFilms.fr

354 abonnés 1 760 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 11 septembre 2025
Le titre du film n’embrasse pas la totalité de l’histoire racontée, mais désigne curieusement un seul des six chapitres qui structurent la narration. Six chapitres pour six périodes allant de 1939 à 1954. L’ambition de Mohamed Lakhdar-Hamina, figure importante du jeune cinéma algérien au moment du tournage du film, était grande. Il s’est lancé dans une vaste fresque sur quinze années mouvementées et douloureuses de l’histoire algérienne, via quelques destinées individuelles (celles du paysan Ahmed et du “fou” Miloud principalement) sur fond de destinée collective. Il a eu manifestement les moyens de son ambition car le résultat témoigne d’une réalisation ample, avec de nombreux acteurs et figurants, dans des décors superbement photographiés (cadre, lumière, couleurs). Sur le fond, le propos oscille entre un topo historique assez didactique, offrant un point de vue algérien intéressant, et des saillies plus métaphoriques, “poético-prophétiques” (par l’intermédiaire du personnage de Miloud), qui font le sel du film. L’objectif est clairement d’évoquer la série de calamités naturelles et humaines qui ont mené à la guerre d’indépendance : la sécheresse, le typhus, l’embrigadement des hommes dans l’armée française durant le Seconde Guerre mondiale et, bien sûr, la colonialisme dans toute son œuvre, de l’expropriation terrienne aux tortures, en passant par les manipulations politiques.
À l’exception d’un début redondant et d’une fin traînante et larmoyante, le corps du film capte plutôt bien l’intérêt par sa dimension épique et lyrique, son esthétique soignée, qui l’emportent globalement sur ses défauts : quelques lourdeurs démonstratives, transitions narratives parfois abruptes, niveau d’interprétation variable et faiblesse des personnages féminins.
C’est un film important pour son “regard de l’intérieur” et pour sa place dans l’histoire du cinéma, presque mythique, étant à ce jour le seul long-métrage du continent africain à avoir obtenu la Palme d’or au festival de Cannes (en 1975). Une Palme malheureusement sans grande suite. Si le succès a été au rendez-vous dans les salles algériennes, il ne l’a pas été hors des frontières. En France, compte tenu des tensions toujours vives sur le sujet algérien, le film n’est sorti qu’un an après sa consécration à Cannes. À Paris : dans trois salles seulement. Depuis, il a été peu visible et donc peu vu. En Algérie, certaines polémiques ont aussi éclaté, nourries par des hommes politiques et des historiens. Et les moyens mobilisés pour la production ont été décriés. Voilà qui n’a donc pas boosté la carrière de Mohamed Lakhdar-Hamina, derrière ou devant la caméra (à noter qu’il interprète lui-même le rôle de Miloud dans ce film). Ayant tourné quatre long-métrages avant cette Chronique des années de braise (dont Le Vent des Aurès, son premier), il n’en tournera plus que deux par la suite : Vent de sable (1982) et La Dernière Image (1986). Il est décédé en 2025, l’année des 50 ans de sa Palme d’or, qui a vu le film restauré et rediffusé pour l’occasion.
Arthur Debussy
Arthur Debussy

189 abonnés 772 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 1 septembre 2025
« Chronique des années de braise » est une magnifique fresque historique, qui a longtemps été oubliée et qui est parfois victime d'un certain mépris que j'ai du mal à m'expliquer. Certes, ce film n'est pas un chef-d’œuvre absolu, Mohammed Lakhdar-Hamina manque un peu de maîtrise ça et là. Mais qu'on dise que ce film n'a pas de souffle, ou pire qu’il n’a aucun intérêt, j'ai de la peine à le comprendre.

Mohammed Lakhdar-Hamina ne cherche pas à faire de ce film un simili « Lawrence d'Arabie », même si ces deux longs métrages ont beaucoup de points communs. Le cinéaste algérien s'attache avant tout à filmer des personnages modestes, pris dans le tourbillon de l'Histoire, qui se mêle intimement à leur propre existence. L’approche de Mohammed Lakhdar-Hamina se veut beaucoup plus simple, même si son film possède à mon sens une réelle ampleur.

« Chronique des années de braise » est un film que j'ai trouvé bien écrit, et intelligent ne serait-ce que par son approche : au lieu de filmer la Guerre d'Algérie et ses massacres sanglants, les attentats, etc. Mohammed Lakhdar-Hamina prend le parti de ne filmer la violence qu'à la marge. Le cœur de son propos est de retracer les longues années de douleur et de spoliation du peuple algérien, qui ont mené à sa révolte et à sa quête de liberté.

Mohammed Lakhdar-Hamina ne cherche donc pas le spectaculaire à tout prix, le premier tiers du film est une longue chronique de la vie paysanne, mise à rude épreuve par un manque absolu d'eau et par une sécheresse qui détruit élevages et récoltes. Plus tard, on apprend que les exploitations des colons sont beaucoup plus prospères, les Français bénéficiant par ailleurs de retenues d'eau, mais aussi de tout un tas d’avantages, comme de soins médicaux de qualité, de nourriture en abondance, etc.

Dans le deuxième tiers du film, on voit combien populations française et algérienne se croisent sans se mélanger, la vie confortable des premiers étant refusée aux seconds, relégués dans des quartiers pauvres, à l'hygiène déplorable et sans ressources. Alors que les Algériens triment très dur, pour gagner une misère. Une situation profondément injuste, qui a poussé les Algériens à bout.

Dans le troisième et dernier tiers du film, le réalisateur nous montre les préparatifs lents et laborieux de la révolution : le peuple est divisé, ses chefs et ses politiciens aussi, alors que l'Etat français est très organisé, et mate toute révolte dans le sang. Néanmoins le cours des choses est inexorable, et le film s'arrête en novembre 1954, date à laquelle commence officiellement la Guerre d'Algérie.

Si « Chronique des années de braise » dure 3 heures, c’est un temps nécessaire pour nous plonger dans le quotidien des Algériens de l’époque et nous mettre à leur place : on comprend leur révolte après des décennies de dépossession et de persécution. Mohammed Lakhdar-Hamina a construit un personnage-clé fictif pour nous conduire dans ce récit : le paysan Ahmed, incarné par l’acteur grec Yorgo Voyagis, au visage rayonnant de bonté (il a aussi joué Joseph dans le « Jésus de Nazareth » de Franco Zeffirelli). On ressent beaucoup d’empathie pour ce personnage et ses proches, et ses malheurs nous serrent le cœur.

L’autre personnage central du long métrage est Miloud, le prophète fou (shakespearien), interprété brillamment par le cinéaste Mohammed Lakhdar-Hamina en personne. C’est une sorte de conteur, qui se fait le passeur de la mémoire algérienne, entre les vivants et les morts. Mais c’est aussi quelqu’un d’entier et d’intègre, qui dit tout haut ce que les gens pensent tout bas. Pour les autorités françaises il est fou, on le laisse donc s’exprimer, mais il n’a de cesse d’inciter ses compatriotes à la rébellion. Pendant des années, il n’est pas entendu, tout le monde le méprise. Mais quand vient l’heure de la révolte, les Algériens comprennent enfin que c’est lui qui avait raison dès le début. Miloud est véritablement l’âme du long métrage, il n’est pas étonnant que ce soit Mohammed Lakhdar-Hamina qui l’incarne, même si j’ai été bluffé d’apprendre après le film qu’il s’agissait de lui, car Miloud a un charisme extraordinaire dans le long métrage.

« Chronique des années de braise » est donc bien à mon sens un grand film, qui mérite vraiment d’être redécouvert aujourd’hui, alors que le sujet de la Guerre d’Algérie est encore tabou en France. Par ailleurs, si certains dénoncent le fait que ce film ait reçu la Palme d’Or en 1975, je ne peux là encore qu’y trouver une forme de condescendance inexplicable, car beaucoup de Palmes d’Or ont été décernées à des films nettement moins bons avant et après 1975. Et quand je considère la sélection cannoise de 1975 (dont je n’ai vu qu’une petite partie, mais dont je connais de réputation beaucoup des films qui la composent), je me dis que décidément cette Palme d’Or est tout à fait légitime. En effet, « Chronique des années de braise » est un film visuellement beau et déchirant sur le fond, qui a gardé toute sa force après toutes ces années.
TwinPeaks2003
TwinPeaks2003

6 abonnés 138 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 28 août 2025
Je ne m'attendais absolument pas à une si grande fresque épique sur cette Algérie d'avant la guerre de 1954 ce qui permet de nous montrer que oui la guerre ou du moins ses fondements ont débuté bien avant.

Bien évidement un grand film anticolonialiste et comme le dit l'un des protagonistes: “La France, Hitler ou les Américains, au final c'est la même chose“. Le colon n'est là que pour apporter malheur et piller richesses.

Un dernier plan qui donne de l'espoir, avec ce gamin qui court vers la droite, vers l'avant, vers un chemin pour l'indépendance, vers un avenir meilleur, vers un espoir d'être enfin libéré de ce lourd fardeau.
Patjob
Patjob

43 abonnés 757 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 27 août 2025
Cette fresque couvre une quinzaine d’années de l’histoire de l’Algérie, du début de la seconde guerre mondiale à celui de la guerre d’Algérie. Elle le fait en suivant celle du personnage principal Ahmed, procédé connu mais efficace, mêlant la fiction de l’itinéraire d’un individu (et de son entourage) et la reconstitution d’évènements historiques. Les conditions de vie et l’évolution du premier constituant en même temps une sorte de métaphore de l’évolution du peuple Algérien durant cette période. Le film est intéressant, certaines scènes sont puissantes, les images sont plutôt grandioses, mais il manque le souffle qui aurait pu le transformer en grande épopée. Par ailleurs, la place grandissante prise par le personnage de Miloud, à la fois prédicateur pour ses semblables et narrateur pour le spectateur, joué par le cinéaste lui-même, devient excessive, tendant vers un nombrilisme peu de mise sur un tel sujet.
Pascal
Pascal

254 abonnés 2 427 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 16 août 2025
Ressortie en salles de ce titre couronné de la palme d'or ( Cannes 1975 ), seul film africain ayant encore à ce jour reçu ce prix, signé de l'algerien Mohammed Lakhdar Amina.

Sorte d'allegorie qui aborde le contexte qui conduira à la guerre d'Algérie, le scénario est constitué essentiellement de scènes de foule, au travers d'un fil conducteur, celui du parcours d'un paysan du cru.

Vu trois fois à intervalle régulier depuis sa réalisation, " Chronique des années de braise " m'a toujours laissé un sentiment mitigé qui n'a pas varié au cours du temps.

Au plan esthétique, c'est de la très belle ouvrage ; il y a aussi un sujet important à traiter mais ce n'est qu'à de trop rares moments que le film décolle véritablement.

Le manque de traitement historique détaillé, malgré la durée du film ( presque 180 mns), me semble discutable.

" La bataille d'Alger " de Pontecorvo est pour moi nettement plus accompli. Cependant, malgré les réserves que j'opposerais à " Chronique....", il mérite sans nul doute d'être vu.
caramel2017
caramel2017

20 abonnés 148 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 15 août 2025
Wow, quelle claque. Un film qui m’étais passé complètement inaperçu : merci pour cette ressortie estival été 2025 ! Une palme d’or amplement mérité. Que de poesie, de mise en scène super juste et toutes ces têtes de comédiens inconus et si impeccable ! Outre la part d’histoire et de politique intrinsèque au sujet : il y a de la magie et du cinema de tout instant. Un film magistrale qui nous hante bien après le générique de fin. Bravo
Adeline
Adeline

1 abonné 4 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 12 août 2025
Un excellent film qui retrace l'histoire coloniale de la France en Algérie, représentant la cruauté crue de l'histoire mais d'une manière poétique et lyrique. Plans sublimes, à plusieurs moments du film, j'avais du mal à retenir les larmes...
gamorreen
gamorreen

29 abonnés 534 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 12 août 2025
Plus intéressant pour son fond (l'Histoire, du point de vue algérien et peu d'années après), que pour le fond (parfois style série B italienne d'aventure des années 70),.ce qui rend le film parfois long, ou pesant (les tirades religieuses).
chahinez sidhoum
chahinez sidhoum

1 critique Suivre son activité

4,5
Publiée le 10 août 2025
Ce n’est pas qu’un film, c’est une mémoire qui brûle encore.
À travers l’histoire d’un homme, c’est toute une nation qui se raconte .
Ce chef-d’œuvre nous rappelle que notre liberté est née dans la douleur, que le combat n’a pas été une option mais une nécessité. Bravo encore
capirex
capirex

186 abonnés 791 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 10 août 2025
Palme d'Or 1975 c'est là une magnifique Fresque que cette épopée où toute une imagerie de l’histoire Algérienne, côté Musulmans, s’invente et se déploie , allant de de 1939 au 1er novembre 1954 , jour de la "Toussaint rouge" . C’est toute une Mémoire Collective du Peuple Algérien que retrace l’Odyssée mouvementée du paysan Ahmed , héros mythique d’une épopée visionnaire !
Driss NY
Driss NY

2 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 10 août 2025
Un film d’une ampleur magnifique. La magie de la synesthésie. Les couleurs poétiques de l’Algérie du vert émeraude à l’ocre incendiaire, les musiques de village et les veillées nocturnes, les pleurs et les espoirs. Le mélange des images d’archives, des petites histoires mélangées à la grande histoire, les fous qui ne sont pas si fous que ça, les dialogues des vivants avec les morts d’une poésie parfois exceptionnelle, et beaucoup de métaphores. Ce film est une œuvre d’importance universelle, la signature d’un devoir de mémoire et qui - pour paraphraser Italo Calvin - donne une voix à un million de martyrs qui n’en avaient plus.
Tintin Emilou
Tintin Emilou

5 abonnés 45 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 9 août 2025
vraiment mauvais, mal joué , une palme dor vite oubliée . dommage d'avoir perdu trois heures . vraiment mauvais, mal joué , une palme dor vite oubliée . dommage d'avoir perdu trois heures
omar Rm
omar Rm

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0,5
Publiée le 9 août 2025
Ne parlant de l'histoire d'apres guerre des territoires marocains spoillés par la l'Algérie française non restitué par l'Algérie apres l'indépendance. A savoir sahara orientale.
Nihelle
Nihelle

1 critique Suivre son activité

5,0
Publiée le 9 août 2025
Film prenant qui nous transporte dans la realite des personnage,
Le début peut paraître un peu lent, accrochez-vous !
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